"Mon enveloppe charnelle n'est qu'un masque"

Scylla nous parle de son nouvel album, de la barrière linguistique et de la mythologie grecque.
Par Red Bull Belgium

La brève biographie de l’artiste hiphop bruxellois Scylla se lit comme un tract philosophique musclé qui vous plonge d’emblée dans son univers profond. Jusqu’ici inconnu en Flandres, Scylla a déjà multiplié les expériences en Wallonie et en France. Après un premier EP et album, l’artiste du verbe présentera le mois prochain au Cirque Royal à Bruxelles (concert soldout), soit 4 ans après son 1er album , la suite très attendue de ses créations. Une interview !

Les paroles de tes morceaux ont souvent un angle philosophique assez remarquable.

« La philosophie m’attire naturellement, en particulier les questions spirituelles. Toutes les traditions spirituelles m’inspirent. Je ne développe par contre pas de discours religieux.. En comparant les diverses « voies spirituelles », je me suis rendu compte qu’énormément de points communs existent entre chacune d’elles (bouddhisme, le catholicisme, islam, hindouisme, etc.). Dans mes textes, je fais naturellement écho à ces principes clefs, ces questions fondamentales qui me passionnent dans la vie de tous les jours. »

Ton nom d’artiste ‘Scylla’ vient de la mythologie grecque. Qu’as tu en commun avec un monstre des mers ?

« Le choix de mon pseudonyme a été plutôt instinctif .. J’ai toujours aimé tout ce qui a trait au monde de la mer et un monstre marin illustre assez bien mon caractère. Je suis très calme mais aussi… très « imprévisible » (rires) ! »

Ton premier album, ‘Abysses’, fait partie des vingt albums belges les mieux vendus en 2013. Mais le grand public flamand ne te connaît pas encore. Ca te déçoit ?

« Je pense que l’obstacle principal en la matière est la barrière de la langue. J’attache beaucoup d’importance à mes textes, j’aime leur insuffler une forme de poésie, mais j’attache néanmoins beaucoup d’importance à ne pas entrer dans quelque chose d’inaccessible.. Je ne pense pas que mes titres s’écoutent en « arrière-fond sonore » ou pour s’ « ambiancer ». Il faut prendre le temps de les écouter pour pouvoir les apprécier. Par conséquent, la barrière de la langue a encore plus de poids. D’ailleurs, de manière générale, , les francophones connaissent eux aussi assez de rappeurs flamands. C’est dommage finalement… »

Où est-ce que tu puises ton inspiration ?

« De partout et de nulle part. Plein de choses m’inspirent. J’écris la plupart de mes textes très instinctivement : j’écris des demi phrases par ci par là,quelques phrases entières sur le papier, sans trop réfléchir. Ce n’est qu’après avoir passé cette phase d’écriture instinctive que je comprends où je veux aller et que je structure un texte pour le conceptualiser, le rendre compréhensible »

Ton nouveau clip ‘Qui suis-je’ a déjà enregistré 500.000 de vues sur YouTube. Ton nouveau disque sera dans les bacs à la fin du mois prochain. Que nous réserves-tu d’autre pour 2017 ?

« Je présenterai mon nouvel album au Cirque Royal, pendant un concert qui est d’ailleurs déjà quasiment soldout et qui marquera aussi le début de ma nouvelle tournée européenne. Les mois qui viennent, je serai donc en concert aux quatre coins de la France, de la Suisse, je pense aussi qu’on ira faire un tour au Canada. Mon agenda pour les mois à venir est donc assez chargé (rires) ! »

Scylla
Scylla © V2 Records
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