Toby Archer blogue à propos d'Helsinki et au delà à propos d'alpinisme, de ski en peau de phoque et de vélo.

La semaine dernière on est allé skier en peau de phoque, et on s’est retrouvé pris dans la tempête. Les températures ont chutées bien en dessous de zéro lorsque l’on a skié la couche de glace qui recouvre le sommet du Jiehkkevárri, la plus haute montagne de Norvège. Je me souviens m’être posé des questions à propos de ma nouvelle veste Neoshell, qui est tellement respirante, qu’elle ne coupe plus vraiment le vent. En tous cas, on n’avait pas l’impression que c’est l’été qui approche.

Frappés par des vents violents

A la fin du week-end on a pris la direction du Sud et après 15 heures de road-trip jusqu’à Helsinki, on était surpris de voir les premières feuilles pousser sur les arbres. Nous avions l’impression que l’été avait duré une semaine et que nous étions passé à côté. Je me sentais presque un peu mélancolique en rangeant mes skis et mon équipement d’hiver au fond du garage. C’était juste avant minuit, l’air était tiède et on pouvait encore apercevoir une lueur orange dans le ciel du nord.

Les saisons sont un état d’esprit

Quand on vit à l’extérieur, les saisons sont un véritable état d’esprit. Je connais des grimpeurs Finlandais qui se mettent à grimper sur des blocs trop raides pour que la neige puisse tenir dessus, dès l’arrivée des premiers rayons de soleil en février. Je connais aussi des alpinistes écossais qui vont aller escalader la plus haute face nord du Ben Nevis à la recherche des derniers bouts de glace alors que les fleurs sont déjà en train d’éclore dans la vallée en contre bas.

En tant qu’alpiniste, pour moi, c’est l’hiver quand je suis en train de grimper avec mon piolet, et c’est l’été quand j’ai les pieds dans les chaussons d’escalade et les mains pleines de magnésie. Et pourtant c’est le même soleil qui fait fondre la neige et la glace sur les routes. Maintenant je vais pouvoir sortir mon vélo de route de son hibernation tandis que la veille neige, lourde et sale, empêche toujours le passage des mountain bikes sur les pistes ombragées des forêts.

Un antidépresseur d'automne

L’automne est souvent la période de l’année où je pratique le mountain bike; à cette période le temps est trop humide pour faire de l’escalade et pas assez froid pour faire du ski. C’est le parfait antidépresseur à un moment de l’année où la couverture nuageuse s’épaissit, les jours raccourcissent et où le monde devient marron et boueux.

Les premières journées d’escalade avant noël, sur de la glace encore fragile, coincées entre un lever du jour tardif et un soleil de novembre qui se couche tôt, n’ont rien à voir celles, gorgées de soleil et de glace épaisse du mois d’avril, ni avec ces journées de cramponnage sur les pentes bien glacées dans les montagnes de l’Arctique du mois de mai, même si le matériel reste le même.


Ranger son piolet

L’hiver a été particulièrement long cette année, mais je ne vais pas m’en plaindre. Mon piolet va pouvoir prendre la poussière pendant quelques mois, c’est le moment d’aller passer du temps au soleil. Le lac et la mer sont désormais libres de glace. On va pouvoir renouer avec les chaudes randonnées à vélo qui roulent bien.
Maintenant que les falaises sont sèches, on va pouvoir passer du temps au soleil sur les blocs, avec les doigts pleins de poudre et les pieds dans les chaussons en latex.

Peu importe le type d’aventure qui vous passionne, l’été est là, et c’est un peu comme avec le temps, c’est votre état d’esprit qui compte.