"Je savais que je survivrais" Valery Rozov

Revenu de son saut héroïque sur l’Everest, ce Russe légendaire raconte son exploit de l'intérieur.
© Thomas Senf/Red Bull Content Pool
Par Josh Sampiero

Valery Rozov n’a peut être pas sauté de l’espace comme Felix Baumgartner, mais son saut en BASE jump du Mont Everest reste quand même un formidable exploit. Contrairement à lui, Baumgartner ne risquait pas de s’écraser dans les rochers juste après le départ. Voici les mots de l'homme-oiseau lors de son retour dans la civilisation...

Quand je me suis posé, j’étais tellement fatigué,
je me sentais malade. Je n’ai même pas vraiment réalisé ce qui s’était passé ni ce que j’avais fait, jusqu’à mon retour au camp de base. Là, j’ai commencé à relaxer et à me replonger dedans.

Le plus difficile fût la prise de décision. Sauter ou ne pas sauter. Est-ce que l’air, à cette altitude, se prête à ce genre de saut? Suis-je en sécurité ? La décision était vraiment très difficile à prendre.

Je me suis énormément entraîné. Il faut non seulement arriver là-haut, mais aussi être suffisamment en forme pour sauter. C’est vraiment très physique. J’ai également fait une préparation technique très poussée, à cause de la faible longueur du saut, de la rareté de l’air, c’est un saut très technique. C’est très court, donc il faut arriver à prendre de la vitesse très rapidement.

Valery Rozov
Rozov avant le saut © Denis Klero/Red Bull Content Pool

Nous avons fabriqué une nouvelle combinaison. Dans un air aussi raréfié, je voulais faire le saut le plus à plat possible. C’est très court et il faut que le corps accroche l’air et prenne de la vitesse très rapidement. Nous avons donc pris ma dernière combinaison que nous avons modifié dans cet objectif. Ça m’a pris 3 ou 4 secondes pour atteindre la vitesse nécessaire pour voler. C’est là que j’ai su que j’allais survivre.

 Je suis à la recherche de ce genre d’endroit. C’est un défi presque encore plus grand que de sauter de la plus haute montagne. Mon but c’est de trouver le prochain spot. Je fais de l’alpinisme depuis l’enfance, et c’est toujours ma passion aujourd’hui. Mais je suis aussi très intéressé par la nouveauté.

Le sommet principal de l’Everest est relativement plat et de ce fait, ce n’est pas possible de sauter de là. Il faudrait construire une rampe ou quelque chose. Nous avons fait le saut à partir de la face nord de l’Everest. Je suis certain d’avoir fixé un nouveau pallier pour les base jumpers.

Valery Rozov exténué après son saut
Valery Rozov après son saut © Denis Klero/Red Bull Content Pool

Effectivement, j’ai utilisé de l'oxygène. Ce n’était pas une expédition d’alpinisme. Nous avons utilisé de l’oxygène pendant un petit moment avant le saut. Je voulais prendre les meilleures décisions possibles au niveau de la sécurité. Et, plus important encore, il fallait que nous allions le plus vite possible pour profiter de la fenêtre météo. Notre acclimatation n’était pas totalement terminée.

Les alpinistes n’aiment pas le vent. Et le vent n’est pas bon pour moi non plus. En fait, j’ai horreur du vent !

Le meilleur moment c’est de revoir sa famille et ses enfants. C’est ce qu’il y a de mieux quand on rentre à la maison. Et pour la suite ? Je vais passer l’été dans les Alpes. Et j’ai aussi quelques idées en tête pour les années qui viennent.

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