Les aventuriers d'un autre temps

Les sports extrêmes ne datent pas d'hier, voici 7 pratiques traditionnelles remarquables.
Par Brooke Morton

Peu importe où vous vivez ou à quelle tribu vous appartenez. Que vos soyez un riche occidental ou un agriculteur mongole, il y a une chose qui nous rassemble c'est la passion pour les sports extrêmes et l'adrénaline. Des courses de yack au saut à l'élastique avec seulement des lianes autour de vos jambes, préparez-vous à prendre une sacrée leçon d'engagement par ces athlètes autochtones. Et ce n'est pas toujours une partie de plaisir. C'est autant la tradition que la nécessité qui pousse ces hommes à prendre beaucoup de risques.

Les ultra-runners Mexicains

Tarahumara, les ultra-runners du Mexique
Tarahumara, les ultra-runners du Mexique © Getty Images/Aurora Creative

: Sierra Madre, au Mexique
Risques:
épuisement à cause de la chaleur, serpents à sonnettes, barons de la drogue
Facteur de Respect:
7
Un fait marquant:
Se retrouver immortalisé dans le livre culte, Born to Run

Selon certaines théories, ce serait la bière de maïs qui permettrait aux coureurs mexicains Tarahumara de parcourir des distances allant jusqu'à 700 kilomètres pendant deux jours d'affilée. D'autre pensent que c'est l'absence de chaussure pour courir. Dans un territoire où Nike n'est pas encore une référence, les hommes traversent des pistes brûlantes à travers les cailloux pieds nus, ou occasionnellement, avec des sandales découpées dans des pneus usagés.

Malgré la difficulté incroyable de cette course, les Mexicains affirment que c'est l'amour de la course qui leur permet d'avancer.

La chasse sous-marine traditionnelle  

pêche sous-marine en Tahilande avec un harpon en bambou traditionnel
Un homme Moken fait de la pêche sous-marine © LightRocket via Getty Images

Où: Îles Surin, Thaïlande
Dangers:
blackout en eau peu profonde, noyade
Facteur de Respect:
9
Un fait marquant:
Ils ne portent pas de lunettes

Les plongeurs Moken Thaïlandais ont été les premiers à attirer l'attention des médias lorsqu'ils ont anticipé l'arrivée du tsunami en déchiffrant la météo, et ce qui se passait dans l'eau et avec le comportement des animaux. Cette analyse les a conduit à se réfugier en sécurité dans les montagnes. Normalement, ces populations nomades vivent au niveau de la mer, où ils pratiquent la pêche en apnée jusqu'à 20m de fond pour ramasser des concombres de mer et d'autres animaux.

Le plus incroyable? Ils n'ont aucun équipement de plongée, il ne portent ni masque ni palmes. Parce qu'ils ont besoin de la mer pour survivre, ils ont appris à entraîner leur vision sous-marine, et ils voient deux fois mieux sous l'eau que les occidentaux.

Les chasseurs de miel en l'Inde

Risquer sa vie pour du miel indien au Tamil Nadu
Le miel indien © Eric Tourneret

Où: Inde
Risques:
se faire piquer par des essaims d'abeilles, tomber des falaises de 150m
Facteur de Respect:
10
Un fait marquant:
Les cordes sont faites à la main à partir de lianes trouvées dans la jungle

Les Alu Kurumbas du Tamil Nadu, un Etat sur la pointe sud-ouest de l'Inde, n'ont pas peur du risque. Ils escaladent des falaises de 150 mètres dans le parc naturel de la biosphère Nilgiri. Leur objectif: les ruches d'abeilles qui vivent sur ce rocher géant. Pour cela, ils honorent la déesse de la forêt Magaliaman en pratiquant des jours de jeûne et d'autres rituels de purification.

Du kayak en Antarctique

Un Inuit dans un kayak traditionnel
Un Inuit dans un kayak traditionnel © LightRocket via Getty Images

: Nord-Ouest du Groenland
Dangers: hypothermie, noyade
Facteur de Respect: 6
Un fait marquant: Le mot kayak vient de la langue des Inuits

Leur bateau est la seule chose qui protège les kayakistes de la baie de Baffin de la mort. Cette ancienne tradition vieille de 2000 ans dans le cercle Arctique était née du besoin de s'approvisionner en viande en été. Durant cette saison, à cause de la fonte des glaces, il n'y avait pas d'autre moyen pour le peuple Inuit d'aller chasser les phoques, les morses et les baleines. Ces bateaux étaient fabriqués à partir d'os de baleine, et recouverts de peaux de phoque.

De nos jours, l'extérieur des bateaux fabriqués à la main est recouverte de nylon. Mais la technique est la même. Les Inuits ont inventé le retournement en kayak pour échapper à la mort en cas d'exposition à une eau à 2 °C. Le poids des peaux d'animaux qu'ils portaient les aurait conduits à la noyade quasi instantanément. Maintenant, les combinaisons étanches et l'utilisation du Gore-Tex rendent ce sport moins dangereux et nettement plus confortable. Cette pratique a été remise au goût du jour dans les années 80 à l'époque où les combinaisons sont devenues disponibles.

Les courses de Yak, en Asie

Course de Yak au Tibet au Horse Racing Festival.
Course de Yak au Tibet © Getty Images/Lonely Planet Images

: Mongolie du Nord
Dangers: blessures, accrochages
Facteur de Respect: 7
Un fait marquant: Au Népal Ils font des hamburgers de yak

En Mongolie, le yak est au cœur de la vie: le lait sert à faire du fromage, sa peau sert à faire du cuir et des vêtements, il sert de moyen de transport. Une grande fête est organisée année en son honneur dans les provinces du nord, y compris dans le Uvurkhangai. Lors de ce festival on peut voir des rodéos de yaks, des concours de traite, et même des concours de beauté de yaks. Les courses se déroulent au Tibet.

Pour les hommes, l'un des moments forts est la course de yacks, mais comme ces bêtes sont surtout efficaces sur les courtes distances la course est limitée à 2 000 mètres.

L'ancêtre du saut à l'élastique

Saut traditionnel Pentecost Island, Vanuatu
Saut traditionnel Pentecost Island, Vanuatu © AFP/Getty Images

: Ile de Pentecôte, aux Vanuatu
Dangers: chute mortelle
Facteur de Respect: 10
Un fait marquant: L'accident mortel le plus notable s'est produit lors d'une tentative pour impressionner la Reine en 1974: les lianes n'étaient pas prêtes et la victime s'est cassé le dos, et elle est morte.

 Sur l'île de Pentecôte au Vanuatu, le saut à l'élastique n'est autorisé qu'à la saison des pluies sinon les lianes faisant office d'élastique risqueraient de ne pas être suffisamment élastique pour assurer la sécurité des participants. Chaque printemps, des tours en bois de 30m de haut sont érigées pour pratiquer ce sport.

Les lianes sont adaptées et mesurées selon la taille de celui qui saute. Contrairement à nos pays occidentaux où l'on essaye d'éviter le contact avec le sol à tout prix, ici, le but est de frôler le sol avec la tête, cette pratique est supposée bénir les récoltes, et peu importe si la tête tape trop fort et que la personne survive ou non.

Des skis fait maison

A girl skiing down a steep slope in Afghanistan.
Pas besoin de skis techniques pour s'amuser © James Robertson Photography

: Bamiyan, en Afghanistan
Dangers: manger de la neige
Facteur de Respect: 9
Un fait marquant: Ce coin de l'Afghanistan est accueillant pour les touristes

Ce n'est pas vraiment un sport traditionnel, les habitants s'y sont mis après avoir vu les occidentaux en faire. Les locaux ont donc fabriqué leurs propres skis pour pouvoir s'amuser à leur tour.

« Ils utilisent n'importe quel morceau de bois à leur disposition, et un morceau de chaîne ou de métal pour servir de fixation autour de bottes en caoutchouc », raconte le photographe James Robertson. «  Ce qui est étonnant c'est qu'ils arrivent à tourner ». La venue de nombreux aventuriers dans la région permet d'apporter du matériel et de leur apprendre à s'en servir.

Retrouvez le meilleur de Red Bull Adventure sur notre page Facebook

 

Next Story