Il survole la plus haute chute d'eau du monde

Cinq jours de marche pour 15 minutes de vol en parapente. Récit.
Par Josh Sampiero

Salto Ángel est la plus haute chute d'eau du monde, dix-neuf fois plus haute que les chutes du Niagara. Cette cataracte dégringole de façon ininterrompue pendant 979 mètres depuis un plateau de la jungle vénézuélienne. Son nom vient des balbutiements de l'aviation, lorsqu'en 1933 l'aviateur Jimmy Angel la survola pour la première fois tandis qu'il cherchait des filons d'or. Elle est aussi la source d'inspiration du film Là-haut.

Il n'est donc pas surprenant que Paul Guschlbauer ait voulu la voir depuis son parapente. Salto Ángel a déjà été survolée par cinq personnes par le passé, mais jamais consécutivement à une randonnée dans la jungle pour atteindre le point de décollage. Pourquoi ? Simplement parce que crapahuter cinq jours durant dans ce climat hostile nécessite dévouement, motivation, force et énergie. Pour Paul, cette excursion représentait en outre le parfait entrainement avant le Red Bull X-Alps cet été.

La chute d'eau s'élance d'un des plus hauts tepuys du pays, l'Auyan Tepuy, ces reliefs au sommet plat bordés par d'immenses falaises. Pour y grimper, Paul a fait équipe avec le parapentiste local Igor Elorza, ainsi que deux autre pilotes du cru. Ce n'était pas une promenade de santé et c'est probablement pour cela qu'aucun autre parapentiste ne l'avait effectuée auparavant. Le résultat ? "L'une des aventures les plus incroyables de ma vie" s'enthousiame Paul.

Paul Guschlbauer vole depuis Salto Angel.
En pleine randonnée © Paul Guschlbauer

L'aventurier a dû marcher pendant 62 km pour traverser le plateau. Sous la pluie, dans la boue et parmi les insectes. Comme le dit Paul, "chaque pas était différent. Parfois vous aviez 5 cm de boue, parfois 50 cm !" Les pilotes sont arrivés à la chute après cinq jours de marche et y ont établi leur campement. Il ne leur restait alors plus qu'à attendre les bonnes conditions pour devenir les premiers à porter leurs parapentes jusqu'à Salto Ángel puis en décoller.

Ne partez jamais sans votre selfie stick.
Ne partez jamais sans votre selfie stick © Paul Guschlbauer

Tout cela pour un vol de 15 minutes qui aurait pu ne jamais avoir lieu, le terrain avoisinant Salto Ángel n'étant pas exactement propice au parapente.

Vous voyez la façon dont les nuages sont attirés vers le sommet du plateau puis chassés par le vent ? Ajoutez à cela un décollage sans élan et vous comprendez pourquoi l'un des quatre pilotes qui accompagnaient Paul a soudainement décidé que cinq jours de randonnée dans la jungle ne valaient pas de prendre le risque de s'élancer.

La vue n'est pas mauvaise.
La vue n'est pas mauvaise © Paul Guschlbauer

Mais pour Guschlbauer, Elorza et le caméraman, tout semblait parfait. "J'avais un souffle de vent qui venait par derrière, ce qui est mieux que par devant. Igor a eu plus de chance en n'ayant aucun vent. Vous pouvez le voir décoller à un mètre de moi," explique Paul.

Paul se sent pousser des ailes.
Paul se sent pousser des ailes © Paul Guschlbauer

Une fois dans les airs, la vue valait tous les efforts endurés, et le cri d'extase poussé par Paul ne ment pas quant à sa satisfaction. Comme l'ascendance thermique n'était pas possible dans cet environnement, le vol a été court et s'est achevé dans le lit rocailleux d'une rivière en contrebas. Les compères ont tous atterri en sécurité puis ont grimpé dans un bateau pour un voyage de deux jours vers la civilisation.

Cinq jours de marche pour 15 minutes de vol, le ratio est pire encore que la queue pour une montagne russe, mais cela valait largement le coup selon les protagonistes !

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