Même les animaux sauvages prennent des selfies !

Observez la faune sauvage africaine comme la voit William Burrard-Lucas. De très, très près.
Par Lukas Pilz et Josh Sampiero

C'est peut-être l'année, voire la décennie, du selfie mais si vous n'en pouvez plus de voir des humains faire des duck faces, ces photos d'animaux sauvages dans leur environnement naturel devraient vous remettre d'aplomb.

Selfies d'animaux
Selfies d'animaux © William Burrard-Lucas

Comme le photographe William Burrard-Lucas n'est pas très enclin à laisser son appareil photo à un singe, il nous explique comment il utilise des inventions de son cru pour se rapprocher au maximum de ses sujets sans risquer sa propre vie (enfin, exception faite de cette fois avec un hippopotame...).

Selfies d'animaux © William Burrard-Lucas

Ok, première question : comment arrives-tu à te rapprocher autant des animaux ? Tu as une cape d'invisibilité ?

Non. La plupart de mes clichés sont réalisé grâce à des outils de mon invention, comme ma "BeetleCam", un petit robot avec des roues et un appareil photo que je peux déclencher de très loin. Je construis ces engins moi-même, c'est devenu un business en plus de la photographie, vous pouvez les voir ici !

William Burrard-Lucas
Je peux le manger ? © William Burrard-Lucas

Donc en fait, tu ne te rapproches pas suffisamment d'un lion pour pouvoir l'embrasser ?

J'ai déjà été assez près d'un lion qu'il me suffisait de sortir mon bras par la fenêtre pour le toucher mais je ne fais pas ça tous les jours. Mais d'autres animaux, comme les suricates que vous voyez sur les photos par exemple, sont relativement habitués aux humains et viendront vous voir de près.

William Burrard-Lucas
Une bande de suricates © William Burrard-Lucas

De très près.

En fait, les suricates forent le sol en équipe, et il y en a toujours un qui fait le guet à l'entrée du trou pour surveiller les prédateurs. Il se tient sur ses pattes de derrière et regarde aux alentours. Il montera sur tout ce qu'il trouvera pour obtenir un meilleur point de vue. Si je suis là suffisamment longtemps, je deviens ce promontoire.
 

William Burrard-Lucas
Difficile d'être plus près © William Burrard-Lucas

Tu as aussi fait des timelapses géniaux.

J'étais dans le Serengeti pour la grande migration des gnous, c'est vraiment un truc impressionnant à voir. Le timelapse était le seul moyen de bien montrer l'ampleur de cette migration.

Retrouvez ci-dessous le timelapse de la migration des gnous en question !

Quels sont tes endroits préférés pour prendre des photos ?

Ces temps-ci, je travaille principalement en Afrique. En Zambie, en Tanzanie, au Kenya, en Ethiopie, etc. Je suis aussi allé sur les Îles Malouines et sur l'Île de Komodo.

William Burrard-Lucas
C'est presque un baiser © William Burrard-Lucas

Tu ne photographies que les animaux ?

Je photographie la faune sauvage avec un tropisme pour la sauvegarde de la nature, ce qui veut dire que je documente parfois l'habitat et les peuples quand je travaille. Je collabore étroitement avec des associations qui protègent les loups d'Ethiopie ou les lycaons. Deux animaux très difficiles à photographier.

William Burrard-Lucas
Un varan de Komodo © William Burrard-Lucas

Quels sont les meilleurs animaux pour la BeetleCam ?

Les prédateurs. Ils sont curieux par nature. Ils viennent et vérifient ce que c'est. D'autres animaux sont plus frileux, les antilopes par exemple. Elles fuient dès que la BeetleCam bouge. Pour les animaux de ce genre, j'utilise une CamTrap, un appareil photo déclenché par les mouvements, la nuit principalement.

Hey, bonjour © William Burrard-Lucas

Ton travail a l'air d'être difficile et dangereux.

Effectivement, les journées sont longues. Je suis souvent debout avant le lever du soleil pour chercher un endroit et des animaux à capturer dans la lumière matinale, ensuite je cherche d'autres spots quand le soleil est haut et que la lumière est forte, puis je shoote encore le soir, ou je prépare la CamTrap pour la nuit. Il m'arrive d'être exténué à la fin de la journée.

Rien à grignoter ? © William Burrard-Lucas

Tu as parfois eu des frayeurs avec des animaux dangereux ?

Carrément. Notamment quand je traquais des rhinocéros en Zambie. On est tombés sur une femelle bien connue pour son caractère et on s'est approchés d'elle sans qu'elle ne le remarque. Quand elle a fini par nous voir, elle s'est retournée et elle a chargé. On a fui et on a grimpé aux arbres. J'étais à peine à un mètre au-dessus du sol, mais heureusement les rhinos ont une mauvaise vue. Elle a donc un peu piétiné et soufflé puis elle est partie.

Puis il y a eu cette fois où on s'est fait charger par un hippopotame, qui est un animal relativement dangereux. Chaque année, ils tuent plus de gens en Afrique que les lions, et de loin. Le cliché suivant parle de lui-même.

Mieux vaut détaler © William Burrard-Lucas

L'année dernière, il y a eu cette fameuse histoire d'un photographe qui a perdu les droits d'un cliché parce que c'était un singe qui avait appuyé sur le bouton. Vous "possédez" vos photos ?

Absolument. C'est toujours moi qui prends le cliché. Je choisis tout, même pour une photo de nuit avec la CamTrap. Les animaux me disent quand le cliché a été pris, mais je fais tout le reste.

Découvrez le travail de Will sur son site ou sa page Facebook !

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