Cet homme va vivre un an sur un iceberg

Alex Bellini va séjourner sur un iceberg jusqu'à ce qu'il fonde et voici ce qui l'attend !
La fonte d'un iceberg
La fonte d'un iceberg © Michael Leggero/ Getty Images
Par Josh Sampiero

Disons-le d'entrée de jeu : Alex Bellini est totalement fou. Oh certes, il est intelligent et débrouillard, mais sain d'esprit ? On en doute. L'Italien de 36 ans a déjà traversé deux océans sur un canot à rames et a couru à travers les États-Unis. Le tout en solitaire. Son prochain défi ? Vivre sur un iceberg jusqu'à ce qu'il fonde. Nous l'avons donc rencontré afin qu'il nous parle de ses précédents exploits et qu'il nous explique pourquoi il veut faire son foyer d'un morceau d'eau gelée.

Voici Alex Bellini, l'homme qui veut vivre sur un iceberg !

Portrait d'Alex Bellini © Courtesy Alex Bellini

Alors, à ton avis, combien de temps avant que l'iceberg ne fonde ?

Alex Bellini : Environ un an, j'espère. En décembre ou en janvier, je me rendrai sur le glacier Ilulissat, au Groenland, où la plupart des icebergs de l'Atlantique débutent leur périple. J'espère avoir la chance d'en trouver un qui se dirigera vers le sud, où il fondra doucement, diminuant en taille et en volume. C'est le but principal du projet, documenter la fin de la vie d'un iceberg.


Tu cherches un type d'iceberg en particulier ?

Oui. Il y a beaucoup de types d'icebergs différents, et je cherche un iceberg tabulaire, d'environ 200 à 300m de long. C'est celui qui aura le moins de chance de se renverser à un moment donné. Car une fois que je suis dessus, j'y suis jusqu'à ce qu'il se renverse ou qu'il fonde. Le choix se portera sur des centaines d'icebergs, choisir le bon sera important.

Découvrez le trailer du projet ci-dessous !

C'est un projet plutôt solitaire. Mais ça te connait.

En 2005, avant ma première traversée d'un océan (Alex a ramé sur 11 000 km à travers la Méditerrannée et l'Atlantique en 227 jours), je ressentais le besoin de créer une isolation, de pouvoir profiter du fait d'être seul. Je sais que c'est seulement dans cette solitude que je peux me trouver et explorer mon for intérieur. Mes voyages se basent sur le fait de survivre et de surmonter la faiblesse de l'être humain. L'objectif n'était pas de traverser l'océan mais de me trouver.

Cela t'a pris un bon moment...

Avant de toucher l'autre rive, j'ai essayé trois fois. Cela a fini en naufrage la deuxième fois, après 23 jours et 1000 km. Le 23ème jour, j'ai été rabattu sur Formentera et j'ai failli perdre la vie. Ma troisième tentative a duré 227 jours et j'ai ramé jusqu'à trouver la terre ferme en face de moi. De Gênes, en Italie, jusqu'à Fortaleza au Brésil.

En 2005, Alex a ramé sur 11 000 km à travers la Méditerrannée et l'Atlantique en 227 jours.

Une petite escorte pour quitter l'Italie © Courtesy Alex Bellini

En 2011, il a parcouru 5 300 km en course à pied à travers les États-Unis pendant 70 jours.

Cela représente beaucoup de travail. Dans quelle mesure le projet "Adrift" sera-t-il différent ?

Le plus compliqué pour "Adrift", c'est que je vais devoir rester très tranquille. Je vivrai dans une petite capsule de survie. Je vais passer 90% de mon temps dans cette capsule, sans bouger. C'est bien plus difficile qu'on ne l'imagine. Le manque de mouvement affecte négativement la pensée. Moins vous faites de mouvements et plus votre capacité à prendre des décisions s'émousse. Pour ne pas mourir, je vais devoir prendre des décisions rapidement. Parfois, quelques secondes font la différence entre la vie et la mort.

Alex utilisera une capsule de survie pour séjourner sur l'iceberg.

Grande question : que vas-tu manger ?

Il y aura de la nourriture dans la capsule, similaire à celle que les alpinistes utilisent en expédition. Mais la pêche sera une de mes rares activités.

Et que se passe-t-il quand l'iceberg fond ou se retourne ?

Je flotte dans la capsule. Et j'attends qu'un bateau passe sur mon chemin.

read more about
Next Story