Ils ont tout quitté pour parcourir le monde

Trois "nomades du numérique" font le point sur les avantages et les inconvénients de leur vie.
Benny Lewis, bloggeur à Fluent in three months, au Taj Mahal
Benny visite le Taj Mahal © Benny Lewis
Par Alison Mann

Parcourir le monde, laisser tomber le métro-boulot-dodo et se faire assez d'argent pour pouvoir en vivre? Le rêve, n'est-ce pas? On parie que vous en avez déjà rêvé.

Pour quelques-uns, c'est pourtant devenu leur réalité. Voici les nomades du numérique : des gens qui ont lâché leur domicile fixe, leur salaire mensuel et leur routine quotidienne pour explorer le monde et aussi travailler à leur propre compte au passage.

On a rencontré trois de ces personnes qui nous inspirent, et on a écouté ce qu'ils avaient à dire sur ce nouveau mode de vie.

Qui sont les nomades du numérique? 

Jodi Ettenberg, bloggeuse de Legal Nomads dans son périple autour du monde.
Jodi pendant ses voyages © Jodi Ettenberg

Jodi Ettenberg - en charge du blog Legal Nomads, auteur du livre The Food Traveller's Handbook et critique culinaire et intervenant spécialisé. Ex-avocat, elle a économisé pendant son travail dans une firme de New York avant de voyager, à la base pendant un an. Elle a quitté son travail en 2008 et continue à parcourir le monde.

Gigi Griffis - bloggeur sur The Ramble et à l'origine d'une série de posts "Les Guides de Voyage Inattendus", qui recense des bons plans des habitants des régions visitées. Elle a choisi de quitter un travail trop stressant comme rédactrice et chargée de la stratégie du contenu, pour se mettre en freelance pendant un an. Elle a ensuite fait ses valises et n'est plus revenue depuis trois ans et demi. Elle voyage avec un compagnon à quatre pattes, Luna!

Benny Lewis - créateur du blog Fluent In Three Months qui attire plus d'un million de visiteurs uniques par mois. Il en a tiré un best-seller éponyme en livre, qui a été traduit en de multiples langages. Après avoir été diplômée d'ingénierie électrique en Irlande il a été stagiaire en Espagne, il est tombé amoureux du pays, a appris son langage et s'est découvert une passion pour le voyage et les langues.

Quelles sont les caractéristiques de ce mode de vie?

L'auteure de guide de voyages et bloggeuse Gigi Griffis avec son chien Luna en Slovénie.
Gigi avec son chien Luna en Slovénie © Gigi Griffis

Leur point commun : une passion pour le voyage et une appréciation pour la liberté qu'elle leur procure dans leur mode de vie. Jodi explique : "Le mieux, c'est la flexibilité. Si des amis vont quelque part et que je veux traîner avec eux, ou si un membre de la famille est malade, je peux aller passer du temps avec eux, ce que je ne pourrais pas faire d'habitude. Je fais quelque chose qui me tient à coeur, même si financièrement c'est différent d'être un avocat, et il y a un certain degré d'incertitude, mais j'aime le fait de faire quelque chose qui fait la différence dans la vie d'autrui par rapport à ma profession précédente."

Comment ont-ils choisi leurs lieux?

Jodi Ettenberg, bloggeuse de Legal Nomads à Saigon
Jodi se balade à Saigon © Jodi Ettenberg

Si la flexibilité est un atout, l'embarras du choix pour partir ailleurs doit être plus coton? Nos trois globe-trotteurs n'ont pas planifié beaucoup de choses à l'avance et ont tous leur propre manière de se décider sur leur prochaine destination. Parler 12 langues, et avoir créé un livre de ça, on penserait que Benny choisirait une langue et aller l'apprendre dans ce pays. Rien de tout cela en réalité : ce doit être le pays qui l'inspire, avant sa langue maternelle.

Ses explications : "On m'a toujours dit d'aller apprendre le Mandarin en Chine, mais ce défi ne m'intéressait pas. Ensuite, j'ai rencontré des gens de Taïwan au cours de mes balades, et ils étaient si sympas et m'ont raconté tellement de choses intéressantes que j'ai décidé d'y partir et d'apprendre le Mandarin en 3 mois."

Ils ne préparent pas trop leur voyage en avance

L'auteure de guide de voyages et bloggeuse Gigi Griffis avec un singe pendant un de ses voyages.
Gigi Griffis se fait un ami © Gigi Griffis

Pour Gigi, son travail l'aide carrément à prendre sa décision. Elle explique : "Les livres m'aident à décider là où j'irai ensuite - je me suis rendu compte qu'en écrivant ces guides, afin de les vendre je dois écrire sur l'endroit que j'ai visité dans des magazines ou sur le blog. Donc j'ai tendance à y retourner pour promouvoir le livre." Et comme son credo, c'est les petits plats, Jodi suit certainement la curiosité de ses papilles. Surtout des pays où elle peut avoir un menu compatible avec un régime sans gluten et, en même temps, permettre aux autres d'être moins perdus à l'étranger.

Les mauvais aspects : difficile d'établir une routine

Benny Lewis, bloggeur à Fluent in three months, sur la Grande Muraille de Chine.
Benny sur la Grande Muraille de Chine © Benny Lewis

Quid des points négatifs? Être un nomade, ce n'est pas que partir à l'aventure et s'éclater. Jodi remarque que les incertitudes liées au statut d'auto-entrepreneur peuvent être difficile, tout comme maintenir un relationnel avec ses proches. Ils sont tous d'accord sur un point : trouver une nouvelle routine, c'est du travail, mais ce n'est pas impossible d'y arriver.

A eux trois, ils cumulent 20 ans passés autour du monde, donc ce mode de vie fonctionne dans leur cas, et leur a permis de s'ouvrir des opportunités économiques remarquées en plus.

"Je pense que c'est ce vers quoi on s'achemine" - Benny

Jodi Ettenberg, bloggeuse de Legal Nomads devant un coucher de soleil à Wadi Rum, en Jordanie.
Jodi savoure le coucher de soleil au Wadi Rum © Jodi Ettenberg

Alors que les images de digitalnomad sont de plus en plus partagées sur les réseaux sociaux, il semble que beaucoup de gens s'engouffrent dans la brèche. Benny explique : "Je pense que c'est l'évolution naturelle des choses. Plein d'emplois sont maintenant accessibles avec un ordinateur donc plus besoin d'être physiquement présent. Si on peut travailler depuis chez soi, le chez soi peut être n'importe où et donc j'ai vu beaucoup de personnes faire la transition au cours des dernières années. C'était très différent dans les premières années, quelquefois j'arrivais à peine à trouver un cybercafé, mais maintenant avec le wi-fi tout est plus facile!"

read more about
Next Story