Elle part à l'attaque d'un record monstrueux !

Fernanda Maciel compte bien battre le record de l'ascension la plus rapide du Colosse de l'Amérique.
Par Alison Mann

L'Aconcagua est le point culminant de la Cordillère des Andes et un sommet qui a toujours inspiré Fernanda Maciel. Cette athlète, spécialiste de course en montagne, a pour objectif, à la fin du mois de janvier, de dompter "le colosse de l'Amérique" et ses 6 691 mètres plus vite qu'aucune femme avant elle.

Un challenge qui la forcera à escalader au-delà de la "death zone", assistée par le guide qui a accompagné Karl Egloff lors de son record sur la même montagne.

Fernanda cherche à établir l'ascension féminine de l'Aconcagua la plus rapide

Alors, dis-nous ce que tu prépares ?

Je vais monter puis descendre l'Aconcagua, la plus haute montagne d'Amérique. J'espère battre le record féminin, sur lequel beaucoup de filles se sont cassé les dents, même des championnes du monde et des guides de montagnes expérimentées.

Tu as déjà essayé l'année dernière, que s'est-il passé ?

L'an dernier, j'ai fait l'erreur de passer beaucoup de temps à m'entraîner en altitude, et ça a épuisé mon corps. J'ai été malade et j'ai eu de la fièvre avant la tentative, j'étais vraiment pas bien, vidée, sans énergie pour atteindre le sommet. J'ai arrêté à 6 000 mètres et je n'arrivais même plus à marcher. La haute altitude peut être très dangereuse. 

Qu'est-ce qui est différent cette fois ?

J'ai passé un mois au Brésil, à dormir dans une tente de simulation, qui offre les mêmes conditions qu'en altitude. Je me sens plus forte, plus rapide et j'ai plus d'expérience et de confiance. C'est un énorme challenge. J'ai fini deuxième aux championnats du monde d'ultra-trail, mais courir en haute-montagne est une chose différente.

À part la tente, qu'as-tu fait pour te préparer ?

J'ai essayé de courir sur des montagnes très élevées. Je m'entraine depuis de nombreuses années. Je vis dans les Pyrénées, donc je suis en contact constant avec la montagne. Ce qui est spécial cette fois, ce n'est pas exactement l'entrainemet physique, mais plutôt la condition mentale. Comment gérer les risques tout en repoussant mes limites. Je fais beaucoup de méditation et je conserve ma motivation en sortant de ma zone de confort dans un environnement dangereux.

Fernanda Maciel défie l'Aconcagua © Gustavo Cherro / Red Bull Content Pool

Ton équipement sera différent ?

Mes chaussures, par exemple, sont différentes. Pour courir, j'ai besoin de légèreté, avec des chaussures légères, pareil pour la veste. Je n'ai pas de bottes ou de chaussures adaptées à la neige. Je prends un petit sac à dos, avec un peu d'eau chaude. La course n'est pas très technique donc j'utilise des crampons mais je n'ai pas besoin de piolets, je sais déjà comment je vais progresser.

Tu as bien besoin de manger, qu'est-ce que tu prends ?

La haute altitude est si inhospitalière que je ne peux pas prendre de gels ou de barres. Quand je passerai dans un camp, je prendrai de la soupe ou de l'avoine, pour avoir des trucs cchaud. J'ai aussi de l'eau chaude. Je ne peux pas beaucoup manger mais je dois beaucoup boire. Quand je dépasserai 6 000 mètres, la "death zone", il va absolument falloir que je boive beaucoup.

Fernanda Maciel se prépare
Fernanda Maciel se prépare © Gustavo Cherro / Red Bull Content Pool

Tu auras de l'aide pendant ta tentative ?

L'an dernier, mon coach était venu et avait couru 3 heures avec moi. Cette fois, je ferai le parcours avec un guide qui va essayer de courir avec moi. C'est un guide de montagne qui s'appelle Nicolás Miranda et qui est aussi coureur. Il a aidé Karl Egloff a établir le record chez les hommes. Je retrouverai Nicolás vers 3 800 mètres et il tentera de me suivre. C'est une bonne stratégie, car comme ça il peut m'aider s'il arrive quelque chose et c'est bien d'avoir quelqu'un qui a beaucoup d'expérience avec moi.

Je veux inspirer les gens avec ce projet

Fernanda révise son trajet
Fernanda révise son trajet © Gustavo Cherro/Red Bull Content Pool

Tu as un objectif spécifique pour cette course ? À part atteindre le sommet bien sûr ?

Je veux inspirer les gens avec ce projet. Je veux aussi souligner le problème des déchets laissés en haute altitude. Les gens apportent beaucoup de trucs avec eux et quand ils n'atteignent pas le sommet ou sont trop fatigués pour continuer, ils laissent tout sur place. Si vous êtes là, c'est parce que vous aimez la montagne, atteindre le sommet est un objectif secondaire. Beaucoup de randonneurs laissent des objets derrière eux que les hélicoptères ne peuvent pas embarquer et personne ne s'occupe de ramener ces objets.

La tentative aura lieu fin janvier et vous pouvez suivre les exploits de Fernanda sur sa page Facebook !

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