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Red Bull Beat It : « Comme un retour aux sources », Bruce Ykanji en interview

Red Bull Beat It : Comme un retour aux sources, Bruce Ykanji Little Shao

Organisateur du Juste Debout, le plus gros événement international de danse debout, Bruce Ykanji met aujourd’hui son expertise au service du Red Bull Beat It. Le nouveau directeur artistique évoque sa vision de l’événement, le niveau de la scène française et la démesure des battles internationaux, tout en rêvant d’une danse hip-hop à taille humaine.

Tu es directeur artistique du Red Bull Beat It. Quelle est ta vision de cet événement ?

Je trouve que ça a beaucoup de sens vis à vis de ce qu’est la danse hip-hop : c’est un battle qui se joue dans la rue, les gens passent, observent, applaudissent et jugent. Les gens, c’est le meilleur thermomètre que l’on puisse trouver. C’est ça la danse, à la base : la rue, la musique, et le public qui kiffe !

On est en effet dans quelque chose de plus simple et décomplexé que les grands battles…

C’est vrai, mais pourtant ça devrait être comme ça dans tous les battles. Le problème est qu’au fil du temps, avec les enjeux et le gigantisme de certains événements, les choses sont devenues de plus en plus « sérieuses », et on a parfois perdu de vue le côté fun de la danse. J’ai connu des danseurs très forts qui n’arrivaient plus à s’éclater en compétition car ils visaient trop la performance, au détriment du fun, du style. Avec Red Bull Beat It, l’idée est précisément de pas se prendre au sérieux, d’être fun tout en gardant quand même un certain niveau. On cherche à ramener une forme de simplicité. 

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L’événement que tu organises depuis 10 ans, le Juste Debout est aussi devenu gigantesque. A-t-il été lui « victime » de cette évolution ?

Oui et non. Le Juste Debout a grandi et a même fini par me dépasser, mais c’est tant mieux, c’est devenu un événement de grande ampleur et j’en suis très heureux. C’est aussi pour ça que je suis très heureux de travailler sur un battle comme le Red Bull Beat It. Je veux toucher Monsieur et Madame tout le monde. Je veux que les mecs qui passent dans la rue hallucinent en voyant le truc. C’est aussi ce que je fais de mon côté avec le Junior Dance Tour où nous allons danser avec les mômes dans les banlieues. Avec l’économie du Juste Debout, on réinvestit dans la culture à un niveau plus modeste, et ça crée un nouveau dynamisme. Finalement, c’est un peu le rôle du Red Bull Beat It par rapport au Red Bull BC One, qui est une compétition internationale de grande ampleur. C’est une forme de retour aux sources, une bonne idée.

Justement, quel regard portes-tu sur le Red Bull BC One ?

On a parlé pendant des années du Battle Of The Year, mais aujourd’hui, il faut reconnaître que le Red Bull BC One est LE battle international. Je ne suis pas un expert en breakdance, mais le niveau est hyper élevé. Si tu es sélectionné parmi les 16 danseurs, c’est déjà une reconnaissance énorme !

Tu y as assisté à plusieurs reprises. En tant qu’organisateur d’événement, est-ce que ça t’a inspiré ?

Bien sûr. La première fois, c’était à Paris, en 2008 et j’ai pris une gifle ! J’observais depuis les coulisses et j’ai trouvé que c’était très bien réglé, très minutieux. J’ai aussi remarqué des détails auxquels je n’avais pas songé en tant qu’organisateur, comme ces écrans installés dans les loges qui servent de retour aux danseurs qui s’échauffent et leur permettent de suivre la compétition. Ce sont des petites choses qui ont de l’importance, et c’est à travers ça que tu sens que l’événement a été pensé dans le détail. Je sais que les gens du hip-hop ont parfois des réticences vis-à-vis de marques qui organisent ce genre de battles, mais dans ce cas ça n’a pas de sens. Les danseurs sont bien accueillis, les prix sont conséquents, les B-Boys sont traités comme des sportifs de haut niveau… C’est exemplaire, et ça devrait être partout comme ça ! Je suis aussi allé au BC One de Tokyo en 2011, c’était encore un événement énorme.

Le Red Bull Beat It est un peu l’opposé des grands battles. Vous cassez les codes traditionnels : pas de style imposé, pas de jury autre que le public, pas de playlist typiquement hip-hop…

Totalement. Ça permet d’abord de donner une vraie liberté aux danseurs. J’ai d’ailleurs cherché à faire venir des gens qui ne sont pas spécialement breakdance ou popping ou autre, qui n’ont jamais gagné de grands battles comme le BOTY, mais chez qui je sens un vrai potentiel. Ça permet d’ouvrir de nouvelles cases, de nouvelles perspectives, de faire intervenir de nouveaux profils. On est hors format, c’est très nouveau et c’est ce qui m’intéresse. La musique aussi brouille aussi les pistes : la playlist peut aller de Abba à Claude François ou même la Compagnie Créole. Tu ne peux pas être sérieux sur la Compagnie Créole, mais en revanche tu peux danser, et c’est le but ! 

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Comment s’est passée la sélection ?

C’était une sélection un peu informelle, plutôt une sorte d’audition sous forme de workshop. On a appelé une vingtaine de danseurs, on leur a dit qu’on en garderait 12, et on a cherché à voir ce que ça donnait comme ambiance. On a même fait un atelier comédie, pour voir jusqu’où ils pouvaient aller en termes de folie, comment ils se débrouillaient avec des contraintes, histoire de développer un peu la théâtralité de l’événement. C’est un peu ce qui fait sa spécificité. 

Prévoyez-vous d’inviter par exemple des danseurs étrangers ?

Il y aura fin 2012 une édition du Red Bull Beat It ou s’affronteront des Français et des étrangers. Je voyage beaucoup, tout comme Youval, et on rencontre parfois de véritables phénomènes, des danseurs étonnants qu’on a vraiment envie d’inviter sur ce type d’événement. Ca se fera dans un club, ça sera encore hors cadre, avec un côté confiné, un petit public et une grosse ambiance…

Toi qui possèdes une expertise internationale, comment apprécies-tu le niveau des danseurs français par rapport à ces étrangers ?

C’est difficile à évaluer pour le Red Bull Beat It puisqu’il n’y a pas de style imposé. Même si tu es un tueur en breakdance, tu peux te faire sortir par un mec qui fait du poppin’… A un niveau plus général, et sans parler uniquement du b-boyin, le niveau des danseurs français est très élevé. La France a une très bonne réputation en danse, je m’en rends compte en voyant les Russes, le Japonais ou autre qui viennent du monde entier pour travailler ici, à la Juste Debout School. La France est aujourd’hui un des moteurs du hip-hop grâce à la diversité et au niveau technique de nos danseurs. Nous avons la cote à l’étranger, mais cette réputation n’est pas volée. 

Comment vois-tu l’évolution future du Red Bull Beat It ?

Nous ne le savons pas précisément. Par contre, il y a quelque chose de fondamental qui doit rester : une forme de simplicité et de fun dans la pratique de la danse. C’est l’ADN de l’événement, nous ne devons jamais l’oublier. Or, plus l’événement va être connu, plus il y aura d’enjeu, plus les danseurs vont se mettre la pression, et plus on risque de perdre en spontanéité. La solution est peut-être de faire en sorte que l’événement reste à échelle humaine.

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