Kraftwerk - sans aucun doute le produit d’exportation le plus réussi de Düsseldorf - est un des groupes les plus influents que le monde ait jamais connu. Ils ont transcendé la musique électronique, ont fourni un soundtrack aux battles de b-boy comme aux raves d’acid-house, ont inspiré un nombre incalculable de nouveaux genres allant de la synth-pop et le hip-hop à la house et la techno et leurs concerts comptent encore toujours parmi les spectacles les plus palpitants (et perturbants) de la scène musicale.
40 ans après leur sixième album, Trans-Europe Express, Kraftwerk reprend la route. Dans cette entreprise, le groupe sera mené par le co-fondateur et seul membre original restant, Ralf Hütter. Pour célébrer le fait que Kraftwerk est encore toujours bien vivant, nous te partageons quelques faits intéressants au sujet de ces pionniers du robot-pop.
Avec Kraftwerk, la musique a l’air simple
« Parfois, tu imagines quelque chose et ensuite tu n’as plus qu’à jouer, » racontait Ralf Hütter au journaliste britannique Jon Savage pendant une interview en 1991. « C’est une façon de faire, mais tu peux aussi composer pendant que tu joues. J’ai des doigts qui chantent et qui parlent. L’instrument de Florian est plutôt une machine à écrire parlante. Si tu appuies sur les sons et les lettres, tu peux les entendre. Ca ressemble un peu à un clavier chantant… Au fait c’est un objet industriel modifié qui faisait partie d’un ancien ordinateur Siemens que Florian a fait transformer en instrument de musique. C’est la voix qu’on entend sur la majorité de nos disques. Moi je joue surtout sur les synthétiseurs et leurs boutons en plastique, rien de plus que des notes noires ou blanches. Je ne sais pas toujours exactement d’où provient le son quand je le joue. C’est la meilleure explication que je puisse donner. Ca se passe presque de façon automatique et c’est un processus très relaxant et très simple. La musique est comme un cadeau qui sort de tes doigts. »
Ralf Hütter a prédit l’avenir en 1991
« Je pense que nous avons atteint une nouvelle ère musicale, » racontait Hütter à Jon Savage. « On se trouve au milieu d’une révolution dont une partie est déjà terminée. L’époque de la miniaturisation, ce processus par lequel la technologie prend la forme de structures de plus en plus petites mais avec les mêmes fonctionnalités, a débuté. Trans-Europe Express avait encore été réalisé avec d’énormes machines, mais c’est tout ce petit matériel, comme les ordinateurs portables, qui va jouer un rôle de plus en plus important. Aujourd’hui, on déménage encore toujours des poids énormes d’une ville à une autre. Notre rêve est d’aller de concert en concert avec une mallette dans laquelle se trouveront un laptop, des samples et quelques petits synthétiseurs. »
Les gars de Kraftwerk ont été des stars du petit écran en Inde
Dans les années 70 et au début des années 80, la musique électronique était encore plus rare en Inde qu’une poule avec des dents. Pourtant, on pouvait entendre Kraftwerk dans toutes les maisons équipées d’une télévision. Leur morceau Neon Lights servait en effet de bande son pour la pause de 10 minutes entre les programmes de la chaîne de télé indienne Doordarshan. Le morceau était accompagné de l’image d’un panneau peint à la main qui invitait les spectateurs à patienter jusqu’au début du programme suivant.
Ils se sont fait beaucoup d’amis en Inde
Leur premier concert en Inde a eu lieu au Shanmukhananda Hall à Bombay le 25 septembre 1981. Kraftwerk se produisait alors devant environ 2000 personnes et ont surpris le public quand ils sont montés sur scène environ un quart d’heure après le début du concert pour prendre la place de leurs célèbres mannequins. Après le spectacle, Kraftwerk a fait monter quelques membres du public sur scène –certains étaient déguisés avec de véritables costumes de Man Machine- et ils les ont invités à jouer sur leurs synthétiseurs.
Ils ont abasourdi une foule d’Indiens
Avec l’arrivée de Kraftwerk en Inde, c’était aussi la première fois dans l’histoire musicale du pays que des visuels faits sur mesure étaient utilisés sur de la musique live, ce qui n’a pas manqué de faire un effet bœuf sur le public indien, comme par exemple sur Ashim Ahluwalia, qui avait alors 9 ans. « On aurait dit le décor d’un film de science fiction avec tous ces petits boutons qui scintillaient. » dit-il. « Enfant, j’ai adoré. Je me souviens encore des projections de rails de train et de câbles électriques sur un écran noir. J’en étais tout retourné. »

