Depuis ses débuts en NBA, Blake Griffin brille grâce à son jeu spectaculaire et sa mobilité effrayante pour son gabarit (2m08 pour 115 kilos). Joueur des Clippers de Los Angeles, Griffin en impose grâce à son physique, à sa détente et à son agilité aux limites du réel. Fils d’un afro-haïtien et d'une mère originaire de l’Oklahoma et rousse comme une irlandaise, Blake Griffin a tout de suite marqué la NBA grâce à son jeu spectaculaire et sa mobilité effrayante pour son gabarit (2m08 pour 115 kilos). Mais peut-on être à la fois un athlète au physique et aux qualités athlétiques aussi atypiques, tout en étant un des symboles de l’évolution d’un sport comme le basket ?
Malone et Barkley, ancêtres de Griffin
Avant de répondre à cette question, il faut bien avoir en tête qu’à l’origine, la NBA ne comportait pas de spécimens comme l’ami Griffin. Les grands - qu’ils soient pivots ou ailiers-forts - étaient lents et n’avaient que très peu de détente. Ils se contentaient de jouer près du cercle et avaient bien du mal à suivre le rythme dès qu’il s’agissait de courir en contre-attaque. Puis, les pivots Wilt Chamberlain et autre Bill Russell ont régné sur les années 60 grâce à un alliage entre taille, puissance et agilité pour dominer. Des exceptions qui ont révolutionné le jeu mais qui ne rencontraient que rarement des adversaires capables de les contenir. Un peu comme des élèves qui auraient redoublé six fois au collège et qui prendraient un malin plaisir à abuser de leur force sur la cour de récré.
En attendant, jusque dans les années 80-90, les fameux “grands” ont été cantonnés - pour des raisons athlétiques évidentes - à des rôles bien définis. À cette époque, la montée en puissance de deux phénomènes a commencé à poser les bases de la mutation du poste d’ailier-fort : Karl Malone et Charles Barkley. Surnommé “The Mailman” (le facteur, pour sa faculté à délivrer les grosses performances avec régularité), Malone était un véritable déménageur de 2m06 dont la musculation aurait pu faire baisser les yeux d’un passionné de culturisme. Plus petit (1m98) mais tout aussi puissant, Barkley se faisait appeler par différents surnoms comme “The Chuck Wagon” pour faire allusion à sa spéciale : la contre-attaque façon TGV, lancé à pleine vitesse. Et il ne valait mieux pas être sur sa route.
Griffin et les nouveaux ailiers-forts
Force et mobilité dans un corps atypique, tel est le cocktail qui fait de Blake Griffin un joueur spectaculaire. Barkley et Malone ont donc clairement été les pères spirituels de la génération actuelle d’ailiers-forts. Ils peuvent aussi bien utiliser leur puissance et leur taille près du panier ou rivaliser avec les joueurs extérieurs en termes de vitesse et d’agilité. Avec cette particularité pour Barkley qu’il pouvait carrément le faire balle en main, comme Blake Griffin aujourd’hui. Et c’est ce qui fait du joueur des Clippers un prototype parfait pour la NBA de nos jours. Un athlète hallucinant, un rouquin volant, qui mélange les qualités des phénomènes du passé avec les attributs de ceux du futur.
Un corps fragile malgré tout
Des aptitudes qui font aussi sa faiblesse car à force de sauter dans tous les sens comme un cabri, les risques de blessure deviennent sérieux. Mettez-vous à la place de ses genoux notamment, qui doivent réceptionner 115 kilos à chaque fois que ce bon Blake décide de s’envoyer en l’air pour assurer le spectacle. Cela a déjà failli lui coûter très cher. Il a même manqué sa première saison en NBA dans son intégralité, après s’être fracturé la rotule à la suite d’un atterrissage mal maîtrisé. À toujours traîner trop près du soleil...
Depuis, il s’est largement rattrapé et il fait étalage de ses immenses capacités physiques aux quatre coins de la ligue américaine. Blake Griffin incarne le meilleur du profil des ailiers-forts d’aujourd’hui et de demain, où tout va plus vite qu’avant, où les grands doivent être capables de courir comme des petits, où la puissance seule ne suffit plus. Le robot parfait, made in NBA.