L’Arlésienne, c’est quoi ?
Dans le petit monde du jeu vidéo, les Arlésiennes ont une place de premier choix, si prêt de nos coeurs de gamers. Ce sont tous ces jeux que l’on espère et qui se font désirer, longtemps, vraiment longtemps. Au point d’en perdre espoir et patience.
Faillites de studios, soucis juridiques, différents créatifs, problèmes techniques, manques de bol, ambitions démesurées qui viennent se heurter brutalement à la réalité... les raisons d’un développement si long sont nombreuses. Chaque histoire est différente et passionnante, racontée le soir au coin du feu. Parfois, la fin est tragique avec une annulation pure et simple du projet en guise de point final (qui a dit Starcraft Ghost ?).
Le développement durable, vraiment durable
Le concept d’Arlésienne a été popularisé par un romantique intellectuel blondinet aux muscles saillants et au calme légendaire : Duke Nukem. Après avoir trucidé des tonnes de monstres dans ses précédents jeux à succès, ce bon vieux Duke s’apprêtait à revenir en force avec son épisode ultime sobrement appelé Duke Nukem Forever. Nous sommes en 1997. Zidane n’est pas encore le guide de tout un peuple mais nous attendons déjà Duke de pied ferme. Le jeu sortira 14 ans plus tard, en 2011. Existe t-il assez de caractères sur internet pour vous compter l’histoire de son abracadabrantesque développement ? Probablement pas, mais sachez que les avocats se sont régalés, que les moteurs graphiques ont défilé et que les développeurs se sont arrachés les cheveux avant de passer le bébé au voisin.
“Il arrive quand ce jeu qui n’a jamais été annoncé ?”
Dans certains cas, trop nombreux diront les fans, le développement n’est pas un problème puisqu’il est inexistant. Le jeu attendu n’a jamais été annoncé par son éditeur. On murmure que des développeurs à l’identité secrète travaillent dessus et qu’une annonce à l’E3 est imminente, mais au final, nous n’en savons rien et rien n’est annoncé à Los Angeles.
La catégorie des “jeux hyper attendus qui ne sortiront peut-être jamais” a un Saint Patron incontournable : Half-Life 3. Voilà un jeu qui n’existe pas et qui a déjà bien plus fait parler qu’une immense partie des jeux finalisés, commercialisés et déjà oubliés. Il faut dire que Half-Life a sacrément marqué son époque. Le nouvel épisode est donc fantasmé et à chaque fois évoqué. Toujours chez Valve, Portal 3 est en train de prendre le même chemin, d’autant que des déclarations récentes font largement penser que le projet est plus utopique qu’envisageable.
Entre nostalgie et doux rêves
“Mais pourquoi certains jeux deviennent-ils de légendaires arlésiennes ?” La bonne question !
Dans le cas de gros hits au développement chaotique, comme Final Fantasy XV, la réponse est très simple : on a adoré le ou les précédents épisodes et on attend le nouveau sans faillir mais en se plaignant tout de même.
Paradoxalement, ces arlésiennes sont souvent des suites fantasmées de premiers volets qui ont été des jeux de niche, marquants profondément leurs joueurs sans être de grands succès. Les monstres de l’époque ont tous eu leur suite finalement, à quelques exceptions près (Half-Life, toujours lui). On parle là de Grim Fandango, Abe, Medievil, Heart of Darkness, Virtua Fighter, Beyond Good and Evil et même Shenmue.
“Je vous ai compris !”
Ces jeux tant attendus, ces running gags ne laissent pas insensibles les éditeurs. Lancer un nouveau projet est toujours un risque, alors savoir que de nombreux joueurs sont en demande de titres précis, voilà de quoi rassurer.
Le remaster, la réponse tendance
Les joueurs ont été écoutés, mais d’une certaine manière. Là où l’on espérait une suite, il a fallu se contenter bien souvent d’un remaster : la même chose mais en plus beau. Faire du neuf avec du vieux, et ça marche fort. Les succès de The Last of Us Remastered puis de Crash Bandicoot N-Sane Trilogy a ouvert les vannes. Spyro, Medievil, Grandia, Day of Tentacle, Grim Fandango, Fable… Ils ont tous eu, ou vont avoir, leur édition remaster. Les deux derniers en date, et pas des moindres, ne sont autres que Crash Team Racing et Warcraft III.