Au début de votre carrière, une personne vous inspirait-elle en particulier ?
MC: “Pas vraiment. Mais nous avons toujours nourri une passion pour la moto dans ma famille. Mon père et mon oncle possédaient des motos et ont participé à quelques compétitions amateurs. Je pense que c'est de là que vient ma passion. Mais je n'aurais jamais imaginé pouvoir en arriver là un jour. C'est incroyable. J'ai dû beaucoup travailler pour y parvenir. Peu à peu, ma carrière a pris un tournant très positif.”
Etait-ce une obsession, lorsque vous étiez plus jeune, que d'atteindre le plus haut niveau possible ?
MC: “Absolument pas. Je voulais bien sûr progresser, mais finalement, cela se fait au fur et à mesure. Vous n'arrivez pas à ce niveau en une seule nuit. C'est le résultat de 20 années de travail acharné.”
Quand avez-vous réalisé que vous étiez assez doué pour parvenir jusqu'au sommet ?
MC: “Difficile à dire. Lorsque je regardais le Dakar à l'époque, à la télévision, je me disais toujours : « Ca, c'est pour moi ». Et lorsque j'y ai participé la première année, j'ai découvert une très grande course et je m'y suis tout de suite senti bien. J'ai travaillé dessus progressivement. Il n'y a pas vraiment eu de moment où je me suis dit, « maintenant, j'en suis capable ». C'est venu au fil du temps.”
Qu'est-ce qui rend le Dakar si spécial ?
MC: “Je pense que l'Homme a besoin de se dépasser. Et le Dakar permet le plus grand dépassement qu'il soit. C'est quelque chose de philosophique. Tout est extrême sur le Dakar. Il n'y a pas de demi mesure. Les sentiments que vous éprouvez sur ce rallye vont du pire au meilleur. C'est ce qui le rend si spécial. ”
Qu'est-ce qui vous motive à y retourner, année après année ?
MC: “J'aime cette course. J'ai toujours très envie d'y retourner et de me battre. Je me demande parfois : « Tu as déjà remporté la course quelques fois et tu veux encore y retourner, pourquoi ? » Et la réponse est toujours la même : j'aime être sur ma moto et j'aime la compétition. Bien que gagner ou non n'est pas toujours l'essentiel.”
Le Dakar devient-il plus dur chaque année, avec tous ces jeunes pilotes qui entrent dans la compétition ?
MC: “C'est la vie. Lorsque j'étais jeune, mon but était de battre les pilotes plus âgés, et aujourd'hui, c'est moi le vieux gars que les jeunes essaient de battre ! Mais en fin de compte, je n'ai que 38 ans. Je me sens en forme. Je pense que je suis encore en pleine capacité. Je pilote une moto depuis plus de dix ans maintenant. Je prends les années comme elles viennent désormais.”
Lorsque vous déciderez de vous retirer de la compétition, pensez-vous rester impliqué d'une manière ou d'une autre dans ce sport ?
MC: “Professionnellement, bien sûr. Car la moto ce n'est pas toute ma vie : lorsque j'ai des amis à la maison, nous ne parlons pas vraiment de sport mécanique. Ca m'aide aussi à garder les idées claires. J'aimerais m'essayer aux quatre-roues aussi, mais je sais que ça va être difficile. Vous ne recommencez pas tout à zéro, mais presque. Regardez Stéphane Peterhansel et Nani Roma : ils sont passés de la moto aux quatre-roues, et sont devenus forts avec le temps. Et c'est maintenant au tour de Cyril Despres d'entamer ce même processus. Attendons de voir ce que le futur nous réserve. ”
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