Facebook, Dell, et Yahoo font partie des entreprises les plus puissantes au monde et ont toutes été fondées par des étudiants sur un campus.
© Gabriele Seghizzi/Red Bull Content Pool
Social Innovation

Les dix choses à faire pour rater le lancement de sa startup

L’entrepreneur Jules Coignard, co-fondateur de Circul’R, vous parle des erreurs fondamentales à commettre pour être sûr de se planter en montant un projet. L’idée ? Les connaître pour les éviter !
Écrit par Red Bull
Temps de lecture estimé : 6 minutesPublished on
Pour Jules Coignard, tout a commencé par une rencontre en 2013. À cette époque, ce jeune trentenaire passionné d’océan et originaire de la côte basque fait ses armes chez Airbus, au Mexique. « J’évoluais dans un milieu, l’aéronautique, qui ne me passionnait pas. » se souvient-il. Heureusement, son futur acolyte, Raphaël Masvigner, rencontré chez Airbus, est alors dans le même cas que lui. « C’est notre amour pour l’océan et notre intérêt pour toutes les problématiques qui lui sont liées, comme celle des déchets marins, qui nous ont rapprochés. »
Jules Coignard L’entrepreneur et co-fondateur de Circul'R Jules Coignard, vous parle des erreurs à éviter lors du lancement de votre startup.

Jules Coignard, co-fondateur de Circul'R

© Jules Coignard

Rapidement, les deux amis constatent qu’il est nécessaire de passer par la terre pour régler les problèmes de la mer : « En remontant la chaîne des déchets, on constate qu’ils viennent d’une économie linéaire, qui prend, transforme et jette les ressources. On s’est alors dit qu’il fallait agir pour s’orienter vers une économie circulaire, plus durable et centrée sur une utilisation intelligente des ressources pour vivre dans un monde sans déchets. »
Dès lors, tout s’enchaîne. Après un premier tour du monde de l’économie circulaire en 2014, à la rencontre de 150 startups spécialisées dans ce domaine, les deux hommes fondent Circul’R en janvier 2017. Son objectif ? « Permettre aux organisations de vivre en harmonie avec la nature en proposant trois services différents : la formation, le Club Circul’R (un écosystème monté en partenariat avec le Ministère de la Transition écologique, ndlr.) et le conseil, pour accompagner les grands groupes et les collectivités dans leur transition vers l’économie circulaire. »
Les entrepreneurs Jules Coignard et Raphaël Masvigner ont réalisé un premier tour du monde de l’économie circulaire en 2014, à la rencontre de 150 startups spécialisées dans ce domaine.

Jules et Raphaël Masvigner en Colombie, lors de leur tour du monde

© Jules Coignard

Au quotidien, Jules et ses équipes font ainsi le lien entre les startups (et autres porteurs de projets) et les organisations afin qu’ils puissent co-créer l’économie de demain. Autant dire que l'entrepreneur sait donc de quoi il parle lorsqu’on évoque avec lui les pires erreurs à commettre au moment de monter son projet. Florilège, commenté par Jules.
01

Ne pas penser à son impact environnemental et social

« Ne pas avoir ça en tête aujourd’hui est une énorme erreur, et ce quel que soit le domaine dans lequel tu te lances ! Pour exister dans le monde économique d’aujourd’hui et de demain, il faut contribuer à la transition environnementale et y penser dès le début. Le marché s’oriente vers l’économie circulaire, les consommateurs évoluent, et la législation aussi. D’ailleurs, c’est également le cas des talents. Pour garder ceux de demain au sein de ton entreprise, il faut se positionner très tôt sur ces sujets. »
02

Ne parler de ton idée à personne

« Il ne faut pas s’isoler et ne faire confiance qu’à soi-même. Il existe une technique qu’on appelle celle des 50 cafés (qu’il est possible de remplacer par des Red Bull, bien évidemment, ndlr.) L’idée, c’est simplement de passer un moment avec 50 personnes différentes pour évoquer ton idée, qui va évoluer énormément au fil de l’eau parce que tu vas recevoir des feedbacks différents. Il est d’ailleurs important de rencontrer des gens qui ont des compétences dans le secteur visé, et d’autres qui n’en ont pas, mais qui apporteront toujours quelque chose de particulier. »
Le Club Circul’R est un écosystème monté en partenariat avec le Ministère de la Transition écologique.

Bienvenue au Club Circul'R !

© Idris Lechaptois

03

Choisir un domaine qui ne te passionne pas

« L’entreprenariat, c’est très dur. Il y a des moments de joie intense, mais aussi beaucoup de déceptions. Si tu n’es pas profondément convaincu du bien-fondé de ton projet et qu’il ne te passionne pas, tu vas te fatiguer et ne pas arriver à faire les choses irrationnelles qu’il réclame. Il ne faut pas se lancer dans un projet uniquement parce qu’on pense qu’il va marcher. »
Les fondateurs de la startup de Circul’R Jules Coignard, Raphaël Masvigner posent avec des entrepreneurs sociaux en Afrique du Sud.

Jules, Raphaël et des entrepreneurs sociaux en Afrique du Sud

© Jules Coignard

04

Attendre d’être totalement prêt avant de se lancer

« On apprend en faisant, en avançant, en testant. Il ne faut pas tomber dans l’immobilisme et attendre que tout soit parfait avant de se jeter à l’eau. Ça ne sera jamais le cas. Il y a une phrase qui circule beaucoup dans le milieu entrepreneurial et qui dit « fake it until you make it ». En d’autres termes, il faut mettre les mains dans le cambouis dès que possible ! »
05

S’associer avec des gens dont tu ne partages pas les valeurs

« Pour que ton entreprise marche sur le long terme, il ne faut pas seulement travailler avec des gens compétents. Il faut aussi que ça matche humainement. C’est fondamental. Et c’est ce qui fait qu’avec Raphaël, nous n’avons jamais de profonds désaccords sur les grandes orientations stratégiques de Circul’R. Par ailleurs, je pense qu’il est même nécessaire d’écrire très tôt les valeurs de son entreprise et de les partager avec son équipe. Nous, on l’a fait, et ça nous donne un cap fantastique pour prendre des décisions au quotidien. »
L'entrepreneur Jules Coignard marchent dans les déchets au Sénégal en Afrique du Sud.

En plein coeur de la problématique des déchets au Sénégal

© Jules Coignard

06

Lever des fonds pour lever des fonds

« Est-ce que j’ai vraiment besoin de financements ? Et si oui, pourquoi ? Et quels sont les investisseurs potentiels qu’il faut aller chercher ? Des particuliers, des business angels, des fonds corporate ou des fonds d’investissement ? Voilà les questions qu’il faut se poser très tôt. Il faut avoir une vraie réflexion et une vision de ce qu’on veut faire de ces fonds. Le Wagon, qui fait de la formation digitale, a par exemple attendu 7 ou 8 ans avant de faire sa première levée. Parce que c’était le bon moment et qu’ils savaient ce qu’ils voulaient en faire. Mais attention, ne pas se rendre compte qu’on a besoin de lever des fonds est une erreur aussi. »
07

Recruter quelqu’un sans être totalement sûr qu’il/elle correspond au projet

« Il faut être intransigeant au niveau du recrutement et ne pas avoir le moindre doute. Que ce soit sur la partie des compétences comme sur celle des valeurs. Chez Circul’R, nous avons par exemple développé un process en 5 étapes, au cours duquel on confronte la personne à des cas pratiques, mais où on l’invite aussi à manger avec l’équipe. Ça peut paraître lourd, mais c’est très important. »
08

Avoir peur de déranger les gens

« En étant insistant, on fait fuir certaines personnes. Mais lorsqu’on ne l’est pas assez, on passe à côté de beaucoup d’autres. Si tu as peur de relancer les gens et de les embêter, ça ne va pas fonctionner. D’ailleurs, moi-même, je me rends compte que je finis toujours par répondre aux gens qui insistent ! »
09

Ne pas donner assez de vision à ses équipes

« Transparence et projection. Voilà les maîtres-mots. Il est nécessaire que les gens avec qui tu travailles sachent où tu veux mener ta startup dans les mois ou les années à venir. Ils ont besoin d’un cap. Il faut donc construire cette vision et la communiquer régulièrement. Et puis, ça permet aussi de clarifier les choses pour toi. Ça te donne des priorités. »
10

Se décourager après une mauvaise nouvelle

« Emotionnellement, un entrepreneur fait toujours le yoyo. Il peut avoir le moral dans les chaussettes dès qu’il reçoit une mauvaise nouvelle et être la personne la plus heureuse du monde dès qu’il en reçoit une bonne. L’erreur, c’est donc de ne pas prendre de recul et d’être victime de ces fluctuations. Il faut apprécier le chemin parcouru et se dire qu’on avance, globalement, dans la bonne direction. »