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Les 9 films sur la culture Hip-Hop à voir absolument

© 8 Mile
Entre documentaires calibrés à propos de la scène rap et même court-métrage fictionnel sur le prétendu pacte de Snoop avec le diable, tour d’horizon des œuvres indispensables de la culture Hip-Hop.
Écrit par François GrazPublié le
En matière de thématique rap, on ne peut pas dire que le 7ème art regorge d’une foule de pépites, bien au contraire. Cependant, quelques œuvres se démarquent au niveau de leur contenu, leur réalisation, ou tout simplement car ce sont des ovnis filmiques. L’occasion de découvrir et redécouvrir les immanquables à mater de toute urgence.

1. 8 Mile

Bon okay, on commence par le film cultissime de tout passionné de Hip-Hop. Mais force est de constater que même 18 ans plus tard, le long-métrage mettant en scène Slim Shady n’en reste pas moins une valeur sûre du genre. Dixit l’artiste, le pitch de « 8 Mile » est semi-autobiographique. On retrouve donc Eminem dans le rôle-titre, celui d’un jeune rappeur en devenir qui va se heurter à l’univers impitoyable des battles de rap, sur fond de misère sociale à Détroit.
Bien loin des poncifs du genre, le film de Curtis Hanson dépeint le rap comme un moyen de s’évader face à la galère quotidienne. Ajoutons à cela une scène de battle finale absolument épique dont la tension permanente ne laissera personne indifférent ainsi qu’une bande son solide (Mobb Deep, Nas, Gangstarr, OutKast, Ol’ Dirty Bastard) et on obtient un classique. Et puis, c’est aussi l’occas’ de se passer « Lose Yourself » en boucle non ?

2. Something from Nothing : The Art of Rap

Parmi la myriade d’œuvres qui analysent le processus créatif des artistes, le documentaire d’Ice T et Andy Baybutt figure en tête de liste. Comment s’y prennent les rappeurs pour composer leurs lyrics ? C’est à cette interrogation que Something from Nothing : The Art of Rap tente de répondre au gré d’interviews des figures de proue du rap US, des années 80 jusqu’à aujourd’hui. Au lieu de se focaliser sur une mouvance en particulier, Ice T décortique aussi bien le Gangsta Rap que le Dirty South en passant par le Crunk.
Mais la vraie force du documentaire, c’est la qualité de ses intervenants. Entre légendes du mouvement West Coast (Dr Dre, Ice Cube, Snoop Dogg…) G.O.A.T du Hip-Hop (Eminem, Kanye West…) ou encore fins paroliers (Mos Def, Rakim, Common, Royce da 5'9"…) chacun dévoilant sa technique ainsi que ses influences. En bref, un bon moyen de devenir incollable sur la scène rap made in USA.

3. Tupac : Resurrection

Malgré son titre qui laisse davantage penser à un film d’horreur se déroulant sur la côte ouest, « Tupac : Resurrection » s’avère être le meilleur documentaire à propos du rappeur tragiquement disparu en 1996. Produit par Amaru Entertainment, la pellicule relate les 25 ans de Makaveli, de son enfance difficile dans les quartiers de East Harlem, son ascension fulgurante au sein de la scène rap en passant par ses nombreux démêlés judiciaires.
Là où le documentaire se distingue des autres, c’est grâce à sa narration. En effet, le spectateur est guidé par la voix de 2pac himself sur fond d’images d’archives durant près de deux heures. Aucun autre intervenant ne cause, si bien qu’on finit par penser que le rappeur s’est effectivement barré sur la même île déserte que Kurt Cobain et John Lennon.

4. Notorious B.I.G

Autre poids lourd du rap (sans mauvais jeu de mot) Christopher Wallace a aussi eu droit à quelques incursions filmiques, plus ou moins réussies. Sorti en 2009 soit 12 ans après sa mort, Notorious B.I.G constitue à ce jour le seul est unique biopic sur la vie de Biggie. Outre son succès dans les salles obscures, (20 millions de dollars de chiffre d’affaire en un week-end d’exploitation tout de même) l’acting incroyable deJamal Woolardrend un bel hommage au rappeur de New York.
Autre point positif, la bande son du film, qui comprend une multitude de tracks de l’artiste (Juicy, Hypnotize, Kick in the Door…), pas mal de démo inédites ainsi que le titre « One More Chance / The Legacy Remix » enregistré pour l’occasion parFaith Evans et le fils de Biggie, CJ Wallace. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire : « If you don’t know, now you know. »

5. Nas : Time is Illmatic

19 avril 1994. Pour beaucoup, cette date a marqué au fer rouge l’univers du Hip-Hop. Nasir Jones, jeune rappeur issu de la scène rap de Queensbridge droppe son premier album « Illmatic », et laisse une empreinte indélébile dans l’histoire du rap. Salué par la critique, le disque est produit par la crème des beatmakers, à savoir DJ Premier, Pete Rock, Q-Tip et Large Professor. Présent sur deux pistes, AZ fait office de seul et unique feat du projet.
Et c’est justement sur la genèse de cet album mythique que se concentre le documentaire de l’artiste graffeur One9, « Nas : Time is Illmatic ». Les images d’archives sont entrecoupées du témoignage de Nas quant à la conception du skeud, et de son retour dans le quartier qui l’a vu grandir. Un bon moyen de comprendre la mécanique d’un projet qui, 26 ans après, reste intemporel.

6. Block Party

Une minorité de personnes sur terre peuvent se targuer d’avoir réussi à attirer Kanye West, Mos Def, Common, Talib Kweli, Erykah Badu, Big Daddy Kane ou encore les Fugees au sein du même concert. Le stand-upper Dave Chappelle fait partie de ce cercle très fermé. Comme son nom l’indique, le film shooté par le fantasque Michel Gondry revient sur le déroulement de la plus prestigieuse fête de quartier jamais organisée, celle de Clinton Hill.
Été 2004, Dave Chappelle a une idée folle : créer un évènement gratuit qui mêle humour et musique en plein Brooklyn, et surtout qui réunit le meilleur de la scène Hip-Hop afro-américaine. Durant 90 minutes, on suit donc les préparatifs de ce show hors du commun, non sans la touche comique qui le caractérise. Block Party est une œuvre rare et plus encore, une véritable déclaration d’amour au Hip-Hop.

7. Underdogs

Fruit de la rencontre entre Téo Frank, jeune réalisateur français de 18 ans et Mason Strehl, manager des artistes Awon, Phoniks, Tiff the Gift, et Dephlow, le documentaire Underdogs met en lumière l’esprit underground du Hip-Hop. On suit donc la rencontre entre le cinéaste et ces rappeurs / beatmakers membres du label indépendant Don’t Sleep Records.
Musique · 1 H 5 Min
Underdogs
Underdogs, c’est une ode à ces quatre artistes natifs de la Maine et de Virginie, pour qui le Hip-Hop est avant tout une philosophie de vie. Entre session sampling d’un titre de jazz et kickage à l’ancienne sur du boom-bap, le documentaire nous plonge aux racines de la culture rap. Un retour aux sources à regarder impérativement.

8. Murder Was The Case

Actif dans le game depuis maintenant 30 bonnes années, Snoop Dogg s’est également essayé à l’acting dans de nombreuses œuvres du 7ème art. Sa toute première apparition filmique date de 1994, pour le court métrage Murder Was The Case, sous la houlette du co-fondateur de Death Row Records, Dr Dre. Le pitch ? Après avoir été abattu par une bande rivale, Snoop revient d’entre les morts pour se venger suite à un pacte avec le diable.
Au-delà de son scénario totalement wtf, le court-métrage est accompagné d’un excellent soundtrack. On retrouve ainsi une flopée de rappeurs West Coast tels que Dr Dre et Ice Cube sur le traumatisant « Natural Born Killaz », Tha Dogg Pound sur « What Would U Do ? » ou encore le trop rare Sam Sneed avec « U Better Recognize ». Preuve s’il en fallait une, que le rap et le 7Eme art sont étroitement liés.

9. Straight Outta Compton

Ice Cube et Felix Gary Gray, c’est une collaboration qui dure depuis 1995, avec la comédie culte « Friday ». Alors lorsque l’opportunité s’est enfin présentée au réalisateur en 2012, celui-ci n’a pas mis longtemps avant de donner son accord. Résultat, un biopic réussi sur le groupe phare du mouvement gangsta rap et des nominations à la pelle aux différentes cérémonies ciné.
Il faut dire que Dr Dre, Ice Cube, Eazy-E, DJ Yella et Mc Ren sont interprétés à la perfection par la distribution (dont O’Shea Jackson Junior, qu’on confondrait presque avec son père). Quand la réalité se mêle à la fiction, le très controversé Suge Knight a été condamné à 28 ans de prison pour le meurtre du producteur Terry Carter, survenu sur le plateau de tournage de Straight Outta Compton. C’est ce qu’on appelle le karma.