Wintersports
Nico, comment tu expliquerais en quoi consiste ta discipline à un enfant ?
Alors, c’est simple : l’idée générale, c’est d’aller le plus haut possible en se propulsant à l’aide du half-pipe, de faire les trucs les plus fous possible… et d’espérer arriver en bas en un seul morceau ! (rires) Et la beauté de ce sport, c’est qu’il n’y a pas de règles ! Tu n’as par exemple pas de temps imparti pour boucler ton run. Le but, c’est vraiment de transformer le half-pipe en terrain de jeu et de faire ce que tu veux dedans.
Mais comment fait-on pour évaluer la qualité d’une performance ?
Alors, un run est jugé sur cinq critères qui déterminent ton score : l’amplitude, la difficulté, la variété, l’exécution et la progression. L’amplitude, c’est la hauteur à laquelle le rider va. La difficulté, c’est la complexité des tricks tentés. La variété, c’est la diversité des choses proposées durant tes runs. L’exécution, c’est la qualité des figures - est-ce que, par exemple, tu as laissé ta main traîner sur la neige ou est-ce que tu t’es assis à la réception d’un saut - et enfin la progression, c’est pour le côté innovant de ton run. La façon dont tu repousses les limites du sport.
Et comment se déroule une compétition typique ?
Généralement, on a une vingtaine de participant(e)s au départ. Tout le monde passe par une phase de qualifications en faisant deux runs, et c’est le meilleur des deux qui compte. Puis, le top 10 va en finale et chacun(e) fait alors trois runs. Là aussi, c’est le meilleur qui compte, tout simplement !
Tous les half-pipes sont-ils identiques ?
Alors, chacun fait 6,7 mètres de hauteur et la longueur peut varier d’une dizaine de mètres, mais elle se situe autour de 250 mètres. L’idée, c’est d’avoir toujours la rampe maximale pour performer et s’entraîner.
D’ailleurs, faut-il impérativement avoir un half-pipe à disposition pour s’entraîner ?
Ah oui. Tu peux faire d’autres petites choses, comme du trampoline ou des sauts au-dessus d’un gros airbag dédié, mais la majeure partie de l’entraînement se fait dans le half-pipe.
Pourquoi as-tu commencé ?
Parce que ça a été immédiatement très fun et que j’ai rapidement eu envie de progresser.
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Nico's rewind
Freeskier Nico Porteous tells us how winning is more than nailing a few tricks on the day.
Pourquoi faut-il s’y mettre, ou au moins regarder des contests ?
Je pense que les gens devraient vraiment assister à des compétitions. Ça procure des sensations folles. Les tricks que nous faisons sont perfectionnés depuis des années et c’est un sport qui implique de gros risques, mais aussi de grosses récompenses. Il n’y a vraiment pas grand-chose entre une blessure sévère et un atterrissage parfait. Bref, c’est très excitant !
Quel âge/niveau faut-il avoir pour se lancer ?
Je dirais qu’il faut être un expert avec quelques années d’expérience pour se lancer, même si je m’y suis mis, personnellement, à 7 ans (rires). Disons qu’il faut quand même bien contrôler ses skis. Bien sûr, il y a une partie relativement plate en bas du half-pipe, donc vous pouvez commencer à vous entraîner là. Mais si le simple fait de skier la rampe vous fait peur, je pense qu’il ne vaut mieux pas vous y mettre.
Tu as encore peur, toi, même à ton niveau ?
Oui, c’est effrayant. Mais tu t’habitues. Plus tu pratiques, plus ça devient normal. Mais oui, on vit avec la peur. Principalement parce qu’on repousse toujours plus loin les frontières de la discipline.
Faut-il avoir un matériel particulier ?
Oui, mais surtout au niveau des ski et des chaussures. On porte donc des chaussures racing et nos skis, qui sont des « Twin Tip » (avec des courbes symétriques à l’avant et l’arrière, ndlr.), doivent être très rigides pour résister aux forces G. Ils ont également des carres très affûtées, comme les modèles de course.
Un trick emblématique de la discipline ? Et ton préféré ?
Je dirais que le trick standard est le double cork 1260. Soit deux backflips et trois rotations et demie en un seul saut. Et le mien ? Disons un simple « straight air » qui consiste à aller très haut. Contrôler un saut pareil, c’est un tricks en soi ! L’atterrissage demande beaucoup de technique et de force.
Comment tu décrirais ton style ?
Technique, je dirais. Mais j’aime aussi la pureté des choses simples !
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En ski ou en snow, les participants de la première édition du Red Bull Infinite Lines à Avoriaz ont lâché leurs plus beaux tricks. Retour en vidéo sur les plus beaux tricks du Red Bull Infinite Lines!
Peux-tu nous citer quelques légendes de ton sport ?
Tanner Hall, Simon Dumont et Candide Thovex.
Comment le fait d’être un spécialiste du half-pipe va t’aider pour Red Bull Infinite Lines ?
Honnêtement ? Je pense que ça ne m’aidera pas (rires). Mais j’ai grandi en pratiquant d’autres disciplines et ça, ça va m’aider. En tout cas c’est totalement nouveau pour moi et je suis super excité !