Le surfeur Sebastian Steudtner sur une vague de Nazaré par le photographe de surf Rafael Riancho.
© Rafael G. Riancho
Surf

Emporté par la houle

On s'est posé avec l'un des meilleurs photographes espagnols pour discuter de Nazaré, de sa passion pour le spot portugais et de son amitié avec des surfeurs comme Fred David et Justine Dupont.
Écrit par Jeremías San Martín
Temps de lecture estimé : 5 minutesPublié le
Rafael González de Riancho, plus connu sous le blase de Rafa Riancho, est un nom qui est apparu à plusieurs reprises sur vos profils si vous êtes un amateur de surf. Originaire de Santander en Espagne, il est l'un des meilleurs photographes du spot portugais de Nazaré. On a discuté avec lui pour comprendre cette passion pour les vagues géantes.
Comment un photographe de Santander se retrouve à faire des photos de vagues à Nazaré ?
Je photographias surtout les vagues de Cantebria, notamment La Vaca et Santa Marina, mais aussi dans le nord de l'Espagne. Et un jour, j'ai débarqué à Nazaré. Une fois sur place, j'ai découvert l'incroyable potentiel photographique et la véritable "boite de surprises" que ce spot représente. Du coup, j'ai décidé d'y aller plus souvent.
Mes photos ont eu une grande répercussion. La distance entre Santander et Nazaré est courte, donc je me tiens au courant des prévisions météos pour y aller au bon moment.
Peux-tu nous décrire le quotidien à Nazaré ?
Dans mon cas, c'est très répétitif, j'ai une vraie routine. J'y vais à chaque fois avec la volonté de bien faire mon travail. Il faut se réveiller tôt pour profiter de la lumière. Et en fonction des prévisions, je m'organise. Quand un grand swell approche, les cracks du surf arrivent. C'est toujours stimulant.
Quelle relation as-tu avec les surfeurs professionnels ?
C'est simple. Quand des grands noms du surf viennent, je suis très motivé pour prendre des photos. On parle d'une petite communauté de spécialistes. Tout le monde se connait et je m'y suis intégré. J'ai noué de réelles amitiés grâce à Nazaré. Tu vis des moments incroyables et marquants. Je peux te citer les dates, les détails, je vis vraiment ces moments avec enthousiasme.
Dans cette communauté, les gens sont accessibles. Comme Axi Muniain. Il est toujours prêt à aider. Il m'a réellement permis de mieux me connaitre et de progresser.
Justine Dupont et Fred David sont de très bons amis. Je suis en contact avec d'autres surfeurs, comme Sebastian Steudtner, Maya Gabeira, Rafael Tapia. On se retrouve souvent très tôt au Faro de San Miguel Arcángel.
Il y a certaines personnes qui sont plus difficiles à atteindre, mais ce n'est pas une majorité. On va tous dans la même direction.
Combien de fois es-tu allé à Nazaré l'en passé ?
Tellement de fois (rires). Je préfère ne pas compter. Mais à chaque fois, c'est une nouvelle expérience. La ville de Peniche est proche aussi. Il y a beaucoup de choses à voir.
Nazaré, c'est un spectacle qui laisse sans voix. Sur certaines sessions, on peut être 30 ou 40 photographes du monde entier. Et il n'y a pas un bruit. On contemple en restant bouche bée.
Comment sont organisés tes voyages ? As-tu déjà pensé à t'y installer ?
Je voyage en voiture, je réserve un hôtel où je me sens chez moi. À chaque fois, j'y vais très sereinement, je suis bien préparé.
Je n'ai jamais pensé à déménager à Nazaré. Même si parfois j'arrive chez moi avec la peur de devoir repartir dans l'instant pour ne pas rater de bonnes vagues. C'est une période de cinq mois entre octobre et mars qui passe très rapidement.
Sur certaines sessions, on peut être 30 ou 40 photographes du monde entier. Et il n'y a pas un bruit. On contemple en restant bouche bée.
Rafa Riancho
Rafael Riancho est l'un des meilleurs photographes de Nazaré, spot de surf big wave au Portugal.
Rafa Riancho, le photographe fan de Nazaré
Si tu devais garder un seul souvenir de Nazaré, ce serait quoi ?
C'est difficile d'en garder qu'un. Mais les jours où je n'ai pas l'espoir pour faire de belles photos, quand il n'y a pas de visibilité, qu'il pleut ou que la mer est agitée, peuvent être pleins de surprises finalement. Par exemple, je me souviens d'une vague surfée par Justine Dupont cet hiver. Il n'y avait plus personne et ça faisait 5 heures qu'elle était dans l'eau. J'ai adoré photographier ce moment.
Quelle est ta routine à Nazaré ? Tu te poses dans un endroit fixe ? Tu as des manies, des secrets ?
Je me réveille tôt pour être attentif aux prévisions. Il y a beaucoup d'endroits à Nazaré, avec des cadres différents. La taille des vagues influe, tout comme la marée et d'autres facteurs.
Je ne me pose jamais dans un lieu fixe. Je change dès que je peux, il faut être actif. Il faut trouver la photo parfaite dans un cadre idéal. Et pour ça, il faut bien chercher.
J'emmène des batteries de rechange et tous mes accessoires. Je vérifie tout le temps mon matériel, ça c'est une vraie manie. Ensuite, il faut avoir de la patience. Il faut être prêt à attendre 5 ou 6 heures.
Quel marque utilises-tu ?
Nikon. Je travaille avec un D800 en ce moment. Je peux photographier avec un 300 mm. Mais tu peux t'en sortir avec un 200, un 400 ou un 500 mm sans problèmes. Je n'utilise pas de tripode, mais un monopod.
Quand as-tu commencé à prendre des photos ?
Quand j'étais gosse. Je me suis passionné pour les Super 8 mm des années 60 et 70. Je suis allé faire des études à Madrid en 1974 et ensuite j'ai étudié le cinéma ensuite. J'ai finalement travaillé dans le domaine de la production.
Plus tard, je me suis concentré sur la photo. Il y a 10 ans je dirais. J'ai commencé par faire des photos de surf. C'est drôle, j'ai rencontré pas mal de personnes de ma génération - j'ai 62 ans - qui surfaient. Au début, ce n'était pas ma passion et maintenant, tu peux voir que ca l'est ! Il y a ce coté esthétique dans la photo de surf qui me passionne.
J'ai travaillé quelques années avec mon frère Juan (qui bosse à la Galería Siboney de Santander), dans le monde de l'art et de la création. Je tente de trouver de la beauté dans les vagues ou dans les mouvements du surfeur.
Pour réussir, il faut savoir garder cette enthousiasme. C'est fondamental. Dans un endroit comme Nazaré, il faut être humble. On se sent petit. Je suis entouré d'excellents photographe du monde entier. C'est essentiel de travailler avec les meilleurs.