Le rap français vit une ère particulièrement riche depuis cinq ans : certifications en pagaille, stades remplis, artistes ultra-populaires… Si la concurrence est rude, le nombre d’auditeurs en constante augmentation permet aux artistes de se faire connaître. Pour pousser ces profils prometteurs à émerger, Red Bull agit comme un levier en organisant une rencontre humaine et artistique entre quatre d’entre eux : Red Bull Spinner.
Présentation
- Pseudo : SLK
- Explication du nom : « Dans mon quartier, un oncle à moi avait une Mercedes SLK, je l’ai empruntée, j’ai fait une gaffe avec. Ça s’est entendu dans la cité et ça m’a blasé comme ça » Y a pas à dire, nos quartiers ont du talent
- Âge : 19 ans
- Localisation : Villeneuve-la-Garenne (92)
Les débuts
Contrairement à de nombreux jeunes de sa génération, SLK n’a pas baigné dans le rap depuis tout petit. Originaire du Congo, il a longtemps eu une préférence pour la musique du pays. « Le rap, c’est venu plus tard. À la base, j’écoutais de la rumba congolaise ». C’est par le biais de ses grands-frères qu’il finit par poser une oreille sur le travail d’artistes hip-hop, notamment Eminem. Les sonorités lui plaisent et petit à petit, il devient auditeur de rap.
Reste à savoir comment il passe du statut de simple auditeur à celui d’artiste. Adolescent, SLK se retrouve en studio avec pour seul envie de passer du bon temps avec ses amis. « J’ai bien aimé l’atmosphère des studios, les séances, tout ça. C’est ce qui m’a donné envie de rapper. Mes potes me poussaient à y retourner, ils me disaient que j’avais un petit truc ». Repéré par le biais de freestyles Instagram, il se professionnalise progressivement et finit par se prendre au jeu : « c’est devenu sérieux à partir du moment où j’ai commencé à faire 100 000 vues, sur le clip de « On t’alimente 3 ». J’ai senti qu’il y avait un petit truc à faire ».
Ses influences
Deux écoles presque opposées ont construit la personnalité artistique de SLK. Auditeur de rumba congolaise à l’origine, il en conserve un certain sens de la mélodie : « je suis un mélomane de ouf, j’aime vraiment ça, c’est dans ça que je me sens le plus à l’aise ». Pourtant, ses références dans le rap sont à des années-lumière de ce genre très rythmé. Quand on lui demande de citer un rappeur français, il évoque LIM, l’un des principaux représentants du rap de rue des années 2000, au style très direct et agressif. Il existe cependant un lien entre ces deux mondes opposés : la Sexion d’Assaut, un groupe qui a beaucoup marqué SLK et qui représente un bon compromis entre musicalité et rap.
Aujourd’hui, SLK multiplie les connexions avec les artistes d’Affranchis Music. Il a par exemple participé aux émissions Planète Rap de Soolking et de Sifax, en plus d’avoir enregistré un featuring avec ce dernier. « Sifax, pendant un moment, il a traîné dans mon quartier ». Heuss l’Enfoiré, lui aussi de Villeneuve-la-Garenne, a également collaboré avec SLK sur le titre « Kalitada » : « c’est un mec de mon quartier, la connexion est logique, c’est naturel. Tout est lié ».
Son morceau-phare
Mélodieux malgré son discours plutôt street, le titre 22 témoigne de la multiplicité des influences de SLK. Dans le clip, on aperçoit le rappeur au beau milieu d’un point de vente en train de faire de la guitare, une manière de représenter l’ambivalence entre le décor dans lequel il évolue et ses aspirations artistiques. Extrait de son dernier EP intitulé On t’alimente, le titre 22 correspond bien aux envies actuelles du rappeur, et constitue un bon avant-goût de ce qu’il devrait produire par la suite.
Le freestyle
Pour ce onzième épisode de Red Bull Spinner, SLK se retrouve face à des artistes aux profils très variés : Romy Rose est une chanteuse qui se définit comme girly ; Joysad, jeune rappeur de Périgueux, a connu une belle percée depuis deux ans ; et enfin, Di-Meh est un expert des sessions freestyle grâce à son parcours avec la 75e Session et la SuperWak Clique. SLK débarque avec un texte inédit, « écrit spécialement pour ce freestyle ».
Proposée par TBC, l’instrumentale de ce freestyle tend vers la drill, avec des percussions typiques du genre, mais elle laisse la porte ouverte à une interprétation plus mélodieuse. « Je m’attendais à une prod plus rythmée, pas trop dans un mood triste. Mais je l’ai bien prise quand même, ça m’a sorti de ma zone de confort ».
La suite
Après son premier EP, « On t’alimente », publié en octobre 2021, SLK compte poursuivre sa marche en avant et annonce « un très gros projet à suivre très bientôt ». Un clip avec Liim’s (Q.E Favelas), extrait de ce futur projet, sera bientôt disponible.