L'Hawaïenne Carissa Moore est devenu la plus jeune championne du monde de surf en 2011.
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Surf

Ces questions que vous n'osez pas poser sur le surf

Vous ne connaissez rien au surf et vous avez peur que vos questions soient ridicules ? Pas de panique, on est là pour y répondre.
Écrit par Red Bull France
Temps de lecture estimé : 7 minutesMis à jour le
Vous êtes à la plage, allongé sur votre serviette Bob l'Éponge et vous observez l'océan, tandis qu'un groupe de surfeurs tente de dompter les vagues déchaînées. À ce moment-là, vous vous dites : mais comment ça marche ? Quelles en sont les règles ? Pourrais-je, un jour, tenir debout sur une planche ? Contrairement à ce que vous pourriez penser, ces interrogations sont loin d'être bêtes et nous allons y répondre, avec l'aide d'Adrien Valero, professeur émérite et ancien membre de l'équipe de France de surf.

Comment fait-on pour tenir debout sur une planche ?

Le surfeur professionnel portugais, Tiago Pires, debout et en l'air lors d'une session de surf.
Tiago Pires, debout et en l'air
Tout de suite on se dit « avec un peu d'équilibre », ce qui est juste, mais selon Adrien, il y a d'autres paramètres à considérer : « Au risque d'en énerver certains, je combats l’idée de voir l’équilibre comme unique vecteur de performance. Il y a forcément besoin d’équilibre, mais cela ne suffit pas à faire un bon surfeur. C’est avant tout le bon placement des pieds sur la planche qui fait la différence, ajouté à la vitesse bien entendu. D'ailleurs on peut comparer le surf au vélo, puisque sans vitesse, on tombe. Et cette vitesse il faut savoir la créer, afin de pouvoir appréhender, dans un second temps, le bon moment pour se lever. Donc pour résumer, il y a certes une question d'équilibre, mais aussi de positionnement et de vitesse à prendre en compte. »

Est-ce que pour surfer il faut être un bon nageur ?

Le surfeur pro Sud-africain Jordy Smith nage dans l'eau lors d'une session de surf au coucher du soleil.
Jordy Smith dans l'eau
Pas besoin d'être aussi agile qu'une truite, mais vous devrez au moins savoir agiter les bras et les jambes pour vous sortir de l'eau, confirme Adrien : « Bien évidemment, il faut savoir revenir au bord. Pour autant, vous n'avez pas besoin d'être un nageur hors pair. D'ailleurs, la plupart du temps, les surfeurs sont de très mauvais nageurs. Tout simplement parce qu'ils sont habitués à rester cambrés, et à regarder droit devant. Or le crawl exige d'être droit comme un piquet, et de regarder le fond. Au-delà de cette comparaison, il y a également d'importantes différences techniques entre ces deux disciplines. »

C'est quoi un « goofy » ?

La surfeuse professionnelle Carissa Moore n'est pas une goofy mais une regular, c'est-à-dire qu'elle surfe avec le pied droit à l'avant.
Carissa Moore n'est pas une goofy mais une regular, par exemple
« Goofy » un terme anglais, comme 99% des autres expressions qui constituent le jargon du surf, signifiant « dingo ». Rien à voir cependant avec son usage dans le surf : « Un goofy c'est un surfeur qui met le pied droit à l'avant de la planche. À l'inverse, il y a le surfeur regular, qui met le pied gauche à l'avant. Dans les deux cas, le surfeur est toujours de profil, afin d'atteindre ce qu'on appelle le « stance », soit le positionnement égal et idéal selon votre corps. »

Combien de temps ça dure une planche de surf ?

Un board designer travaille sur une planche de surf.
Un board designer
Une planche, comme n'importe quel équipement, ça s'use. Avec un degrés de résistance relatif à la qualité initiale du matériau : « Tout dépend des modèles et de leurs usages. Il existe des planches techniques et très légères, qui vont durer un an maximum, selon la fréquence de votre activité (quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle). Par exemple, un surfeur qui s'entraîne énormément sur ce qu'on appelle des tubulaires, va user sa planche bien plus vite et peut même la briser dès la première vague. Ensuite, les appuis vont forcément altérer la rigidité, à force de prendre des chocs. Au final c'est très variable, on peut garder sa planche 15 jours comme 10 ans ou 20 ans. »

Est-ce qu'il y a des points communs entre le skate et le surf ?

Le surfeur brésilien Gabriel Medina envoie un aerial lors d'une session de surf.
Un aerial, spécialité brésilienne
Au-delà d'une simple comparaison esthétique ou culturelle, les deux sports se pratiquent - presque - de la même manière, à quelques différences près : « Comme le surf, le skate oscille entre la vitesse et l'équilibre, en plus d'un travail sur les appuis, qui est d'autant plus visible avec les modèles Carver par exemple. Que ce soit pour tourner ou jumper, le corps est sollicité de la même manière. Enfin on peut tout simplement dire que le surf est, forcément, moins urbain que le skate, avec tout ce que ça implique en termes de modes et d'habitudes. »

Comment ça marche, le système des points, en surf ?

Des juges notent la performance d'un surfeur lors d'une compétition de surf à Jacksonville aux États-Unis.
Un jury à Jacksonville
Il faut savoir que le surf évolue constamment, et son barème aussi : « Si l'on devait vulgariser, disons que les critères de notation sont établis en fonction des manœuvres répertoriées. En sachant qu'il y en a de nouvelles chaque année, il est impossible d'être exhaustif et de tenir un catalogue précis. Disons - pour faire simple - que plus les figures effectuées sont spectaculaires, plus elles gagnent de points. Ce processus fait suite à une récente démocratisation des compétitions de surf, devenues avec le temps plus accessibles et plus regardées. Par conséquent, il faut que le surf soit spectaculaire. Pour ce qui est des chiffres, une épreuve dure entre 15 et 25 minutes, un temps durant lequel chaque surfeur dispose d'un nombre illimité de vagues pour faire ses preuves. À la fin, seules les deux meilleures manœuvres sont comptabilisées et jugées. »

C'est quoi la figure de surf la plus connue ?

Le surfeur professionnel Sud-africain Jordy Smith, prêt à se faire un tube lors d'une session de surf.
Jordy Smith, prêt à se faire un tube
On a tous l'image d'un surfeur s'engouffrant sous une vague. Et bien cette vision colle plutôt bien avec la figure la plus populaire, à savoir la tubulaire : « Le tube est de loin la figure la plus connue, indémodable malgré les années. C'est une valeur sûre, qui est souvent très bien récompensée. S'il fallait en ajouter une deuxième, ce serait l’aerial. Qui consiste à décoller - littéralement - au-dessus de la vague. Un geste très technique et spectaculaire, que maîtrise pleinement la jeune génération, en particulier les brésiliens. »

Comment devient-on surfeur professionnel ?

L'Australien Mick Fanning a mis fin à sa carrière de surfeur professionnel il y a un an.
Mick Fanning, un pro, un vrai
Il n'existe pas de DUT surfeur, mais en revanche, il existe des écoles spécialisées. Sinon, il vous reste tout bonnement l'apprentissage libre, à condition de travailler très dur : « Pour passer professionnel, comme dans n'importe quelle autre discipline, il faut beaucoup travailler, ça va de soi, mais aussi une sacrée dose d'ambition. Dans le cas précis du surf, il faut aussi voyager énormément, car l'approche du surf varie d'un pays à l'autre. En ce sens, le fait de voir différents horizons, différentes techniques de surf permet de cultiver et d'enrichir sa pratique personnelle. À l'inverse, il faut éviter de rester dans son pays, même si c'est plus confortable. »

On peut surfer en hiver ?

Le surfeur pro australien Julian Wilson s'envole sur sa planche lors d'une session de surf en hiver.
Julian Wilson en hiver
Et non, les surfeurs ne sortent pas qu'en été (heureusement pour eux). Bien au contraire puisque les sessions sont, apparemment, plus appréciables en hiver : « On peut parfaitement surfer l’hiver, grâce au matériel qui ne cesse de s'améliorer. L'amélioration considérable des technologies et des équipements permettent de ne plus du tout avoir froid dans l’eau. Chose impensable il y a encore quelques années, où les combinaisons étaient de mauvaise qualité. Parallèlement, il faut savoir que les vagues sont bien meilleures en hiver, en tous cas pour les surfeurs confirmés. »

C’est qui le plus grand surfeur de tous les temps ?

Surf : L'Américain John John Florence est l'un des meilleurs surfeurs hawaïens de sa génération.
John Florence
Le surf a le mérite d'avoir, très tôt, mis les surfeuses au même niveau que les surfeurs. Un souci de parité qui a permis de voir émerger autant de grands champions que de grandes championnes : « Le plus grand, sans être original, c’est Kelly Slater. Ne serait-ce que pour son nombre de titres incalculable. Côté surfeuses, Stéphanie Gilmore est, selon mois, en passe de devenir l'une des plus grandes surfeuses de tous les temps. »