Musique
Swiss Selecta : La tracklist de Basile en 6 titres
Le premier disque qu’il a acheté, le meilleur morceau suisse ou encore sa bande originale préférée ; session selecta avec Basile.
Contrairement à ce que l’expression populaire « Y’a pas le feu au lac ! » laisse sous-entendre, le Léman peut s’embraser lorsqu’il se teinte de couleurs orangées dues aux reflets du coucher de soleil et…quand Basile et Pat organisent une soirée sous la bannière « Le Feu Au Lac ». Ayant émergé aux abords des rives veveysanes, le concept vise à promouvoir la scène électronique locale ainsi que ses artistes émergents. Derrière les platines depuis 2018, Basile se mue en inépuisable digger ; Italo-Disco, Boogie, Disco, Soft-Rock, Zouk, Reggae, Bubble-Gum, Synth-Pop, Kwaito et Ambient se conjuguent lors de ses sets. Ceci dit, une sonorité en particulier a toujours eu les faveurs du DJ de 27 ans : « Mon grand amour, et le genre que je joue le plus souvent, ça reste tout de même la house des années 90. Néanmoins, quand j’en ai l’occasion et que je sens que le public y est réceptif, j’adore m’aventurer dans plusieurs genres différents, tout en maintenant une cohérence. C’est une façon de mixer à laquelle j’aspire énormément, avec beaucoup de variations et de surprises ! ».
Toujours rayon surprises, « Le Feu Au Lac » s’offre une date au Montreux Jazz Festival le mercredi 9 juillet prochain, un immense honneur pour les helvètes : « Une soirée sous le signe de la disco, l’italo-disco et la house, pour laquelle on a vraiment hâte. C’est un peu notre highlight de l’année ! En tant qu’enfants de la Riviera, le Montreux Jazz c’est plus qu’une institution, c’est véritablement notre rendez-vous annuel où l’on a passé nos plus belles soirées. En attendant, focus sur la tracklist de Basile en six titres. Morceaux choisis.
Le premier disque que tu as acheté ?
« Étant d’origine italienne, je suis assez vite tombé sur la grande période des seventies avec des artistes comme Umberto Tozzi, Ornella Vanoni, Pino Daniele… puis Adriano Celentano via son album « Svalutation ». En défrichant davantage, j’ai découvert « Che Cosa Ti Farei », un énorme missile disco à presque 140bpm qui m’a tout de suite fait kiffer. Quelques mois plus tard, j’ai visionné le Boiler Room de Jolly Mare, un dj et producteur italien. Il se trouve qu’il a justement joué cette track de Celentano et ça a été le déclic. Je me suis dit qu’il fallait que je m’achète mon premier disque, chose faite via la plateforme en ligne Discogs.
La track parfaite pour commencer ton set ?
« 10th Street Assembly – Shadows Of The Past » et plus particulièrement le Flying Mix ! J’ai tout de suite su que ça allait être de la bombe en me renseignant sur le groupe quand j’ai appris qu’un de ses des membres n’était autre que Dennis Ferrer, une légende de la house, tout droit venu de NYC. C’est une track que j’ai déjà pas mal joué et qui réunit tout ce que j’aime dans la house : Une voix bien soulful, des drums groovy, un piano chaleureux et une basse bien grasse.
Dans certains cas et selon le mood, je trouve cool de débuter mon set avec une track qui a une intro, ce qui permet de switcher légèrement le rythme de la soirée, mais aussi de marquer la transition et ainsi prendre le temps d’applaudir le/la dj d’avant.
En plus de ça, c’est clairement le genre de morceau assez abordable et catchy qui permet d’amener directement une bonne énergie sur le dancefloor et donne envie de danser ».
Ta bande originale préférée ?
« Celle qui m’a le plus touché dans sa globalité, c’est très certainement « Blade Runner Blues » de Vangelis, issu du film Blade Runner de 1982.
Avant tout, le long-métrage m’a profondément marqué. Je l’ai regardé à l’âge de 17 ans, et je me souviens avoir été énormément touché par l’énergie du film, les décors, et surtout la B.O de Vangelis. Encore aujourd’hui la justesse avec laquelle le compositeur grecque a réussi à produire ces morceaux, je trouve ça dingue. La track porte d’ailleurs bien son nom puisqu’elle représente ce sentiment de blues et de mélancolie, imprégné d’une touche très sci-fi digne des films de cette époque, avec des synthés modulables ultra spatiaux ».
Le meilleur morceau suisse ?
« Give You » de Djaimin, et plus particulièrement le dream sequence mix.
C’est une track sortie en 1992 sur le label Maniak Records puis par après sur le légendaire label Strictly Rhythm. Ce son je l’ai découvert via mes parents, qui ont souvent dansé dessus dans les clubs romands durant les nineties et qui me l’ont fait écouter par la suite. « Give You » a réellement fait rayonner la musique suisse romande à l’international.
Le mix dream sequence résulte d’une collaboration avec Mr Mike, autre figure de la scène house helvétique. C’est de loin pas la version la plus connue de cette track, et surtout un mix complétement fou avec une intro ultra planante de plus de 4 minutes ! Sans oublier les quelques notes acid iconiques et super catchy qui ont contribué au succès du morceau ».
La piste à envoyer aux aliens ?
« Stay With Me » de Miki Matsubara, pépite city-pop !
Ce genre musical apparu dans les 70/80s est selon moi d’une richesse culturelle immense car il a été influencé par des styles occidentaux tels que le soft rock, funk, synth-pop, disco, jazz, tout en s’inscrivant dans un cadre japonais urbain et moderne. C’est un style qui était relativement mainstream à l’époque où il est sorti, mais avec la montée en puissance de YouTube, il a rapidement refait surface à partir de 2015 auprès des nouvelles communautés niches internet attirées par l’esthétique retro et lo-fi de cette période.
Je trouve que la track représente de manière très fidèle cette bipolarité humaine entre la tristesse et le bonheur, qui sont très souvent corrélés et se retrouvent ici à travers des paroles tristes interprétée avec joie. C’est donc le morceau idéal à envoyer aux aliens, parce que comme expliqué en intro, il a été influencé mais a également influencé, 40 ans plus tard, différentes cultures à travers le monde. Miki Matsubara est malheureusement décédée très jeune, ce qui a alimenté grandement l’aura et la portée de ses quelques sorties ».
La track qui a eu le plus d’impact lors de tes sets ?
Sans hésitation, « Gadjo – So Many Times » !
Je me souviens l’avoir joué une première fois en club en 2021 à la réouverture des boîtes en Suisse après la pandémie, et avoir été étonné de l’effet qu’elle avait eu.
Alors en 2022, lors de ma première date au Montreux Jazz, je n’ai pas hésité et je l’ai balancé à nouveau en fin de set. Ça a été et ça reste à ce jour l’un des plus beaux moments de ma vie, tout le monde avait les bras en l’air, sautait, rigolait et chantait ; je n’ai jamais revécu un truc aussi intense en live.
Cette track est un sans-faute. Elle a une énergie si solaire, qui se transmet aisément ! Les lyrics sont super catchy et à la fois un peu cheesy, mais c’est ça qui plait autant à mon avis. Le son est un bon mélange entre une house soulful classique des 90s et un hit ultra kitsch des 2000s.