F1

MAKING OF: Red Bull Racing au col du Saint-Gothard

Quels ont été les défis majeurs? Red Bull Racing et Sébastien Buemi racontent comment l’essai sur la Tremola les a obligés à sortir de leur zone de confort.
Écrit par Justin Hynes / Red Bull Racing
Temps de lecture estimé : 3 minutesPublished on
Il ne fait aucun doute que depuis des années, notre équipe de live démo s’est attaquée à de nombreux challenges. Depuis Max à l’assaut de la neige et du verglas du Hahnenkamm de Kitzbühel dans son bolide jusqu’à David Coulthard qui a exposé notre RB7 au sable et à la chaleur du Wadi Rum en Jordanie, nous avons transformé en piste tous les terrains imaginables. Mais le tout dernier défi semble être le plus difficile jamais posé.

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Making of The Pass - Twisting Roads

Au premier abord, envoyer un bolide sur un col de montagne suisse, ça ne paraît pas insensé. Mais lorsque cette route, dans notre cas la Tremola, est une voie historique faite de pavés glissants et bordée de murs de pierre pouvant atteindre huit mètres de haut, l’entreprise se révèle un véritable test d’adhérence au sol, de maîtrise du volant et pour les nerfs.
C’est pourquoi nous avons contacté l’homme qui, en plus d’être familier de la région, sait ce que ça veut dire de conduire sous pression: l’ancien pilote de F1 et champion WEC et de Formule E Sébastien Buemi.
Construite entre 1827 et 1832 sur l’emplacement d’une ancienne route alpine déjà utilisée par les Romains, la Tremola relie Airolo au col du Saint-Gothard. Elle serpente sur 12,7 km et se hisse, virage après virage, à 2106 mètres d’altitude. La plupart des automobilistes évitent de nos jours les pavés de la Tremola et y préfèrent le tunnel du Saint-Gothard.

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Donut at Lago della Piazza

Mais ça aurait été trop facile pour nous. Et Sébastien ayant bravement relevé le défi, nous avons chargé notre RB8 deux fois championne, direction la Suisse – un pays où les courses automobiles sont interdites depuis le tragique accident de 1955 au Mans.
Pour que Sébastien bénéficie des meilleures conditions possibles, l’équipe a dû se tirer du lit au petit jour, les préparations ayant commencé à 4 heures du matin. Ils furent accueillis par des températures glaciales et une fine couche de neige qui a heureusement fondu dès les premiers rayons de soleil. L’équipe a donc décidé de monter les pneus pluie. Malgré cela, les risques étaient nombreux, comme l’explique Mark Willis, coordinateur de la support team.
Les basses températures, l’humidité et les pavés compliquent substantiellement l’adhérence au sol, dit-il. Un seul de ces éléments serait déjà un défi. Combinez tout ça et ajoutez par dessus le marché des virages serrés et une mauvaise visibilité dans un bolide de F1 et la situation devient inconfortable même pour un pro comme Sébastien. Il a bel et bien été sorti de sa zone de confort.
Mark Willis, Support Team Coordinator
Séb Buemi

Séb Buemi

© Jarno Schurgers / Red Bull Content Pool

La lumière vive du soleil n’a rien arrangé puisque ça a impliqué qu’on ne pouvait pas filmer entre 12 et 14 heures. Ce qui impliquait à son tour que Sébastien devait être prêt à démarrer dès que la lumière était bonne.
On avait devant nous deux gros défis: la route et la météo, indique Sébastien. La route était tellement étroite que j’ai dû mettre la voiture de travers dans les virages et le froid était tel qu’il y avait de la neige sur le sommet le matin. Ça n’a pas été facile. Une voiture de Formule 1 n’est pas faite pour des virages comme ceux de la Tremola et le fait d’être assis aussi bas ajoute encore de la difficulté au parcours.
Sébastien Buemi
Pour finir, Séb a effectué plusieurs passages du col, chacun aves des accélérations limite pour une route en lacets cahoteuse, accompagné de drones et de voitures suiveuses équipés de caméras. À 20 heures, juste avant le coucher du soleil et la chute des températures, l’équipe a rangé ses affaires. Séb est venu à bout de la Tremola, les prises sont dans la boîte et l’un des défis les plus épineux a été relevé avec succès.
Faire quelque chose qui nous oblige à sortir de notre habitat naturel, nous et les bolides de F1, c’est super, dit Willis. Avec les basses températures et l’altitude, on a dû commencer par faire quelques parcours d’essais pour arriver à comprendre comment la voiture réagit à l’environnement. Une fois compris, on a pu adapter notre routine aux circonstances. Tout ça s’est fait dans un paysage absolument époustouflant où de nouvelles perspectives s’ouvraient à chaque virage. Ce qui veut dire qu’une très longue journée a passé très vite.
Mark Willis, Support Team Coordinator
Le dernier mot revient à Sébastien:
Ça a été une expérience incroyable dont je n’aurais jamais pu rêver. Cette route est unique et chargée d’histoire. En Suisse, les courses automobiles sont interdites depuis des années. Avoir la chance de conduire un bolide de F1 sur le sol suisse, sur l’une des plus belles routes, c’était incroyable. C’est quelque chose que je n’oublierai jamais.
Sébastien Buemi