Elias Giselbrecht est un motif et un photographe - ici à Bilbao, Espagne.
© Elias Giselbrecht
Parkour

Elias Giselbrecht : le freerunning (et la photo) en pratique

Elias Giselbrecht est photographe et athlète de parkour. Avec ses potes, l’Autrichien explore les villes à la recherche de son prochain exploit… pour la beauté du mouvement.
Écrit par Simon Schreyer
Temps de lecture estimé : 4 minutesPublished on
Vu de l’extérieur, le parkour pourrait faire penser à une manière de fuir en toute élégance. Mais pour Elias Giselbrecht, c’est un art du mouvement… et une source inépuisable de photos à couper le souffle, bien entendu. Développé par le soldat Raymond Belle dans les forêts autour de Paris, le parkour a été transposé à l’environnement urbain des banlieues dans les années 90 par son fils, David Belle. « Je m’entraîne en salle pour maîtriser mes tricks et runs, afin de les exécuter ensuite en plein air avec le plus de réalisme et d’engagement possible », précise Elias.
Photographe Elias Giselbrecht

Photographe Elias Giselbrecht

© Alexander Zalokar

Né en 1998, Elias Giselbrecht a grandi dans le quartier viennois d’Ottakring. Passionné de gym, il découvre le parkour à l’âge de 14 ans. Avec son crew, le Revo Cult, il s’entraîne d’abord en salle avant d’investir les rues de Vienne (Autriche). Il fait ses premiers pas dans la photo avec le reflex numérique de son père. Aujourd’hui, il utilise un Sony Alpha 7 IV. Son père, architecte, lui a transmis cette capacité à voir les bâtiments remarquables et les structures qui sortent de l’ordinaire. Elias travaille sans relâche pour son art : « Pour le montage, il m’arrive souvent de passer des nuits entières devant mes écrans avec du hip-hop instru bien lourd dans les oreilles. Je me perds dans un tunnel sans fond mais, quand j’en ressors, il y a souvent ce moment magique où les couleurs sont parfaites et la composition totalement équilibrée. En bref, c’est ma vision devenue réalité. »

Superman

Le Français Charles Auguste sur un parking près du Prater de Vienne.

Le Français Charles Auguste sur un parking près du Prater de Vienne.

© Elias Giselbrecht

Break, parkour ou danse contemporaine ? Difficile de trancher parfois, surtout dans le cas du Français Charles Auguste. Elias : « Ce passement d’obstacle de Charles sur une main vient du break et illustre parfaitement son style très singulier. » Cette photo a été prise en 2024 sur la Skylight-Bubble d’un parking près du Prater, à Vienne. Du pain béni pour l’objectif d’Elias.

Ville de lumière

La freerunneuse et grimpeuse salzbourgeoise Denise Pirnbacher à Paris.

La freerunneuse et grimpeuse salzbourgeoise Denise Pirnbacher à Paris.

© Elias Giselbrecht

Le quartier parisien de La Défense est bien connu de la communauté de parkour. En 2018, Elias a eu le coup de foudre pour cette grue et s’est associé à la freerunneuse et grimpeuse Denise Pirnbacher, de Salzbourg. « Pour ce genre d’escalade, je choisis les moments où la ville dort. »

Même pas peur

Dennis K., artiste de parkour de Mannheim, la tête en bas à Vienne.

Dennis K., artiste de parkour de Mannheim, la tête en bas à Vienne.

© Elias Giselbrecht

L’ordre règne en maître dans le centre-ville de la capitale autrichienne. Mais quand ils arrivent en ville, Elias et ses amis envoient valser les codes, comme l’illustre ce cliché de 2024 mettant à l’honneur le traceur Dennis K, originaire de Mannheim (Allemagne) et éternel complice d’Elias. Sa devise ? Le trottoir, c’est surfait.

Rondement mené

L'athlète Daniel Heinzl devant la maison Marie-Elisabeth-Lüders à Berlin.

L'athlète Daniel Heinzl devant la maison Marie-Elisabeth-Lüders à Berlin.

© Elias Giselbrecht

L’immense fenêtre circulaire du bâtiment Marie-Elisabeth-Lüders, à Berlin, forme un motif très prisé des photographes de sports urbains. « Je voulais l’aborder sous un angle un peu moins classique, explique Elias. J’aime beaucoup la perspective inclinée et l’ombre projetée de Daniel Heinzl, mon meilleur ami et un athlète exceptionnel. » Ce cliché est allé en demi-finale du concours Red Bull Illume 2023.
Je ne réalise que des figures dont je me sens pleinement capable.
Elias Giselbrecht

Moralité

Pour ce shoot, Elias a attendu 20 minutes, Dennis K. & Amir K. aussi.

Pour ce shoot, Elias a attendu 20 minutes, Dennis K. & Amir K. aussi.

© Elias Giselbrecht

Pour capturer cette image de 2024, Elias a dû attendre vingt minutes qu’un fiacre vienne à passer. Pendant ce temps, les traceurs Dennis K. (à gauche) et Amir K. étaient bloqués sur les toits de Vienne. Elias : « Pour bien me préparer, j’analyse précisément comment tombe la lumière et où se trouvent les meilleures ombres. » Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.

Moment de détente

Simon Weger est connu pour ses combinaisons de parkour et de bloc.

Simon Weger est connu pour ses combinaisons de parkour et de bloc.

© Elias Giselbrecht

Grand ami d’Elias, Simon Weger est réputé pour ses figures mêlant parkour et bloc, à grand renfort de magnésie sur les mains. Lors du Steel City Jam de 2022 (un événement de parkour), il a trouvé un défi à sa (dé-)mesure sur la place de l’hôtel de ville de Linz : sauter du bord d’une arcade à l’autre, ce qui requiert une puissance et une force de préhension exceptionnelles. « La photo capture sa première tentative ; il ne réussira qu’au second essai. »

Chat perché

Amir K. 2014 traîne sur la place Saint-Étienne.

Amir K. 2014 traîne sur la place Saint-Étienne.

© Elias Giselbrecht

Souple comme un chat, Amir K. a escaladé ce lampadaire près de la cathédrale SaintÉtienne (Vienne) en 2014. « On a d’abord dû tester la solidité de la partie recourbée pour éviter, primo, de la casser et deuxio, de se blesser en tombant », raconte Elias. Une phase de préparation essentielle au parkour. Si tu en doutes, la photo est bien réelle. Elias refuse de faire appel à l’IA : « Cela fausserait la valeur de la performance. »