Au fil des récits d’explorateurs aux XVème et XVIIIème siècles, les principes du surf voyagent. Et ce sont finalement l’écrivain Jack London et surtout le nageur et champion olympique Duke Kanahamoku, Américain mais originaire d’Honolulu, qui vont populariser cette pratique à l’international. Mais au cœur du Pacifique, le surf n’a cessé de faire partie du patrimoine culturel. Un patrimoine dont s’est d’ailleurs nourri le Français Kauli Vaast, lui qui participera aux Jeux Olympiques de Paris 2024 sur son île natale de Tahiti. Spécialiste du board surfing, il maîtrise aussi très probablement les cinq autres types de surf, que voici.
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He’e nalu, ou board surfing
Il s’agit ni plus ni moins de la pratique la plus répandue et la plus proche de celle que l'on connaît aujourd’hui. Son existence remonte (au moins) à 1778 avec l’arrivée du capitaine James Cook sur l’archipel qui documenta cette coutume. À cette époque, quatre types de planches de tailles variables étaient utilisées, certaines pouvant atteindre jusqu’à 5 cinq mètres de long.
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Pākākā nalu, ou canoe surfing
Que ce soit sur une planche ou d’un canoë, les Hawaiiens sont passés maîtres dans l’art de prendre une vague. À tel point que cette pratique, également touristique et destinée à ceux qui sont peu à l’aise à l’idée de monter sur une board, donne aussi lieu à des courses. Chaque 4 juillet, les participants s’élancent de la plage, affrontent les vagues pour atteindre une bouée située au large avant de revenir. Une épreuve physique mais aussi et surtout technique.
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Kaha nalu, ou body surfing
Souvent relégué au second plan par le surf “classique” aux yeux des Européens, le bodysurfing reste une activité importante pour les Hawaiiens. Inimaginable pour les nageurs moyens, cette pratique est référencée dans d’anciens contes et mythes de l’archipel. Comme son nom l’indique, il s’agit ici d’essayer de prendre des vagues à l’aide uniquement de ses compétences en natation et de sa connaissance des vagues.
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Pae po’o, ou bodyboarding
Probablement le type de planche le plus vendu au monde, la solution numéro trois pour occuper les enfants, juste derrière les châteaux de sable et le foot. Le bodyboarding remonte lui aussi à des temps immémoriaux, il est donc impossible de dater précisément son invention. Le principe est simple : prendre la vague tout en restant le torse plaqué à ce qu’on appelle une paipo. Ces petites planches mesurent environ un mètre de long et quarante centimètres de large.
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He’e one, ou sand sliding
Même si la plupart des pratiques liées au surf impliquent d’aller du large vers la plage, les Hawaiiens ont aussi popularisé l’exact opposé. Le he’e one, ou sand sliding (littéralement glissade sur sable), consiste à poursuivre les vagues au moment du ressac pour les surfer à l’aide d’une planche. Originellement, la board n’était pas utilisée, les surfeurs glissaient sur le torse, les bras collés aux flancs. Le sport aurait évolué aux début des années 1900 avec l’addition de la paipo (l’ancêtre des bodyboards), de taies d’oreillers ou de draps.
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He’e pu’e wai, ou river surfing
La mer n’est pas le seul terrain de jeu des Hawaiiens quand il est question de surf. Et comme toute vague est bonne à prendre, ceux-ci vont jusqu’à profiter des différentes crues pour s’adonner au sport roi de l’archipel sur les rivières environnantes. À Hawaï, les fortes précipitations en montagne peuvent mener au déversement de grandes quantités d'eau dans les affluents. Si les conditions sont optimales, cela peut créer des vagues dites stationnaires. Les Hawaiiens ont su tirer avantage de ce phénomène pour créer le he’e pu’e wai, littéralement “surfer les eaux agitées”. Cette pratique a été limitée par les différents travaux d’irrigation entrepris pendant les XIX et XXème siècles et est désormais uniquement possible, de manière naturelle, dans la Baie de Waimea.
Les planches qui défiaient les vagues Hawaiiennes au XVème siècle sont les ancêtres de celles qu’utiliseront les athlètes qui participeront aux Jeux Olympiques de Paris 2024. La coutume d’un petit archipel du Pacifique est devenue un phénomène mondial.