Pendant que les coureurs de cross country se battaient pour les médailles à Paris, les stars de la descente essayaient de sauver leur mojo pendant la longue pause. Vali Höll s'est montrée déstabilisée par les semaines avant le début des championnats du monde. Elle a perdu le rythme, les championnats d'Europe ne se sont pas déroulés de manière optimale (malgré l'argent) et sa confiance en elle serait un peu entamée. Il s'agissait pourtant pour elle d'écrire l'histoire : peut-elle remporter le titre pour la troisième fois consécutive ? Et chez les hommes : adieu au GOAT et une surprenante épreuve de force française...
FEMMES : UN ROLLERCOASTER ÉMOTIONNEL
Il y avait beaucoup de poussière lorsque les dames ont pris la piste du Bikepark Pal Arsinal.
Les coureurs se sont élancés. Les favorites étaient nombreuses : Tahnee Seagrave, la championne d'Europe Lisa Baumann, Nina Hoffmann, qui a remporté la coupe du monde ici l'année dernière, Myriam Nicole, toujours très motivée lors des événements de haut niveau, et bien sûr Vali Höll, qui a des ambitions de hat-trick.
La femme la plus rapide lors des qualifications était Myriam et c'est elle qui a montré la voie : avec une ligne limite, elle a parcouru les 2 kilomètres de piste (et une pente allant jusqu'à 48%) à la limite et s'est installée dans le hot seat. Et elle y est restée un moment... Aucune Monika Hrastnik, aucune Marine Cabirou, aucune Eleonora Farina, aucune Nina Hoffmann ne lui arrivait à la cheville. Et pas non plus Camille Balanche. La championne du monde 2020 a fait une grave chute ici même en Andorre la saison dernière et lutte toujours pour son retour.
Pour Camille, ce sont surtout les effets d'une commotion cérébrale qui l'affectent, et Tahnée en sait malheureusement quelque chose. Mais 2024 est enfin son année charnière. La victoire à la Coupe du monde de Val di Sole a été un énorme soulagement et un boost pour la confiance en soi. Sur le parcours des championnats du monde, elle a dansé sur la poussière, a d'abord été en tête, a perdu dans la section centrale, s'est rattrapée - et a finalement dû se classer deuxième, une demi-seconde derrière Myriam. Argent à Lenzerheide en 2018, argent au Canada en 2019, bronze à Andorre. La jeune femme de 29 ans a encore un compte d'or à régler.
Lisa Baumann, la championne d'Europe fraîchement couronnée, s'est toutefois aussi approchée de l'or. La jeune Neuchâteloise s'est hissée à la troisième place grâce à un run super propre devant Camille.
Et puis : Vali au départ sous un soleil radieux. Nicole et Tahnée à l'arrivée en se tenant la main. Agressive, souveraine, full-in - la jeune femme de 22 ans était en retard, en avance, en retard - et en avance. Après une incroyable bataille, Vali remporte le top spot avec une demi-seconde d'avance. Après 2 titres de junior, maintenant 3 titres d'élite à la suite. 2022. 2023. 2024. Trois ans, une championne du monde. Sensationnel !
HOMMES : UN FRANÇAIS ARRIVE RAREMENT SEUL
Loïc Bruni, le quintuple champion du monde a montré cette année encore qu'il voulait atteindre le sommet. Il a été deux secondes plus rapide que les autres lors des qualifications. Mais c'est quelqu'un d'autre qui tenait la médaille d'or dans ses mains. Celui qui a participé à son 28ème ( !) championnat du monde - et son dernier. L'icône sud-africaine, quadruple champion du monde (la dernière fois à 39 ans) et GOAT incontesté de la descente, Greg Minnaar, a annoncé à l'avance qu'il s'agissait des derniers championnats du monde de sa carrière. Non, l'homme de 42 ans n'a pas remporté le titre une nouvelle fois. Mais il a remis la médaille au vainqueur. A qui ? A un Français...
Andorre est le pays d'adoption de Greg Minnaar - mais pas seulement le sien. Entre autres, Bruni, Amaury Pierron et Loris Vergier résident officiellement dans la région. Amaury a été le premier des trois Français à s'élancer sur la piste. Mais comme tant d'autres après lui, il s'est cassé les dents sur un Anglais : Danny Hart a fait sensation dans le tiers inférieur. Peu importe qui a battu ses temps intermédiaires supérieurs, dans la section finale, l'indicateur est passé au rouge en permanence. Amaury avait un dixième de retard et la jeune star Ronan Dunne une seconde.
Sur la Hot Seat, Danny savait qu'il avait réalisé un bon temps, mais il savait aussi qui se trouvait en haut de la ligne de départ : tout un groupe de Français. Le fait que Benoît Coulanges ait réussi à prendre l'avantage peut paraître inattendu. Le grand Français a pris la tête avec 14 centièmes. Puis Finn Iles est arrivé et a créé une foule encore plus dense dans les premiers rangs : Le Canadien de 25 ans s'est glissé entre Benoît et Danny pour deux très petits centièmes de seconde.
Mais comme c'est le cas en descente masculine : un Français arrive rarement seul. Loris Vergier avait quatre dixièmes de retard au dernier temps intermédiaire, mais 14 centièmes d'avance à l'arrivée. Et Superbruni ? Conduit de manière souveraine, enjouée, radicale et avait 1,8 seconde d'avance - quand il est tombé juste avant l'arrivée. Dix ans après son titre de champion du monde junior, Loris Vergier devient champion du monde élite - et reçoit sa médaille d'or de Greg Minnaar.