Caroline Marks gets chaired up the beach after winning the surfing world title
© Cait Miers/World Surf League
Surf

WSL 101 : votre guide de la World Surf League

De la Big Wave au Longboard Tour, des World Juniors au Championship Tour, découvrez tout ce que vous devez savoir sur la World Surf League.
Écrit par Chris Binns
Temps de lecture estimé : 11 minutesMis à jour le
La World Surf League est un monument du surf. Environ 1 000 surfeurs du monde entier s'affrontent chaque année lors des épreuves de la WSL, sur le Longboard et Big Wave Tour, ainsi que sur les quatre niveaux de compétition en shortboard. En commençant par les Junior Series et les Qualifying Series, disputées dans sept régions du monde, les surfeurs accèdent aux Challenger Series et, si tout va bien, à la plus grande des scènes, le Championship Tour, qui désigne les champions du monde. Comment tout cela fonctionne-t-il ? On va tout vous expliquer.
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Histoire de la World Surf League

Les surfeurs hawaïens Randy Rarick et Fred Hemmings ont fondé l'International Professional Surfers (IPS) en octobre 1976, dans le but de réunir les compétitions de surf du monde entier sous un même nom. Les neuf événements déjà organisés cette année-là ont été pris en compte, ainsi que quelques-uns qui ont suivi et, en janvier 1977, le surfeur australien Peter Townend, âgé de 23 ans, fut le tout premier champion du monde de l'IPS.
Mark Richards surfs at Haleiwa, Hawaii in 1976.

Mark Richards at Haleiwa in 1976

© John Witzig

L'année suivante, la surfeuse hawaïenne Margo Oberg a été la toute première femme championne du monde, aux côtés de son homologue masculin sud-africain Shaun Tomson. L'IPS a couronné des champions du monde jusqu'en 1982, l'australien Mark Richards fut le premier surfeur à imposer une dynastie avec 4 titres remportés consécutivement à partir de 1979. Margo Oberg a remporté 3 titres en 5 ans, entre 1977 et 1981.

Champions du monde de l'IPS

ANNÉE

HOMME

FEMME

1976

Peter Townend

1977

Shaun Tomson

Margo Oberg

1978

Wayne Bartholemew

Lynne Boyer

1979

Mark Richards

Lynne Boyer

1980

Mark Richards

Margo Oberg

1981

Mark Richards

Margo Oberg

1982

Mark Richards

Debbie Beacham

En 1983, l'australien Ian Cairns a créé l'Association of Surfing Professionals (ASP), a persuadé ses homologues de le rejoindre, puis il a transféré les bureaux de la ligue en Californie afin d'attirer des sponsors. Avec davantage de compétitions et une augmentation des gains promis aux vainqueurs, l'ASP a connu une forte croissance dans les années 80 et 90. Comme la plupart des sports, elle a connu des hauts et des bas, et les structures et les formats de la ligue n'ont cessé de changer depuis le début.
Le premier champion du monde de longboard de l'ASP a été couronné en 1986 et le premier titre mondial junior a été décerné en 1998. Avec l'augmentation du nombre de surfeurs compétitifs en shortboard, le circuit a été divisé en 1992 et les surfeurs devaient passer par les World Qualifying Series avant de pouvoir prétendre à un titre mondial sur l'élite du World Championship Tour.

14 min

The Ripple Effect : épisode 2

Le deuxième épisode de la série se penche sur le cas de trois kids de Coolangatta.

En 1999, l'ASP a déménagé son siège social à Coolangatta, sur la Gold Coast australienne, afin de se rapprocher du "Big Three" des marques de surf que sont : Rip Curl, Quiksilver et Billabong. Sous la direction de Wayne Bartholomew, champion du monde 1978, le WCT adopte une stratégie où la qualité l'emporte sur la quantité, et c'est comme ça que l'ère du Dream Tour est née. C'était l'âge d'or du surf et, avec le soutien d'une industrie du surf en plein essor, les compétitions qui composaient son calendrier étaient perçues comme une obligation d'y participer par tous les surfeurs.
Les années 1990 ont également vu l'arrivée sur la scène d'un certain Robert Kelly Slater, qui a remporté son premier titre mondial en 1992, puis cinq titres consécutifs entre 1993 et 1998. À l'instar de Michael Jordan pour le basket-ball ou de Tony Hawk pour le skate-board, la notoriété de Slater a permis au surf de se faire connaître.
Kelly Slater and Andy Irons

Kelly Slater and Andy Irons

© Pat Stacy

Au début des années 2000, la première diffusion en direct sur Internet a été lancée. L'ASP, désormais accessible aux fans de surf du monde entier, a poursuivi son essor, porté par la rivalité entre Kelly Slater et l'hawaïen Andy Irons. Un consortium américain, incluant des membres de l'équipe de Slater, a racheté l'ASP en 2012 et lui a donné une nouvelle image en 2015.

Champions du monde ASP

ANNÉE

HOMME

FEMME

1983–84

Tom Caroll

Kim Mearig

1984–85

Tom Caroll

Frieda Zamba

1985–86

Tom Curren

Frieda Zamba

1986–87

Tom Curren

Frieda Zamba

1987–88

Damien Hardman

Wendy Botha

1988

Barton Lynch

Frieda Zamba

1989

Martin Potter

Wendy Botha

1990

Tom Curren

Pam Burridge

1991

Damien Hardman

Wendy Botha

1992

Kelly Slater

Wendy Botha

1993

Derek Ho

Pauline Menczer

1994

Kelly Slater

Lisa Andersen

1995

Kelly Slater

Lisa Andersen

1996

Kelly Slater

Lisa Andersen

1997

Kelly Slater

Lisa Andersen

1998

Kelly Slater

Layne Beachley

1999

Mark Occhilupo

Layne Beachley

2000

Sunny Garcia

Layne Beachley

2001

CJ Hobgood

Layne Beachley

2002

Andy Irons

Layne Beachley

2003

Andy Irons

Layne Beachley

2004

Andy Irons

Sofia Mulanovich

2005

Kelly Slater

Chelsea Georgeson

2006

Kelly Slater

Layne Beachley

2007

Mick Fanning

Stephanie Gilmore

2008

Kelly Slater

Stephanie Gilmore

2009

Mick Fanning

Stephanie Gilmore

2010

Kelly Slater

Stephanie Gilmore

2011

Kelly Slater

Carissa Moore

2012

Joel Parkinson

Stephanie Gilmore

2013

Mick Fanning

Carissa Moore

2014

Gabriel Medina

Stephanie Gilmore

La World Surf League (WSL) est l'instance dirigeante du surf depuis 2015. Le siège a été déplacé en Californie et, entre la rivalité de Carissa Moore, Stephanie Gilmore et Tyler Wright, l'introduction de l'égalité des gains et les récentes performances de Caity Simmers et Molly Picklum, cela a été une période incroyable pour la progression du surf féminin.
Caitlin Simmers rides the tube at Pipeline during the 2024 Lexus Pipe Pro.

Caitlin Simmers's "first proper Pipe wave", timed perfectly on finals day

© Brent Bielmann/World Surf League

Chez les hommes, c'est une tempête brésilienne qui s'est accaparée tous les titres de champion et l'Hawaïen John John Florence a été le seul surfeur à avoir empêché les Brésiliens Italo Ferreira, Adriano de Souza, Gabriel Medina et Filipe Toledo de réaliser un sans-faute au cours des dix dernières années.
Italo Ferreira, Jadson Andre, Adriano de Souza, Filipe Toledo, Miguel Pupo and Gabriel Medina

The smiling faces of the deadly Brazilian Storm

© Renato Tinoco

Alors que le niveau des futurs talents ne cesse de monter en flèche, la WSL a introduit ces dernières années un certain nombre de mesures controversées, notamment le Mid Year Cut, qui réduit le nombre de surfeurs sur le Championship Tour, et la WSL Finals, un événement d'une journée réunissant les cinq meilleurs hommes et les cinq meilleures femmes, qui se tient à la fin de la saison et qui permet de déterminer le champion du monde.

Champions du monde de la WSL

ANNÉE

HOMME

FEMME

2015

Adriano de Souza

Carissa Moore

2016

John John Florence

Tyler Wright

2017

John John Florence

Tyler Wright

2018

Gabriel Medina

Stephanie Gilmore

2019

Italo Ferreira

Carissa Moore

2021

Gabriel Medina

Carissa Moore

2022

Filipe Toledo

Stephanie Gilmore

2023

Filipe Toledo

Caroline Marks

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Le programme du Championship Tour 2024

Kelly Slater

Kelly Slater in front of a full house at Pipeline

© ASP/Kirstin

Le Banzai Pipeline d'Hawaï, sur la célèbre côte nord d'Oahu, est la vague la plus célèbre et la plus redoutée au monde. Le Seven Mile Miracle, comme on appelle cette partie de la côte, est également connu sous le nom de Proving Ground, et grâce à ses incroyables tubes, Pipeline est un véritable bijou. John John Florence, Jack Robinson et Caity Simmers sont quelques-uns des rares surfeurs de CT qui ont goûté au succès à Pipeline ces dernières années, tandis que Molly Picklum a obtenu la première note parfaite (le 10) du surf féminin, à Pipeline lors d'une journée historique à l'occasion de l'événement de cette année.
Molly Picklum and Jack Robinson after winning the Hurley Pro Sunset Beach

Trophy time for Molly Picklum and Jack Robinson at Sunset Beach

© Tony Heff/World Surf League

Moins dangereuse que Pipeline, mais tout aussi difficile, Sunset Beach offre des vagues en eau profonde impressionnantes. L'une des rares vagues où Kelly Slater n'a jamais goûté à la victoire. Jack Robinson et Molly Picklum ont remporté les titres de Sunset cette année.
Supertubos, aussi connu comme le Pipeline portugais, est l'un des meilleurs beachbreaks et accueille le MEO Rip Curl Pro Portugal dela World Surf League.

Supertubos, légendaire

© ASP/Kirstin

Supertubos, également connu comme le Pipeline portugais, est l'un des meilleurs beachbreaks (les vagues se cassent à gauche et à droite, mais se reforment rapidement) au monde, offrant des tubes aussi larges que hauts dans la petite ville de pêcheurs de Peniche. Griffin Colapinto a remporté l'épreuve pour la deuxième fois cette année, tandis qu'en 2023, João Chianca et Caity Simmers ont tous deux remporté leur tout premier CT à Supertubos.
Bells Beach, still perfect

Bells Beach, still perfect

© Trevor Moran

La plus ancienne compétition de surf au monde, le Rip Curl Pro Bells Beach se déroule dans la petite ville australienne de Torquay chaque année à la période de Pâques depuis 1962, et le palmarès de la compétition réunit toutes les légendes de ce sport. Mick Fanning, Kelly Slater et Mark Richards ont tous remporté quatre fois le trophée et Carissa Moore trois fois, tandis que Gail Couper a ramené chez elle pas moins de 10 trophées féminins !
Italo Ferreira a remporté sa première victoire en CT à Bells en 2018, et s'est rapidement fait tatouer un koala et une cloche sur son biceps.
Kanoa Igarashi performs a turn while surfing in Western Australia.

Kanoa Igarashi flashes his trademark red blade at Margaret River

© Trevor Moran

"The West is best" a longtemps été dit à propos des vagues de la région de Margaret River, et la légende locale Jack Robinson serait le premier à le confirmer, après avoir battu deux fois John John Florence, à Margaret River, en finale. Michel Bourez a remporté sa toute première victoire en CT à Margaret River en 2015, tandis que Carissa Moore a remporté la compétition féminine à trois reprises.
Italo Ferreira rides a wave at the SHISEIDO Tahiti Pro 2024 in Teahupo'o.

Italo Ferreira, ice cold in a blown glass cyclinder

© Matt Dunbar/World Surf League

Teahupo'o, à Tahiti, pourrait bien être la vague la plus dure du monde. Remporté cette année par Italo Ferreira, et dominé dans le passé par Kelly Slater, Gabriel Medina et John John Florence, "The Wall Of Skulls" offre les tubes les plus parfaits, mais aussi les plus mortels, de la planète. Le circuit féminin a rejoint les rangs lors du End Of The Road en 2022, et si la vedette locale Vahine Fierro est en vogue actuellement , Caroline Marks, Caity Simmers et Carissa Moore ont elles aussi été performantes ces dernières années.
Punta Roca – firing in the blazing heat

Punta Roca – firing in the blazing heat

© World Surf League

Relativement nouvelle sur le Championship Tour, Punta Roca, au Salvador, est l'un des spots les plus attractifs de la liste. Griffin Colapinto a soulevé le trophée lors de la première édition de l'événement, tandis que Caroline Marks a effectué le back-to-back, cette année et l'année dernière, pour s'imposer comme la reine de l'Amérique centrale.
Surfer Joao Chianca rides the tube at Barrinha, in Saquarema, Brazil.

João Chianca is a young gun who shone on the day of days at his local

© Felipe Azevedo

Il n'y a pas d'endroit sur le circuit comme Saquarema au Brésil, comme l'a expliqué en détail l'équipe de No Contest en surfant et en fréquentant les légendes locales João et Lucas Chianca. Le palmarès masculin est en grande partie sous dominance brésilienne, sur le tableau féminin ce n'est pas le cas, car Caity Simmers et Carissa Moore ont toutes deux connu le succès à Rio.
Ian Walsh surfe du gros à Tavarua, Fidji

Ian Walsh surfe du gros à Tavarua, Fidji

© Brian Bielmann/Red Bull Content Pool

La nouvelle la plus réjouissante de la WSL depuis longtemps a été l'annonce qu'en 2024, le Fiji Pro fera son retour au calendrier du Championship Tour pour la première fois depuis 2017. L'emblématique Cloudbreak joue les hôtes, une vague qui donne naissance à d'énormes tubes du Pacifique, et qui est aussi parfaite à 60cm qu'à 9 mètres. Kelly Slater a gagné aux Fidji à quatre reprises, tandis que Sally Fitzgibbons est la seule femme à l'avoir remporté plusieurs fois. Jack Robinson et João Chianca, qui ont été incroyables lors de leur premier surf trip fidjien l'année dernière, n'ont pas encore participé à la compétition à Cloudbreak, mais il faudra les surveiller cette année.
La WSL a également annoncé récemment qu'en 2025, les finales de la WSL se dérouleront à Cloudbreak, ce qui vient bouleverser les idées reçues sur les titres mondiaux, après quatre ans passés dans les hautes vagues de Lower Trestles.
The world's most famous A-frame

The world's most famous A-frame

© Trevor Moran

Lower Trestles, à San Clemente, en Californie, a longtemps été surnommé le "skatepark du surf" en raison de ses vagues parfaites : des vagues qui ont suffisamment de punch pour encourager les figures compliquées, mais qui présentent un peu de risques si les choses tournent mal. Griffin Colapinto et Kolohe Andino sont les deux héros locaux, mais Kelly Slater en est le roi, ayant gagné six fois à Trestles.
Carissa Moore, Stephanie Gilmore et Tyler Wright ont tous gagné le concours les années où ils ont remporté le titre mondial, ce qui laisse présager l'annonce de Lower Trestles comme lieu inaugural des finales de la WSL, sur une journée, pour déterminer le champion du monde.
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Règles et règlements

Le WSL Championship Tour est composé de 34 hommes et 17 femmes, auxquels s'ajoutent des wildcards à chaque étape. Bien qu'il faille entre trois et cinq jours pour organiser un événement, en raison de la nature capricieuse des vagues et de la météo, une attente de 12 jours est autorisée si la météo n'est pas clémente, avant de commencer la compétition.
Le premier tour d'un événement met en scène trois surfeurs dans une manche, puis deux seulement, le vainqueur étant qualifié. Les séries durent normalement 30 minutes mais peuvent être prolongées si les conditions l'exigent. Chaque vague est évaluée sur 10 par cinq juges, dont les critères dépendent du type de conditions météo. Lorsqu'une vague est surfée, la note la plus basse et la plus haute deviennent caduques et son score devient la moyenne des notes restantes. Un surfeur voit sa performance notée sur 2 vagues pour faire une note sur 20.
Le Championship Tour compte actuellement neuf événements, à l'issue desquels les cinq hommes et femmes les mieux classés s'affrontent lors des finales Lexus WSL, qui se déroulent sur une journée à Lower Trestles, en Californie, depuis l'introduction du format en 2021. Le dernier homme et la dernière femme en lice sont alors couronnés champions du monde.

Dans cet article

Caroline Marks

The youngest woman to ever surf on the Championship Tour or at the Olympics, America's Caroline Marks rose to the top of her sport in 2023 when she won her first world title.

United StatesUnited States

Italo Ferreira

Ítalo Ferreira started surfing on the lid of a cooler box from his fisherman father and rose to become the first men's gold medallist at the Olympics.

BrésilBrésil

Jack Robinson

Australian surfer Jack Robinson is overdelivering on expectations, but won't be happy until he's hoisted the coveted World Surf League Championship Tour trophy.

AustraliaAustralia

Carissa Moore

United StatesUnited States

Molly Picklum

A natural athlete turned surfing prodigy, Molly Picklum is Australia’s next big thing.

AustraliaAustralia

Caitlin Simmers

After being named the 2023 WSL Championship Tour Rookie Of The Year, US surfer Caitlin Simmers is on a collision course with greatness.

United StatesUnited States

Griffin Colapinto

A high-flying Californian with his sights on the world, surfer Griffin Colapinto is now a regular contender for wins on the WSL Championship Tour.

United StatesUnited States