La blogueuse Anne Dubndidu en session de running avant le marathon de Los Angeles 2018.
© Anne Dubndidu
Marathon

Comment j'ai surmonté les doutes avant un marathon

Anne Dubndidu va prendre l'avion direction Los Angeles pour participer au marathon de la Cité des Anges. Elle s’ouvre sur les doutes et les peurs avant une telle épreuve et donne ses conseils.
Écrit par Anne Dubndidu
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Anne Dubndidu lors d'une séance de running sur la plage avant le marathon de Los Angeles.

L'entrainement au soleil d'Anne Dubndidu

© Anne Dubndidu

Comme chaque année depuis maintenant 4 ans, janvier rime avec le début d’une préparation au marathon. Chaque course est différente. Je n’ai donc pas suivi le même programme pour mes 3 précédents marathons. Celle de Barcelone était, à mon sens, la plus « parfaite ». Malgré mes déplacements, j’ai réalisé sans faute chacune des séances prévues. En effet, ça faisait quelques mois que j’étais diplômée en tant qu’entraineur sportif. J’ai réalisé une partie de mon stage en club d’athlétisme à entrainer de futurs marathoniens. Avec mes préparations, ils avaient tous atteint l’objectif fixé. Tout mon mémoire tournait autour du marathon. Cette distance, je l’adore. Vous aurez beau avoir une « préparation » parfaite, vous ne savez jamais vraiment ce qui va se passer le Jour J.
Mon échec, ma blessure à Barcelone me l’ont vivement rappelé car je l’avais oublié, malgré mon mémoire, malgré ma « casquette de coach ». Lorsque l’on est coureur, on omet parfois d’appliquer nos propres conseils.
C’est pourquoi, pour ma préparation à Los Angeles, j’ai décidé de ne pas me mettre de pression. D’une part, parce que je n’ai eu le droit de reprendre le travail sur piste que quelques semaines avant le début officiel de ma préparation et d’autre part, parce que je savais que j’allais avoir pas mal de travail et de déplacements durant cette période. De même, m’envoler pour Los Angeles demande beaucoup d’organisation (donc de temps). Mon objectif pour ce quatrième marathon ? Le finir sans me blesser et sans marcher.
L'objectif d'Anne Dubndidu pour ce quatrième marathon ? Le finir sans se blesser et sans marcher.

Los Angeles jusqu'aux chaussures

© Anne Dubndidu

Quelle ironie ! J’ai l’impression que je vais courir un marathon pour la première fois, comme pour Paris il y a bientôt 4 ans. Ainsi, j’ai appréhendé ma préparation de manière beaucoup plus légère. J’ai débuté la deuxième semaine de janvier en m’organisant sur 10 semaines (et non 8 comme pour Barcelone). Afin de m’accorder des « joker » en cas de fatigue, si je devais ajouter des déplacements ou si je devais « sauter » une séance.
Une semaine type ressemble à ça :
  • Mardi : fractionné « court » comme 20-30 min d’échauffement, 10x500m (100m recup) 20min de retour au calme
  • Jeudi : fractionné long comme 20-30 min d’échauffement, pyramide 800m > 1000m > 1200m> 1600m > 1200m> 1000m > 800m 20min de retour au calme
  • Dimanche : sortie longue (24 kms)
J’ai normalement suivi la préparation puis je suis allée au Maroc pour ma formation de Yoga où j’ai pu accumuler les kilomètres, m’entrainer au dénivelé , mais pas franchement faire ce type de séances. Mais je n’ai jamais culpabilisé car je savais que s’entrainer différemment, c’était toujours s’entrainer. C’est essentiel de savoir « s’ajuster » et interchanger des entrainements sans se mettre la pression, parce qu'on « rate » une séance.
L’an dernier, une des raisons de ma blessure venait de mes semelles orthopédiques. Elles n’étaient plus adaptées. Bon, soit. Cette année, j’ai pris le taureau par les cornes car j’ai récupéré mes nouvelles semelles 10 jours avant le début de ma préparation. Mon podologue a même mis un supplément de mousse pour mes os fragiles.
Sauf qu’à peine 3 semaines après le début de ma préparation, lors d’un trail nocturne long, ma fracture de fatigue s’est réveillée. Et là, imaginez les doutes qui se sont emparés de moi, tant sur les derniers kilomètres que les jours suivants. Une nouvelle fracture ? Comment était-ce possible ? Honnêtement, je tirais la tronche lorsque je me suis à nouveau retrouvée devant mon médecin du sport à lui expliquer que j’avais mal, que je craignais que ce soit à nouveau une fracture de fatigue, au même endroit tant qu’à faire. Il n’a pas su ce que j’avais exactement. Je me suis à nouveau retrouvé à faire une scintigraphie. J’ai eu de la chance d'avoir un rendez-vous rapide. Je m’imaginais à nouveau en béquilles. Bon je vous rassure, après des examens, il s’est avéré que le problème venait de mes nouvelles semelles « pas assez adaptées ». Résultat, j’ai dû continuer ma préparation avec les anciennes en attendant un nouveau rendez-vous avec mon podologue.
La blogueuse sportive Anne Dubndidu lors de sa préparation pour le marathon de Los Angeles.

Anne Dubndidu garde le sourire

© Anne Dubndidu

Les douleurs ont disparu, aussi vite qu’elles sont apparues. Et heureusement, je n’ai quasiment pas manqué de séances mais, c’était trop tard. Toute la confiance que j’avais retrouvé s’était envolée. En fait, je réalise à mi-parcours à quel point une préparation marathon est une vraie montagne russe. Un jour vous avez de bonnes sensations, le lendemain, vos jambes sont aux abonnés absents… Pire, vous pouvez même vous blesser une nouvelle fois. Je n’ai jamais été autant à l’écoute de mon corps, tellement à l’écoute qu’au moindre bobo, je levais le pied, à la moindre fatigue, je ralentissais.
Après cette fausse alerte, mon manque de confiance, mes doutes ont littéralement parasité chacun de mes runs. Je jetais vite l’éponge, j’écourtais mes séances de fractionné. Je m’entrainais, mais en pariant déjà que n’y arriverai pas. C’est la pire des choses à faire, surtout lorsque vous avez pris ce dossard pour votre revanche, pour votre retour, pour votre confiance, pour faire table rase de vos doutes et de ce qui s’était passé l’an dernier.
La passionnée de course à pied Anne Dubndidu donne ses conseils pour la préparation d'un marathon.

« Mon objectif pour ce marathon ? Finir sans me blesser et sans marcher »

© Anne Dubndidu

J’ai écouté mes doutes et en milieu de préparation, je n’ai pas abandonné, mais je ne me suis pas donnée à fond malheureusement. Février a été un calvaire.
Retrouvez la première chronique d'Anne Dubndidu ci-dessous :