Fitness
Un matin de 1971, dans l’Oregon, Bill Bowerman prend son petit-déjeuner. Alors qu’il s’apprête à déguster ses gaufres, une question le frappe : serait-il possible de fondre des semelles avec le gaufrier ? L’homme va chercher de l’uréthane, du polymère utilisé pour les revêtements, et le verse dans le moule à gaufres. Il obtient un une matière souple, élastique et légère, avec un motif quadrillé en relief : les Waffle Trainer de Nike viennent de naître de la main de celui qui co-fondera la marque à la virgule la même année : Bill Bowerman.
Savant fou ? Innovateur de génie ? Business-man modèle ? À vrai dire, Bill Bowerman est un peu tout à la fois. Mais c’est avant tout un sportif passionné, qui a passé sa vie à tenter d’améliorer sa discipline de prédilection : le running.
Natif de Portland, en Oregon, Bill Bowerman s’intéresse au sport dans ses plus jeunes années. Dès son entrée à l’Université de l’Oregon, en 1929, où il étudie le journalisme. C’est sur les bancs de cette université qu’il découvre d’abord le football, puis l’athlétisme, sur les conseils de l’entraîneur Bill Hayward. Bowerman ne le sait pas encore, mais cette décision va radicalement changer sa vie. Il ne quittera plus - ou presque - cette équipe d’athlétisme.
La course ou rien
Car après avoir rejoint les rangs de l’armée américaine en tant que 2e lieutenant dans les jours suivant l'attaque de Pearl Harbor et avoir combattu sous les drapeaux jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Bowerman n’a qu’une idée en tête : retrouver son université pour y entraîner les jeunes athlètes. En 1948, ce désir devient réalité. En 24 ans, le coach entraînera pas moins de 33 futur athlètes olympiques. Parmi eux, Otis Davis, Steve Prefontaine mais aussi un certain Phil Knight, avec qui Bowerman fondera plus tard l’empire Nike.
C’est pendant cette période que le coach fait la rencontre d’un collègue néo-zélandais qui changera radicalement sa façon de voir la discipline. Son nom : Arthur Lydiard. Pendant les trois semaines du séjour de Bowerman en Nouvelle-Zélande, Lydiard l’emmène courir tous les matins. Les kilomètres augmentent chaque jour pour atteindre les 32 le dernier matin. De retour aux États-Unis, Bill Bowerman a perdu 5 kilos et éprouve un sentiment de bien-être absolu. À son retour aux États-Unis, il propage la bonne parole. « En Nouvelle-Zélande, les jeunes courent, les femmes courent et les vieux courent. Pourquoi ça ne serait pas pareil chez nous? », lance-t-il pendant une interview donnée au journal local de sa ville. Avec Bowerman qui se lance dans la rédaction du livre « Jogging », la discipline s’apprête à conquérir les États-Unis, puis le monde entier.
Une révolution
Un jour de février 1963, le coach réunit quelques curieux pour une séance de running. Quinze jours plus tard, ils sont une cinquantaine. « À la fin du mois, la piste était couverte de personnes avec leurs vêtements du quotidien. Des femmes au foyer, des professeurs, des enfants et même quelques personnes âgées », décrit Bowerman. Peu de temps après, il comprend que les performances et de ces nouveaux joggeurs - mais aussi des athlètes qu’il entraîne - pourraient être considérablement améliorées avec un meilleur équipement. Il se lance en quête du matériau parfait pour une chaussure plus légère et plus souple.
Pendant cette quête, lui qui avait l’habitude de dire qu’une « chaussure doit avoir trois qualités: elle doit être légère, confortable et endurante” expérimente des dizaines de textiles : cuir de kangourou, peaux de cerf, de serpent et même de poissons. Il écrira même à un cordonnier de Portland qu’« aujourd’hui, les meilleures chaussures sont faites par les Allemands. Or le matériau qu’ils utilisent n’est pas si bon. La question n’est donc plus de savoir si j’ai la meilleure basket du monde mais bien de savoir si je peux trouver un bon cordonnier américain pour la réaliser ! ». Il laissera derrière lui huit brevets, sur le placement des pointes et des renforcements pour le talon.
Ma petite entreprise...
À cette même période, le coach est approché par Philip Knight. Celui-ci a pour projet d’importer des baskets de courses japonaises aux États-Unis. L’idée plaît à Bowerman. Alors en plus de lui acheter des chaussures, Bowerman suggère à Knight de devenir partenaires et qu’il fournisse à la marque japonaise ses innovations en matière de design. Les hommes concluent un marché et, peu de temps plus tard, la société Blue Ribbon Sports voit le jour. En 1971, cette société est rebaptisée Nike, dont la Waffle Trainer deviendra l’un des emblèmes.
Pendant 30 ans, Bowerman n’aura de cesse d’améliorer ses produits. D'autres semelles, inspirées de celles du coach, seront ensuite créées. Mais en 1999, celui que le magazine World Runner décrira comme “combinant les meilleures caractéristiques du philosophe, du savant fou et du promoteur du sport”, s’éteint. Mais les millions de joggeurs qui portent ses baskets, eux, continuent de courir et continueront sans aucun doute à le faire.
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