Bike
Bike
Le guide complet du BMX Racing
Alors que le BMX Race ne cesse de se développer, nous avons demandé à la pilote australienne Saya Sakakibara de nous expliquer en détails cette discipline.
Si l’on parle beaucoup du Flat, c’est notamment grâce aux performances hors-normes de Matthias Dandois. Malgré tout, il existe une myriade de disciplines liées au BMX. Aujourd’hui, on s’attarde sur le BMX Racing, devenu un sport olympique aux Jeux de Pékin, en 2008.
01
Tout savoir sur le BMX Racing
Comme le confirme Saya Sakakibara, étant donné la nature imprévisible du déroulement d'une course, celles de BMX sont souvent passionnantes à regarder. Mais pourquoi cette discipline est-elle si folle ? Parce qu'un coureur se mesure à sept autres concurrents sur un parcours de 300 à 400 mètres spécialement conçu à cet effet. Sauts, whoops (séries de bosses) et virages dangereux, les riders doivent batailler pour être le premier à franchir la ligne d'arrivée.
Une course entière ne dure que 30 à 40 secondes, mais des années d'entraînement sont nécessaires pour espérer jouer la gagne. Lors de chaque course en compétition, les quatre qui terminent en tête sont qualifiés au tour suivant, les autres sont éliminés (et ainsi de suite jusqu’à désigner le grand vainqueur).
« Le BMX race en tant que sport est assez complexe », explique Sakakibara. « Il y a tellement de domaines qui doivent être travaillés : de la force et de la puissance en passant par les temps de réaction ou les compétences techniques pour être le plus rapide sur la piste. »
Cette compétence technique abordée ici fait référence à ce que l’on appelle communément pomper, cela permet de perdre le moins de temps possible sur chaque bosse, et c'est la même qui est utilisée par les spécialistes du snowboardcross comme Pierre Vaultier.
3 minutes
Les temps forts du Red Bull R.Evolution
Revivez les meilleurs moments de la mythique compétition de BMX Race : Red Bull R.Evolution.
02
L’histoire du BMX en bref
Le BMX race existe depuis le début des années 1970. « Le BMX a été créé par deux enfants qui aimaient les courses de motocross mais ne pouvaient pas se payer ces machines » explique Sakakibara. « Ils construisaient des pistes de terre et y faisaient rouler leurs vélos, en copiant les techniques de pilotage du motocross. »
Voulant imiter leurs idoles, les jeunes ont commencé a customiser leurs vélos pour booster les performances de ceux-ci. Très vite, les terrains vagues ont été pris d’assaut par cette jeune génération avide de bosses et de virages serrés. Des skateparks sortent de terre, et c’est le début d’un phénomène mondial.
La Californie du Sud, aux États-Unis, est reconnue comme l'endroit où le sport a pris son essor avec des pilotes comme Ron Mackler (qui y a organisé des courses dès 1969) et Scot Breithaupt. Plus que quiconque, Breithaupt a contribué à l'organisation des courses de BMX et à leur développement en Amérique avant qu'elles ne se répandent dans le monde entier.
Quelques années plus tard, histoire de prouver que les eighties, ce n’était pas que le disco, le BMX Race a explosé. Soutenu par la création de plusieurs marques, le sport gagne en notoriété et la fédération de BMX est créée, un an plus tard, les premiers championnats du monde ont lieu. Ce sera ensuite au tour de Steven Spielberg de donner un coup de pouce à la discipline avec la sortie du film E.T. En 1993, le premier championnat du monde estampillé UCI est organisé.
Le design des premiers vélos de course de BMX était basé sur le Schwinn Sting-Ray, un bike doté de roues de 20 pouces. Elles sont encore utilisées aujourd'hui, mais le design du cadre a évolué dans les années 80 pour aboutir à ce que l'on voit aujourd'hui.
03
Et qu’en est-il en 2024 ?
Comment résumer une course de BMX aujourd’hui ? C’est un peu « un carnage » indique Sakakibara. « Il y a beaucoup d'action », poursuit-elle. « Il y a huit coureurs qui essaient de se dépasser et le rythme est si rapide que si vous clignez des yeux, vous ratez beaucoup de choses. Parfois, il faut regarder un replay pour voir exactement ce qui s'est passé. »
Et comme chaque course dure moins d'une minute, le choix du vainqueur dépend souvent de décisions prises en une fraction de seconde par les coureurs.
« Il y a probablement plusieurs personnes dans la même course qui ont les mêmes capacités, mais comme la course est très courte, il s'agit parfois de savoir qui peut être le plus régulier et résister à la pression pour fournir ce dont il a besoin pour l’emporter », explique Sakakibara. « Ce n'est pas toujours la personne la plus rapide qui gagne. »
Du point de vue du rider, Sakakibara affirme que si une course est toujours « pleine d'adrénaline », lorsque les portes de départ s'ouvrent, l'instinct prend forcément le dessus.
04
Et de quoi a-t-on besoin pour participer ?
Tout d'abord, vous devez connaître la différence entre un vélo de BMX freestyle et un vélo de race, comme l'explique Sakakibara.
« Évidemment, la première chose dont vous avez besoin est un BMX », dit-elle. « La différence entre un BMX de race et un BMX classique que vous pouvez trouver dans un magasin, c’est que celui de race a des pneus plus fins et est beaucoup plus bas par rapport au sol. »
Le fait d'être plus bas par rapport au sol réduit la résistance, ce qui vous aide à aller plus vite. Les pneus sont plus fins car, lors d'une course, vous n'avez pas besoin d'autant de traction que sur un vélo de freestyle, où vous pouvez tenter des figures et atterrir à des angles différents et moins stables.
Ensuite, bien sûr, il faut s'assurer que l'on pratique ce sport en toute sécurité. « Vous aurez besoin d'un casque qui couvre votre visage, de manches longues, d'un pantalon long et de gants », explique Sakakibara. « Mais tomber du vélo est moins fréquent qu'en freestyle. En freestyle, vous essayez constamment d'apprendre des figures et vous ne pouvez apprendre qu'en essayant, en tombant et en poussant un peu plus loin vos limites à chaque fois. En race, lorsque vous essayez de nouvelles choses, c'est généralement dans la limite de vos capacités, donc vous ne tombez pas aussi souvent. »
05
Le glossaire des figures
Contrairement au freestyle où ce sont les figures qui comptent le plus, en race, l’essentiel est simplement d’arriver en premier au terme de la course. Peu importe la manière. Cela dit, Sakakibara a répertorié quelques mouvements clés à surveiller, voire à perfectionner quand on roule en race.
« L'une des premières techniques que tout le monde apprend est le pompage », explique-t-elle. « Le pompage consiste à avoir deux roues au sol et à utiliser ses bras et ses jambes comme une pompe pour prendre de l'élan et franchir les sauts. Vous ne pédalez pas, vous déplacez simplement le poids de votre corps pour engendrer plus de vitesse. »
Une fois le pompage maîtrisé, vous pouvez le faire évoluer vers deux compétences fondamentales.
« Avec cela, vous pouvez passer au manual qui ressemble à un wheeling que l’on ferait au-dessus des sauts » explique Sakakibara. « Si vous pouvez bien faire le pompage, cela vous préparera pour les compétences suivantes. »
06
Des noms à surveiller
Voici les rideuses et riders à suivre en BMX race selon Sakakibara :
07
Films
La compétition et la culture BMX ont toujours été un terrain fertile pour les cinéastes. La discipline compte de nombreux films emblématiques réalisés sur les dernières décennies. Nous avons dressé une liste des meilleurs d'entre eux que vous pouvez regarder sur la Red Bull TV.
08
Événements
Ou peut-on regarder une course de BMX ?
« Il faut suivre le circuit international qui est la Coupe du monde UCI », explique Sakakibara. « L'année dernière, nous avons eu les quatre premières manches en Australie, puis il y en a généralement quelques-unes en Europe, et parfois certaines en Amérique du nord ou en Amérique du sud. Toutes les étapes sont retransmises en direct sur YouTube, ce qui permet de voir facilement vos riders favoris. »
09
D'autres disciplines de BMX
Dirt : Dès l’invention du Racing, des petits génies ont eu d'autres envies que leurs concurrents et se sont mis à effectuer des tricks sur chaque bosse. C’est ainsi que dès les années 80, le Dirt est né. Ici, vous pouvez oublier le chrono et la course, on juge les riders sur la qualité des figures réalisées et sur la bonne réception (ou non).
Flat : Autre discipline de freestyle, le Flat, comme son nom l’indique, se pratique sur un sol plat. Souvent comparé à une forme de danse ou à du cyclisme artistique, il s’agit de réaliser des figures en étant (souvent) debout sur le vélo. Si vous avez déjà vu un bike équipé de pegs (barres en aluminium de part et d’autre des roues), c’est que vous êtes tombé sur un accroc du BMX Flatland comme Matthias Dandois.
Rampe : Comme en skate, les rampes sont utilisées pour le BMX. Les riders passent tour à tour et enchaînent les figures de freestyle pour désigner un vainqueur.
Street : Assez similaire à son voisin du dessus, le street se différencie toutefois par l’absence de modules prédéfinis. En street (également appelé Freestyle), on utilise tout ce qui est possible : trottoirs, bancs, barrières etc.
Télécharge ici et gratuitement l’application Red Bull TV pour profiter de nos vidéos, directs et événements de musique et de sports extrêmes sur tous tes écrans !