Le bobsleigh est l’un des sports d’hiver les plus spectaculaires. Alliant vitesse, précision et esprit d’équipe, il séduit grâce à ses descentes vertigineuses sur des pistes glacées à plus de 120 km/h… certains athlètes, comme Valentina Margaglio, le savent bien. Désormais spécialisée dans le skeleton (une discipline proche du bob), l’Italienne était auparavant membre de l’équipe nationale de bobsleigh chez les jeunes.
Si vous n’avez jamais eu la chance de tomber sur une compétition, pas de panique, on est là pour vous expliquer de quoi il retourne. Comme son nom l’indique, à l’aide d’un bobsleigh, sorte de traîneau moderne, les athlètes dévalent des pistes glacées à grande vitesse. Une fois arrivés en bas, le plus rapide l’emporte. Simple, non ? Pas vraiment. La discipline requiert une connaissance parfaite du parcours ainsi qu’une grande coordination entre les membres de chaque équipe. Sans cela, on peut très aisément partir à la faute. Et comme les engins peuvent atteindre les 150 km/h, il vaut mieux éviter.
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L’histoire du bobsleigh
Le bobsleigh s’est développé à la fin du XIXe siècle. Pour une fois, on aborde un sport que nos amis Anglais n’ont pas inventé, puisque le bob vient de Suisse. En 1889, c’est à Saint-Moritz qu’a été organisée la première compétition. À l'époque, les participants s'élançaient sur des traîneaux de bois équipés de lames. En 1914, le sport avait déjà commencé à gagner en popularité, notamment dans les Alpes.
Son nom, bobsleigh (ou bobsled), est tiré des mouvements que font les compétiteurs au fil de la descente. En anglais, “bob” signifie hochement de tête, alors que “sled” désigne le traîneau.
Rapidement, les engins sont modernisés et passent du bois au métal, et en 1923, la FIBT (Fédération internationale de bobsleigh et de tobogganing) voit le jour. Aujourd’hui, elle est devenue la IBSF (International Bobsleigh & Skeleton Federation). Lors des premiers Jeux d’hiver, à Chamonix, la discipline est présente, d’abord en équipe de 4, puis aussi à 2 quatre ans plus tard. Depuis, le format est resté le même.
Autour des années 50, le sport commence à ressembler à ce que l’on connaît aujourd’hui, avec un départ qui prend de plus en plus d’importance pour lancer le bobsleigh à grande vitesse. Ce faisant, de nombreux sportifs, notamment issus de l'athlétisme, découvrent la discipline. Le poids total est également limité, poussant la discipline vers toujours plus de sérieux. Avant cela, la norme était de rassembler une équipe plutôt imposante pour profiter d’une vitesse maximale (certaines équipes titrées pesaient en moyenne 118 kg, par personne).
Au début des années 90, les femmes font leur entrée dans le sport, et 20 ans plus tard, le monobob est reconnu comme discipline olympique.
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Les règles du bobsleigh
On l’a dit, les équipes de bobsleigh peuvent être composées de 2 ou de 4 membres. Ils ont chacun un rôle bien précis : le pilote est installé à l’avant, suivi de deux pousseurs, et à l’arrière, on retrouve le freineur. Pour ce qui est du bob à 2, les pousseurs ne font pas partie de l’équation. Au départ, tous les équipiers poussent le bobsleigh avant de sauter dedans et de rétracter les poignées. Ce moment est absolument crucial, car un retard au départ entraîne un manque de vitesse sur le reste du parcours, il est donc impossible de remonter. En moyenne, 0,1 seconde au départ devient 0,2 seconde (ou plus) à l’arrivée.
Au cours d’une compétition, les équipages font 2 ou 4 descentes, cela dépend de l’organisateur. L’ordre de départ de la première manche est déterminé par le classement mondial (les meilleurs profitent ainsi d’une glace plus fraîche et moins abîmée). Ensuite, ceux qui ont terminé avec le meilleur temps le premier jour partent en dernier. Lors de la 3e descente, les participants partent dans l’ordre du classement (sans inversement donc), et finalement, les 20 meilleurs s’élancent pour la quatrième descente en ordre inverse. Extrêmement simple, non ?
Aujourd’hui, tous les bobs doivent être construits via des matériaux fournis par la fédération internationale, ils sont ensuite inspectés pour vérifier leur conformité. Ils ont un poids minimum et maximum à respecter impérativement.
Pour performer, c’est assez simple : après le départ et la poussée initiale, tout est question de trajectoire. Le bob n’est contrôlé que par le pilote, le freineur et la gravité. Il faut à tout prix rester au centre des virages, car en allant plus haut sur la courbe, on parcourt une plus longue distance (et on perd donc du temps). Au contraire, en allant vers le bas, la force centrifuge faiblit, et on sort plus difficilement des courbes.
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Le matériel
Vous vous en doutez, les “traîneaux” d’aujourd’hui ne sont plus faits de bois. XXIe siècle oblige, la fibre de verre a fait son entrée dans la discipline.
On ne l’a pas précisé, mais pour piloter leur missile, les pilotes tirent sur deux anneaux. Dans les faits, les mouvements sont assez légers, car lancés à 130 km/h, tout geste brusque entraîne un crash. Pour les freins, il s’agit de barres dentelées qui viennent se planter dans la neige. Contrairement à d’autres sports de vitesse, on ne les utilise qu’après avoir passé la ligne d’arrivée.
Le reste de l’équipement est constitué de casques, d’une tenue en lycra réduisant la prise au vent, et de chaussures à crampons renforçant les appuis. Attention : on ne parle pas de crampons de foot, ici il y a 250 pointes au minimum sous la chaussure (oui, c’est beaucoup).
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La préparation physique
Pour faire face aux vitesses folles provoquant jusqu’à 5G, soit l’équivalent de ce qu’un pilote de F1 ressent en plein virage, les bobeurs s’entraînent dur. L’explosivité, la puissance (le bob pèse 170 kilos au minimum) et la préparation sont donc très importantes. Les meilleurs de la discipline sont par exemple capables de courir un 100 mètres en 11 secondes, mais aussi de soulever très sérieusement de la fonte. De plus, comme le poids de l’ensemble de l’équipe compte, même le renforcement musculaire est un travail d’équipe.
Vient ensuite tout ce qui est lié à la synchronisation pour un départ rapide, précis et sans anicroche.
Globalement, les bobeurs enchaînent les sprints sur courtes distances (même jusqu’à 15 et 30 mètres) et les exercices de poussée. Ce sport n’est donc pas seulement extrême une fois sur la piste, mais même en dehors.
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Les grandes nations du bobsleigh
Au fil des années, la Suisse et l’Allemagne se sont imposées comme les deux grandes nations du bobsleigh. Avant elles, lorsque la fédération n’avait pas encore tranché sur les règles de construction des engins, les États-Unis sont parvenus à dominer la discipline grâce notamment à leur ascendant technologique. Et bien sûr, comment ne pas mentionner la Jamaïque, car même si Rasta Rockett est romancé, il s’agit au départ d’une histoire vraie (qui s’est déroulée en 1988).
Hyper spectaculaire et coopératif au possible, le bobsleigh est une discipline dont on parle (à tort) trop peu. Si vous cherchez à vous tester sur l’une des pistes de l’Hexagone, on abordera la question très bientôt.
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