Une MPC, des disques de soul et de funk : aux origines du boom-bap, le son « originel » du rap.
© Red Bull Music
Musique

C’est quoi le Boom-Bap ?

Une MPC, des disques de soul & funk et du groove : aux origines du son « originel » du rap.
Écrit par Shkyd
Temps de lecture estimé : 3 minutesPublished on
Dans une interview pour le magazine « Surface », Kanye West disait « words get in the way of what you really want to say ». C’est vrai : pourquoi utiliser des logiques sémantiques quand parfois les sons ont l’air de parler plus que le sens ? C’est ainsi que des genres de musique se sont vus être baptisés : le be-bop, le cha-cha-cha, le doo-wop, le boom-bap. Boom, c’est le son du pied sur le premier temps, bap, la caisse claire qui lui répond.
En réalité, l’identité rythmique de cette musique est bien plus complexe que ça. Le boom-bap, plutôt qu’un tempo binaire, évoque les boucles de batteries riches en groove et en inventivité, que les DJ et producteurs ont été dénicher dans les bacs à vinyles pour permettre aux rappeurs de poser leurs rimes. Du « Funky President » de James Brown au « Apache » du Incredible Bongo Band en passant par le « Hihache » de Lafayette Afro Rock Band, de nombreuses boucles sont devenues iconiques et donnent aux morceaux une patine « à l’ancienne » automatiquement très identifiable.
Tous les freestyleurs et amateurs d’open mic du monde ont déjà posé sur du boom-bap. Parmi les beats les plus utilisés, on pense évidemment au « Shook Ones » de Mobb Deep ou au « C.R.E.A.M. » du Wu-Tang. Le grain des samplers et des boîtes à rythme ont donné une nouvelle vie à des échantillons qui existaient dans des vieux disques de soul et de funk. De quoi donner envie de bouger la tête avec un air sérieux avant de s'engouffrer dans la ligne D du subway direction Brooklyn, walkman dans la poche, doudoune Chevignon bien fermée.
Quotation
J’ai commencé seul, dans ma MJC, prod sur MPC
Hornet La Frappe
C’est sur ce type de production que Kezah a challengé le rappeur spinassien Hornet la Frappe, connu entre autres pour ses tubes « Taga » et « Je pense à toi ». Non pas sur un seul, mais sur deux beats à base de batteries organiques et de sample de trompette. Une manière de prouver à ceux qui pouvaient douter qu’il est un artiste complet au delà des modernités de l’autotune et des type beats si chers à l’époque.