Le britannique Thomas Pidcock roule lors d'une compétition de cyclo-cross sur un circuit à Ardooie en Belgique en octobre dernier.
© Charlie Crowhurst / Red Bull Content Pool
Bike

Six choses à savoir sur le cyclo-cross

Quand on vous dit cyclo-cross, vous pensez VTT dans la boue. Mais ça va (un peu) plus loin. On a donc demandé à deux pros d'éclaircir tout ça.
Écrit par Red Bull France
Temps de lecture estimé : 5 minutesPublished on
Le cyclo-cross, on sait vaguement qui en fait (on pense à Mathieu Van Der Poel, petit-fils de feu Poupou) et où ça se pratique principalement (en Belgique et en Hollande). Pourtant c'est un sport qui voit son nombre d'adhérents augmenter chaque année, avec un paquet de fervents supporters derrière les barrières. Alors, pour y voir plus clair, on a demandé à Antoine Benoist (coureur qui vient d'endosser le maillot de Corendon Circus) et Caroline Mani (quintuple Championne de France) de nous en dire un peu plus sur cette discipline.
Notez que vous pouvez suivre, en direct, le Championnat du Monde de Cyclo-Cross 2019-2020, sur Red Bull TV.

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1. Un mix entre VTT et vélo de route

On peut dire, grosso modo, qu'un vélo de cyclo-cross est un mix entre un VTT et un vélo de route selon Caroline : « On utilise des pneus étroits et crantés de VTT, mais sur un vélo de route. Imaginez le mélange des deux et vous avez un vélo de cyclo-cross. » Avec quelques ajustements précise Antoine : « Personnellement je roule sur un Canyon, avec quelques modifs entre le pneu et le cadre, pour éviter que la boue ne vienne s’embourber trop facilement (...) Sinon je suis sur un freinage à disques, et je n'ai pas des pneus mais des boyaux (qui varient selon les terrains). Après, comme dans le cyclisme ou le VTT, on fait attention aux moindres détails, comme le gonflage, par exemple, puisque ça se joue à 0,1 g près. »

2. Minimum 1h

60 minutes, c'est la durée minimum d'une course de cyclo-cross : « C'est 1h à bloc. Alors que le VTT peut être plus long, et beaucoup plus technique. » nous confirme Antoine. « En sachant qu'en cyclo-cross, il y a moins de dénivelés (...) Pour ce qui est de la distance, on est sur un circuit de 3 kilomètres maximum. Avec - à mi-parcours - un pit stop où se trouve une équipe de mécanos, prête à nous filer un coup de main lorsque le vélo et trop embourbé. Ce qui arrive très souvent en hiver, qui est la saison privilégiée du cyclo-cross, étant donné que les principaux championnats se déroulent entre septembre et mi-février. »

3. Une (très) bonne ambiance

Bien que le premier championnat de cyclo-cross ait été organisé en France (1950), c'est un sport hyper répandu - et regardé - en Hollande...et en Belgique, où les nombreux spectateurs se montrent très chaleureux à l'égard des coureurs : « Pour les belges, c’est la grande sortie du week-end (...) Le public est vachement plus proche des coureurs, et on fait en sorte d’offrir un beau spectacle au public, qui nous soutient tout au long du circuit (...) Vraiment, c'est un ambiance très conviviale, et ce même entre coureurs. »
Si le cyclo-cross attire autant de monde, c'est aussi parce que c'est un sport agréable à regarder d'après Caroline : « De mon point de vue, je prends plus de plaisir à regarder une course de cyclo-cross qu’une course de VTT (...) Si l'on regarde bien, en général, sur les courses VTT on doit rajouter des obstacles pour que ce soit moins ennuyeux. En cyclo-cross la course est courte, c'est plus compact, et vous avez plus de changements au niveau du classement, ce qui donne aussi plus de suspense.»

4. Ça permet d’être à l’aise sur tous les terrains

Selon Caroline, le cyclo-cross a le mérite d'apporter beaucoup au coureur sur le plan technique : « À mes yeux, le cyclo-cross est un cran au-dessus du VTT. C'est un sport qui permet d’être à l’aise sur les deux vélos. Vous travaillez le côté route, mais aussi l’agilité du VTT, comme on peut le voir chez des champions tels Peter Sagan ou Mathieu Van Der Poel
Le français Antoine Benoist ride dans la boue lors d'une événement de cyclo-cross.

Antoine Benoist dans le dur (et la boue)

© Antoine Benoist

5. Le goût de l'effort

Peu importe la catégorie, le cyclo-cross (comme toute discipline) requiert beaucoup d'efforts et de travail : « Vous commencez Cadet (sur 2 ans), puis vous passez Junior (sur 2 ans aussi) et vous terminez Espoir (sur 4 ans). Après, vous êtes libre. Mais pour en arriver là, il faut s'accrocher (...) Aujourd'hui, en ce qui me concerne, je m'entraîne 15h à 20h par semaine en juillet-août quand il s'agit du foncier. Après seulement je redescends à 8h/10h (...) On est sur des efforts longs, qui permettent d'entraîner le cœur, car le cardio est primordial dans ce sport. »

6. Bientôt à la télé ?

S'il est largement diffusé chez nos voisins belges, on le voit très rarement (pour ne pas dire jamais) sur les écrans français, selon Caroline : « Le souci, en termes de diffusion, c’est que l’on n’est pas (encore) une discipline olympique. De ce fait les chaînes ont du mal à investir par rapport à ça. Après heureusement il y a des lives sur le web, notamment sur Red Bull TV, et ça nous apporte une vraie visibilité, tout en mettant en avant la discipline. »
Maintenant si vous avez envie de vous lancer, sachez que c'est tout aussi abordable que le VTT ou le vélo sur route «Forcément, il ne faut rien lâcher, dans tous les cas le vélo est un sport très dur.» précise Caroline. « Mais ça vaut le coup, il y a des places à prendre, et de quoi se faire plaisir sans trop se prendre la tête. C’est aussi un sport avantageux pour les gens qui sont limités au niveau du temps, car la durée d’un circuit cyclo-cross n’est jamais trop longue. » Bon après, faut aimer la boue.