Le pilote de moto Daniel Sanders a remporté le rallye-raid Dakar 2025.
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Rallye-raid

Daniel Sanders remporte le Dakar : « Je l'ai fait pour KTM ! »

Daniel Sanders entre dans l'histoire en devenant le deuxième Australien à remporter le Rallye Dakar. Après avoir rencontré énormément d’obstacles, sa victoire prouve le pouvoir de la détermination.
Écrit par Paul Keith and Agnes Aneboda
Temps de lecture estimé : 10 minutesUpdated on
Daniel 'Chucky' Sanders est entré dans l'histoire en remportant sa toute première victoire au Rallye Dakar, devenant ainsi le deuxième Australien à remporter la légendaire course tout-terrain. Son triomphe dans l'exténuante édition 2025 n'est pas seulement une victoire personnelle, mais aussi une véritable démonstration de force de Red Bull KTM Factory Racing, marquant leur 20e victoire dans la catégorie Moto et réaffirmant leur domination dans le monde de la course tout-terrain.
Cette victoire a été extraordinaire car Sanders est devenu le premier motard en 16 ans à occuper la tête de la course du début à la fin. Réfléchissant à l'importance de cette victoire, il a déclaré : « J'ai travaillé très dur avec moi-même et avec l'équipe pour faire mieux que l'année dernière. Nous avons appris de nos erreurs et avons établi nos points à améliorer. Je savais que je devais me concentrer sur ce que j'avais à faire pour gagner le Dakar ».
Son triomphe a été particulièrement émouvant compte tenu des défis actuels de KTM : « C'est vraiment énorme ! C'est la première grande course automobile de 2025. Au vu de la situation actuelle de KTM, j'étais très motivé pour gagner pour eux. En cette période difficile, les licenciements d'employés... ça a été dur. Je fais partie de KTM depuis de très nombreuses années. J'ai l'orange dans le sang ! C'est spécial de leur donner ce titre. J'espère que cela améliorera la situation et montrera que KTM est de retour. Nous continuons de nous battre et nous continuons de gagner ! »
J'espère que cela aidera la situation et montrera que KTM est de retour. Nous continuons à nous battre, nous continuons à gagner !
Daniel Sanders
En 2021, Sanders faisait irruption sur la scène de l'épique Rallye Dakar en tant que nouvelle recrue de l'équipe Red Bull KTM Factory Racing, aux côtés de Toby Price. Comme son compatriote, il impressionne dès ses débuts, convertissant ses compétences en tout-terrain en une quatrième place au classement général, juste derrière son coéquipier Sam Sunderland. Après avoir été élu « Rookie of the Year » (débutant de l'année), l'adversité n'a pas tardé à s'abattre sur lui.
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Un chemin semé d’embûches

Portrait du pilote de rallye-raid moto Daniel Sanders lors du prologue du Dakar 2023 à Jeddah, en Arabie Saoudite.

Daniel Sanders a passé de longs mois à récupérer

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

2022 avait démarré de manière fantastique pour Daniel Sanders. Malheureusement, le rêve vire au cauchemar à cause d’une longue période de convalescence. Alors qu’il avait remporté trois des six premières étapes pour atteindre la troisième place au classement général, il est victime d'une chute dévastatrice avant la septième étape. Verdict : fracture du poignet, du coude et un rein endommagé.
« La chute était bizarre », dit Sanders. « On ne s'y attend jamais en tant que coureur. Imaginez que vous vous rendiez à la dernière manche d'un championnat de motocross, que vous tombiez sur le chemin du départ et que vous vous cassiez une jambe alors que vous n’êtes même pas encore sur la piste. À l'époque, Sanders évoque un problème d’attention : « C'est un manque de concentration. Si c'était arrivé dans les dunes ou pendant la course, je me serais dit 'OK, tu as trop poussé', mais sur une section de route, c'était juste de la malchance ».
La convalescence fut très éprouvante pour le pilote australien.
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Du fond du gouffre au retour fracassant

Après plusieurs opérations chirurgicales, Sanders a dû entreprendre un long voyage pour retrouver sa forme compétitive. « La rééducation, c'est nul », dit-il. « C'est frustrant, car vous voulez retourner sur le terrain et rouler au niveau où vous savez que vous pouvez rouler. »
Malgré les échecs, son acharnement l'a ramené à la compétition. En remportant la course Hattah Desert Race en Australie après une préparation minimale, il a prouvé sa résilience. Malheureusement, il est encore loin d’être au bout de ses peines.
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Un retour prometteur avant une nouvelle épreuve

Daniel Sanders pilote sa moto pendant la quatrième étape du rallye-raid Dakar 2023 en Arabie Saoudite.

Sanders en action lors du Dakar 2023

© Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

A l'approche du Dakar, un contretemps vient à nouveau doucher ses ambitions. Avant qu'il s'apprête à se lancer dans l’édition de 2023, une radiographie révèle une nouvelle fracture du coude. Il doit donc subir deux nouvelles interventions chirurgicales, une implantation de prothèse très résistante et une greffe osseuse douloureuse. Résultat : deux mois supplémentaires sur la touche.
Personne ne pensait qu'il atteindrait la ligne d'arrivée du Dakar cette année-là, et encore moins qu'il serait en tête de peloton. « Je déteste qu'on me dise non, qu'on m'empêche de faire ce qui me passionne », explique-t-il. « Je suis un pilote de moto tout-terrain, je pilote comme je veux. De votre côté, contentez-vous de vous asseoir et de me regarder faire ».
Daniel Sanders (AUS) de Red Bull Gas Factory Racing fait la course lors de l'étape 09 du Rallye Dakar 2024 à Al Ula, en Arabie saoudite, le 17 janvier 2024.

Les pilotes de moto se tiennent debout la plupart du temps

© Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

Terminer dans le top 10 fut une grande réussite cette année-là. « Après avoir chuté l'année précédente et subi six opérations chirurgicales, c'était formidable de rebondir et d'être compétitif ». Cependant, la fracture n'avait pas guéri correctement, et les effets persistants de la blessure se sont répercutés sur ses performances en 2024.
Sanders a commencé le Rallye Dakar 2024 en force, avec une deuxième place au Prologue, mais il savait que la route serait difficile. Toujours en convalescence après sa fracture du fémur en 2023, il avait peu de temps pour se préparer et, comme si ce n’était pas suffisant, pilotait une nouvelle moto. Malgré les difficultés, notamment le fait de rouler avec une jambe en voie de guérison et de subir des chutes dans les dunes, Sanders a résisté à la douleur et a terminé dans le top 10, à la huitième place du classement général.
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Mais pourquoi Daniel Sanders est-il surnommé « Chucky » ?

« Quand j'étais enfant, j'avais l'habitude de manger et de boire beaucoup de nourriture et de lait et de tout vomir après », explique-t-il. Quelqu'un disait « il a encore vomi… (en Anglais : he’s chucked up again) c’est Chucky » et le surnom est resté. C'est ainsi que mes parents m'appelaient, puis tous mes amis et professeurs se sont mis à m’appeler Chuck. Quand j'étais adolescent, j'ai même demandé à ma mère de changer mon nom en Chuck, mais elle a refusé. »
Je n'étais pas le plus doué, mais je me suis toujours donné à fond et j'ai travaillé dur
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La course autour de la ferme familiale : la naissance d’un rêve

Daniel Sanders de l'équipe Red Bull GasGas Factory Racing pendant la 13e étape du Dakar 2023.

En plein désert pendant le Dakar 2023

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Le parcours de Sanders a commencé dans la ferme familiale de la vallée de Yarra, en Australie, où son enfance a été remplie d'aventures en plein air et de cascades en moto avec ses frères et ses cousins. La vie en plein air convenait parfaitement au jeune Sanders. « J'ai aussi passé du temps à jouer à des jeux vidéo quand j'étais enfant, mais la plupart du temps j'étais à l'extérieur, je voyageais, j'allais à la plage et d'autres choses de ce genre », explique-t-il. « Pendant les vacances, je faisais aussi beaucoup d'équitation, je faisais toujours du sport et j'étais actif. C'était une grande partie de mon enfance ».
À l'école, Sanders excellait en sport et s'intéressait beaucoup à la conception et à la technologie, en particulier à la menuiserie et la métallurgie. Cependant, il excellait beaucoup moins dans certaines matières : « Je détestais l'anglais. Je n'étais pas très bon. J'ai toujours pensé que j'allais devenir pilote de moto tout-terrain », explique Sanders. « C'était toujours un rêve enfoui, mais ce n'est qu'en dernière année d'école que j'ai atteint un niveau suffisamment élevé dans les compétitions en Australie pour dire aux professeurs que ce serait mon métier. »
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Des premiers pas dans la course automobile au passage au statut de professionnel

Les pilotes de rallye-raid Daniel Sanders et Toby Price du Red Bull KTM Factory Racing sur la ligne de départ de la quatrième étape du Dakar 2022.

Sanders et Toby Price sur le Dakar 2022

© Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

Après l'école, Sanders avait besoin d'argent pour lancer sa carrière de pilote et, avec son père comme manager, il a travaillé dans un verger pour financer sa passion. « Je n'avais pas de moto professionnelle, alors j'ai gagné de l'argent en travaillant dans le verger pour me lancer dans les courses », se souvient-il. « J'ai toujours su que je pourrais revenir en arrière si la moto ne fonctionnait pas ». Partant de zéro dans le sport automobile, Sanders s'est entraîné sans relâche, tout en reconnaissant qu'il n'était pas le plus naturellement doué. « J'ai simplement travaillé plus dur que n'importe qui d'autre, et si jamais je n’avais pas réussi, je n’aurais rien regretté », dit-il. « Je croyais en moi et je le voulais suffisamment pour y arriver. »
Avec son père comme entraîneur et mécanicien, Sanders a commencé à courir à travers l'Australie en tant que pilote privé, remportant le championnat australien hors route des moins de 19 ans (AORC) en 2014 et terminant sixième au classement général. Il a gagné une place dans l'équipe australienne à l'ISDE, prenant la troisième place dans la classe E3, avec Toby Price en champion. Lorsque Price est passé au rallye-raid et au Dakar, Sanders l'a rapidement suivi, devenant ainsi professionnel. En 2015, il a terminé deuxième en AORC, quatrième lors de sa première course dans le désert de Hattah, et a remporté le titre de la classe E3 alors que l'Australie dominait l'ISDE.
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Des vélos aux abeilles : comment un coureur professionnel se détend et se connecte à la nature

Portrait du pilote de rallye-raid moto Daniel Sanders lors de la journée de repos du Dakar 2022.

Sanders s'est fait piquer par une abeille en 2022

© DPPI/Red Bull Content Pool

Que fait un pilote professionnel de moto tout-terrain pour se détendre ? Sanders a une réponse pour le moins originale.
« J'aime construire des tremplins », explique-t-il. « Aussi bizarre que cela puisse paraître, je me détends à la ferme et je travaille assis sur un tracteur ou une pelleteuse pour construire toutes sortes de choses. C'est en quelque sorte mon moment de détente. Je ne m'assois pas sur le canapé. J'aime tondre la pelouse par exemple. Je ne sais pas ce qu'est un jour férié ».
En 2022, alors qu'il pilotait, une abeille s'est glissée dans son casque et l'a piqué. Ironique pour quelqu’un qui a pour passe-temps l’apiculture. Il possède une centaine de ruches réparties dans la ferme familiale pour polliniser les vergers et a adopté le miel comme alternative saine au sucre. « Je me suis lancé dans cette activité parce que lorsque j'ai modifié mon régime alimentaire, j'ai supprimé tous les aliments transformés et j'ai commencé à manger des aliments plus naturels. Le miel était un produit phare de mon alimentation », ajoute-t-il.
« J'ai fait des recherches pour savoir comment m'en occuper et c'est plutôt cool, comme animal de compagnie. Au-delà de ça, nous fabriquons notre propre miel. Sincèrement, quand on a des abeilles, on voit le monde différemment ».
Daniel Sanders de Red Bull GAS GAS Factory Racing à la ligne d'arrivée de l'étape du Rallye Dakar 2024 en Arabie Saoudite.

Pour Sanders, participer au Dakar était un rêve

© Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

Les abeilles sont des animaux de compagnie comme les autres.
Daniel Sanders
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Vers le Dakar : l'ascension rapide de Sander vers la gloire en rallye

Après avoir dominé l'ISDE et les courses dans le désert en Australie, Sanders a jeté son dévolu sur le Rallye Dakar, un défi qu'il scrutait depuis longtemps. « Papa avait l'habitude de le regarder et j'en connaissais les bases, mais ce n'est que lorsque j'ai tout réussi en enduro que je me suis tourné vers les courses dans le désert », explique-t-il. La pandémie a donné à Sanders l'occasion d'apprendre le rallye aux États-Unis, une expérience qu'il considère comme l'une des meilleures décisions de sa carrière. Il n'avait aucune expérience des roadbooks ou des motos de rallye, mais après une année d'essai, il était prêt à concourir.
Le rallye Dakar, avec sa navigation difficile et sa vitesse à travers les dunes imposantes de l'Arabie saoudite, est devenu le prochain grand objectif de Sanders. « La navigation est essentielle. Vous pouvez être rapide, mais une erreur peut très vite vous faire perdre 10 minutes », explique-t-il. Pour maîtriser cet aspect, il s'est entraîné avec Jordi Viladoms, vétéran du Dakar, et a acquis des compétences cruciales pour la course.
En 2021, Sanders a rejoint l'équipe Red Bull KTM Factory Racing aux côtés des légendes Toby Price, Sam Sunderland et Matthias Walkner. « J'ai commencé avec KTM et j’ai vite compris le fonctionnement du groupe ; tant que je serai sous leur bannière, je sauterai sur la moto et ferai de mon mieux pour eux. »
Après des débuts impressionnants au Rallye Dakar, Sanders n'a pu s'empêcher de se dire : « C'est dingue, je recommence ! ». Il n'était pas seulement excité à l'idée de participer à nouveau à une course, mais aussi de relever le défi le plus difficile de la compétition internationale de motocyclisme. Une ambition audacieuse, mais qu'il est fier d'avoir atteinte.

Les records de Daniel Sanders

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Rallye Dakar 2025

Le Dakar 2025, 47e édition du rallye-raid, se tiendra du 3 au 17 janvier en Arabie saoudite.

Arabie Saoudite
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