Le champion du monde d’apnée Arthur Guérin-Boëri vous explique donne ses conseils pour  profiter des bienfaits de sa discipline.
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Comment (et pourquoi) se mettre à l’apnée ?

Parce qu'arrêter de respirer est parfois une bonne chose, le quintuple champion du monde d’apnée Arthur Guérin-Boëri vous explique comment profiter des bienfaits de sa discipline.
Écrit par Red Bull France
Temps de lecture estimé : 4 minutesPublished on
Arthur Guérin-Boëri, est cinq fois champion du monde d’apnée. Pourtant, le Niçois l’assure : "les apnéistes ne sont pas des extraterrestres comme on le lit trop souvent dans les médias. Cette discipline est accessible à tous, peu importe son âge ou sa condition physique." Mieux : tout le monde peut en ressentir très vite les bienfaits, et ce, peu importe son niveau. Car si tout le monde n’est évidemment pas capable d’atteindre un tel palmarès, l’apnée peut tout à fait se pratiquer pour le plaisir, sans sortir de sa zone de confort. Bref, "on peut faire de l’apnée comme on fait du foot le dimanche entre copains", résume-t-il finalement très bien. Mais alors comment s’y mettre ?

Plutôt mer ou piscine ?

Avant toute chose, il est essentiel de savoir vers quel type d'apnée se tourner : "L'apnée en mer et en piscine sont deux pratiques qui ont leur propres facilités et difficultés", précise le champion. "La première est basée sur la profondeur, la seconde, sur la distance. En mer, on est en contact avec la nature, avec l’immensité du bleu, donc c’est très séduisant", explique-t-il. "Malgré l’engagement que requiert la descente vers les profondeurs de l'océan, le sport est beaucoup plus axé sur le relâchement. On va travailler son relâchement sur la prise de risque, sur la gestion du stress, sur le travail de compensation et la gestion de la compression. Mais on va également faire un travail sur son ressenti, sur la détente."
Malgré l’engagement que requiert la descente vers les profondeurs de l'océan, l'apnée en mer est beaucoup plus axé sur le relâchement.

En mer, le sport est beaucoup plus axé sur le relâchement

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"À la piscine, on va être beaucoup plus axé sur les volumes, sur la distance. Pendant les entraînements on nage beaucoup, on peut rester facilement plus d’une heure et demi dans l’eau. Le dépassement de soi est beaucoup plus important qu'en mer, en particulier parce l'envie de reprendre sa respiration est beaucoup plus importante qu'en mer."
Le dépassement de soi est plus important dans la pratique de l'apnée en piscine, parce l'envie de reprendre sa respiration est plus importante qu'en mer explique Arthur Guérin-Boëri.

Le bassin demande plus d'engagement

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Bien évidemment, rien ne vous empêche de pratiquer les deux, comme le fait d'ailleurs Arthur. "Je conseille souvent aux gens qui font de la mer de faire un peu de piscine à côté, ne serait-ce que pour travailler la technique ou l’envie de respirer."

Se rapprocher d'une structure professionnelle

Première règle en apnée : on ne la pratique jamais seul. "L’apnée se pratique toujours avec quelqu’un qui a été formé pour encadrer, repérer, et intervenir lors d'éventuels accidents qui pourraient survenir", insiste-t-il. "À partir du moment on respecte cette règle de base, on a éliminé 99% des risques."
La pratique de l'apnée se fait toujours avec quelqu’un formé pour encadrer, repérer, et intervenir lors d'éventuels accidents", insiste Arthur Guérin-Boëri.

Règle numéro une : on ne s'entraîne jamais seul

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Bonne nouvelle, les structure professionnelles pullulent. "Ce sport a le vent en poupe et il n'y a pas une piscine municipale qui n'a pas son club d'apnée aujourd'hui", affirme l'apnéiste. Veillez tout de même à vous renseigner sur le club. "Est-ce que le club est uniquement axé sur l'apnée ou est-ce que c’est juste une section au sein d’un club de plongée bouteille ? Est-ce que des sorties en fosse, des stages encadrés par des professionnels ou des voyages sont prévus ? Poser toutes ces questions va permettre de discerner l'aspect sérieux du club", explique-t-il. "Mais on peut aussi découvrir l’apnée à l’occasion de stages qui sont réalisés par des athlètes professionnels. Guillaume Néry, Morgan Bourc’his, Pierre Frolla et moi-même en faisons."

À quelle fréquence s'entraîner ?

Une fois le baptême effectué vient l'entraînement, dont la fréquence s'adapte selon son niveau et ses envies. "Un entraînement par semaine permet de maintenir son niveau", explique Arthur. "Deux permettent de progresser. Avec trois par semaine, on progresse très vite. Au-delà, la gestion de la fatigue mentale que procure la discipline peut devenir compliquée."
Quelle que soit cette fréquence, "on peut arriver à des temps, des distances et des profondeurs assez intéressants rapidement. Comme dans de nombreux sports, on arrive ensuite à un pallier et c’est au pratiquant de choisir si il veut se dépasser ou s’il veut rester à ce pallier qui est déjà très satisfaisant puisqu'il permet de ressentir les bienfaits physiques, psychiques et physiologique de la discipline."
L'apnée relaxe, apporte plus de sérénité, de confiance en soi, et une vision différente du monde qui nous entoure explique Arthur Guérin-Boëri.

L'apnée possède de nombreux bienfaits

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De multiples vertus

Car si la discipline rencontre un franc succès, c'est en partie grâce à ses bienfaits. "Au-delà des bienfaits physiques qu'apporte la nage, l'apnée relaxe, apporte plus de sérénité, de confiance en soi, et une vision différente du monde qui nous entoure", affirme-t-il. "L'apnée donne certaines clefs qui peuvent être utiles au quotidien en termes de gestion du stress, de défis du quotidien et de prise de conscience de ses capacités. Quand tu te dépasses régulièrement dans quelque chose d’engageant, tu te rends compte assez vite que tu n’as plus les mêmes réactions face au stress ou aux difficultés du quotidien."
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