1970 : La dernière course de Jochen Rindt
Les annales se souviennent que Ferrari truste les deux premières places, Jacky Ickx devançant son coéquipier Clay Regazzoni de six dixièmes de secondes, tandis que Rolf Stomelen de Brabham empoche le seul et unique podium de sa carrière. Pourtant ce n'était pas supposé se dérouler comme ça. Le premier Grand Prix à l'Österreichring devait couronner Jochen Rindt. C'est la première course dans l'écrin autrichien flambant neuf, construit pour remplacer le circuit de Zeltweg. Tout le monde veut voir le leader du championnat du monde l'emporter à domicile mais sa Lotus connait un problème technique. Rindt se tue lors de la course suivante à Monza, en Italie, mais conserve tout de même son avance au classement jusqu'à la fin de la saison, devenant le premier et seul champion du monde posthume de l'histoire de la Formule 1.
1975 : Brambilla se crashe en passant la ligne d'arrivée !
L'un des dimanches les plus mouvementés de l'histoire de la F1. Premièrement, Mark Donohue explose son pneu avant gauche et provoque un accident. Une journée plus tard, Donohue tombe dans le coma et meurt. La course en elle-même est une lutte contre la pluie. Les conditions sont si atroces que les officiels pensent à annuler la course. À la fin, Vittoria Brambilla est devant. Tandis qu'il passe le drapeau à damiers, il lâche le volant pour célébrer sa victoire et va s'encastrer dans les barrières de sécurité.
Une arrivée cocasse pour la seule victoire de sa carrière. Le favori Niki Lauda, pourtant parti en pole, finit juste devant Clay Regazzoni et n'est plus qu'à un point d'assurer son premier titre mondial.
1978 : Le règne de la pluie et la confusion
C'est déjà humide au départ et c'est devenu de plus en plus mouillé. Tandis qu'une pluie torrentielle transforme le circuit en toboggan géant, les voitures se crashent et glissent sur le tracé. Surtout qu'après une sortie de route, les voitures mettent de la terre sur le circuit, qui se transforme instantanément en boue et rendait la surface encore plus glissante. Au huitième tour, c'était un tel chaos qu'il faut donner le départ à nouveau. Mais à peine les voitures quittent la grille, un nouveau carambolage arrive. À la fin, seules neuf voitures rescapées passent la ligne d'arrivée. Ronnie Peterson l'emporte avec sa lotus et Gilles Villeneuve obtient son premier podium.
1982 : La dernière célébration de Colin Chapman
La F1 a toujours été à la pointe de la technologie mais cette technologie a parfois balbutié. En 1982, un tout nouveau turbo équipe les équipes Renault et Brabham mais en Autriche, les 4 pilotes de ces deux écuries sont forcés d'abandonner à cause de problèmes techniques. Ce qui permet aux voitures pas encore équipées de ce turbo, la Lotus d'Elio de Langelis et la Williams de Keke Rosberg de bondir et l'emporter. Cette même année, Rosberg remporte la couronne mondiale en n'ayant gagné qu'une seule course. Le fondateur de Lotus, Colin Chapman, lance son chapeau en l'air, comme à l'accoutumée quand il célébre une victoire. Mais il s'agit malheureusement de son dernier lancer. Il décède d'une attaque cardiaque l'hiver de la même année.
1984: Niki Lauda comble l'Autriche
L'Autriche toute entière s'émeut ; jamais un enfant du pays n'a remporté le Grand Prix domestique. Alors quand Niki Lauda, l'Autrichien double champion du monde, effectue son retour en F1 dans une ambitieuse équipe McLaren, avec un jeune frenchie talentueux nommé Alain Prost à ses côtés, l'Autriche se prend à rêver. Ils sont opposés à Nelson Piquet, champion du monde en titre. Prost abandonne très tôt et Lauda connait des ennuis de boite de vitesse dans le dernier tiers de la course mais est en première position. Piquet se rapproche mais hésite, pensant à une intox de Lauda. À la fin de la saison, Lauda remporte le titre pour un demi point, la plus courte marge de l'histoire. Sa victoire en Autriche est donc primordiale.
1987 : Le gros carambolage
C'est la dernière course disputée sur l'Österreichring originel, extrêmement rapide, et cela débute par une collision entre la McLaren de Stefan Johansson et un cerf. Pour information, le cerf a perdu. Quant à la course, c'est un bordel sans nom. Premièrement Martin Brundle heurte une foule de ses concurrents sur la ligne droite et lors du nouveau départ, Nigel Mansell et Gerhard Berger partent prudemment, et se font rentrer dans l'arrière par la meute à leurs trousses.
Plus de dix voitures sont endommagées dans les deux collisions. Et Mansell l'emporte sur sa Williams.
1997 : Un anneau pour les faire tourner tous
L'Österreichring fait peau neuve et se nomme désormais le Red Bull Ring. Un circuit bien plus court mais bien plus sûr. Le passage de Flatschach disparait, ainsi que le célèbre Hella-S et Schönberg, la ligne droite la plus rapide du calendrier où les pilotes atteignaient 350 km/h. Premier vainqueur de ce nouveau tracé, le même qu'aujourd'hui, Jacques Villeneuve finit par emporter le titre mondial la même année avec Williams. Le Canadien est toujours un homme populaire en Autriche.
1999 : La folle remontée d'Häkkinen
Après son accident au Grand Prix de Grande-Bretagne, Michael Schumacher est temporairement hors-course avec deux jambes cassées. La lutte de Ferrari pour le titre revient donc à son coéquipier Eddie Irvine, devenu leader, et le remplaçant Mika Salo. Tous les observateurs s'accordent à dire que les McLaren de Mika Häkkinen et David Coulthard vont dominer la course. Les deux pilotes sont en effet une seconde plus rapides que leurs concurrents et occupent les deux premières places sur la grille de départ. Seul Irvine pense encore pouvoir rivaliser. Au départ, Häkkinen se rate et doit laisser passer tous les pilotes avant de rejoindre la course. Suivant la stratégie de Jean Todt et Ross Brawn, Irvine dépasse Coulthard et prend la tête, tandis qu'Häkkinen se démène pour refaire son retard et se hisse à la deuxième place. Il n'arrive pas à passer l'Irlandais, qui l'emporte. Irvine doit néanmoins laisser le titre mondial au Finlandais et se contenter de la deuxième marche du podium.
2002 : Barrichello doit céder la victoire
La bataille pour le titre mondial bat son plein entre Schumacher et Häkkinen. Irvine est parti, remplacé par Rubens Barrichello, qui a l'ordre impérieux de soutenir son leader à tout prix. Mais ce jour-là, le Brésilien prouve qu'il peut rivaliser avec un quadruple champion du monde et mène confortablement devant l'Allemand à l'approche du dernier tour. C'est alors que survient cet ordre devenu célèbre : "laisse passer Michael pour le titre."
Tandis que Barrichello s'exécute, les supporters houspillent. Sur le podium, un Schumacher visiblement gêné laisse la plus haute marche du podium à son équipier. Schumacher remportera finalement le titre mais les ordres d'équipe sont déclarés hors-la-loi. Aucune victoire à Spielberg n'a jamais laissé un arrière-goût si amer.
2014 : Un retour triomphant
Le retour de la F1 à Spielberg après onze ans d'absence s'est révélé être un triomphe. Le nouveau Red Bull Ring met la barre très haut en termes d'accueil et de qualité de course, un circuit moderne, confortable, sûr et très beau. Sans compter les nombreuses animations annexes offertes aux fans. Enfin, l'enthousiasme local pour les sports mécaniques trouve à nouveau un creuset pour s'épancher et la réponse des supporters est fantastique.