Grégory Vollet, recordman du double kilomètre vertical en descente vous explique ce qu'est la descente extrême.
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Running

Qui es-tu, la descente extrême ?

Comment descendre une pente inclinée à 50% le plus rapidement possible ? Grégory Vollet, le recordman du double kilomètre vertical en descente vous l'explique.
Écrit par Red Bull France
Temps de lecture estimé : 4 minutesPublished on
Ancien rider professionnel de cross-country, Grégory Vollet est aujourd'hui manager du team trail Salomon et membre du Passy Alpirunning. En septembre dernier, il a battu le record du monde du double kilomètre vertical en descente en 42 minutes et 28 secondes, sous l'Aiguille de Varan, en Haute-Savoie. Aujourd'hui, il nous raconte les secrets de cette discipline hors du commun et méconnue.

Une discipline qui se rapproche du VTT DH

« Quand j’ai commencé le double kilomètre vertical en descente, j’ai tout de suite fait un parallèle entre mes points forts au VTT et la descente en trail. J’ai vu qu’il était possible d’appliquer toutes les techniques de lecture de terrain, de sensations de glisse, de capacité à prendre un angle d’une certaine manière, en vélo et en course à pied. C’est exactement pareil pour les skieurs ou les pilotes de motocross, ils auront cette rapidité de lecture car ils ont l’habitude de suivre une certaine trajectoire. »
Grégory Vollet a battu le record du monde du double kilomètre vertical en descente en 42 minutes et 28 secondes, sous l'Aiguille de Varan, en Haute-Savoie.

Toujours suivre la ligne

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La pente est tellement raide qu’il est impossible de s’arrêter

« On peut pratiquer ça n’importe où du moment qu’il y a une colline ou une montagne. Pour ce record, on a choisi la ligne droite la plus directe entre le sommet et la vallée. Il y a des portions qui sont inclinées à 60 %, donc pour y monter, on est obligés de les escalader en s’aidant de nos mains parce que c’est beaucoup trop raide. Mais quand on est précis dans le pilotage, il y a peu de raisons de chuter. Je ne suis d’ailleurs pas tombé une seule fois pendant ce record. On glisse, les mains et les fesses touchent parfois le sol mais on maîtrise toujours la trajectoire. »
Pour son record du du double kilomètre vertical en descente de l'Aiguille de Varan, Grégory Vollet a choisi la ligne droite la plus directe entre le sommet et la vallée.

Certaines portions du K2 de Varan sont inclinées à 60 %

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Il y a une technique à apprendre

« Beaucoup de gens me disent que mes genoux et mes cuisses risquent de s’abîmer. Mais tout est une question de technique. Si on utilise la bonne technique pour courir en descente, il n’y a que du plaisir et pas du tout de risque de blessures ou de traumatismes au niveau des articulations. En descente, je ne vais jamais atterrir sur le talon mais toujours sur l’avant du pied. Je vais toujours amortir avec l’ensemble des angles biomécaniques de mon corps. Je vais toujours me stabiliser en écartant les bras pour avoir des repères en 3 dimensions. Je ne regarde jamais mes pieds. Tout ça, ce sont des petits détails qui font une énorme différence. Ces petites choses vont aider à courir vite et éviter tout traumatisme. Après mon record, je suis reparti en courant et je n’avais même pas mal aux jambes ! »
Double kilomètre vertical en descente : Pour ne pas se blesser, tout est question de technique.

Pour ne pas se blesser, tout est question de technique

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Il y a une part d’improvisation mais les repères sont essentiels

« Ces repères peuvent être la base d’un arbre ou un rocher. Ils vont aider à se focaliser sur le parcours et nous aider à savoir quand on peut accélérer. Aller tout droit sans toucher les arbres serait probablement trop dangereux car je prendrais trop de vitesse et je n’arriverais plus à contrôler ma trajectoire (on est quand même en bordure de falaise et ça peut vite devenir dangereux.) L’idée, c’est donc d’avoir une ligne imaginaire en tête, c'est pourquoi je vais toujours regarder 3 à 5 mètres devant moi et mémoriser les prochains pas que je vais faire, la trajectoire à suivre et y aller en toute confiance. Si on n’a pas la confiance, c'est là que ça peut être dangereux. »
« Aujourd’hui, il n’existe pas ou très peu de compétitions de double kilomètre vertical en descente. » explique Grégory Vollet, recordman du double kilomètre vertical.

Savoir improviser est essentiel

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Les compétitions de descente n’existent pas ou très peu

« Le trail running a toujours été pris dans son ensemble mais la discipline n’a jamais été scindée en sous-disciplines. Pour la première fois cette année aura lieu aux Açores une course par étape : le Golden Trail Championship. Sur chaque étape, il y aura des segments chronométrés pour définir qui est le meilleur grimpeur, le meilleur sprinteur et le meilleur descendeur. Aujourd’hui, il n’existe pas ou très peu de compétitions de double kilomètre vertical en descente et je ne suis pas sûr qu’on pourrait avoir les autorisations pour organiser ce genre d’épreuve qui serait peut-être trop dangereuse. »
«Aller tout droit sans toucher les arbres serait trop dangereux car je prendrais trop de vitesse et n’arriverais plus à contrôler ma trajectoire» Grégory Vollet recordman du double kilomètre vertical.

Impossible de grimper certaines portions sans l'aide de ses mains

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Bonus : Elle permet de battre des records historiques

« J’ai battu le record du monde du 100 mètres d’Usain Bolt sur un volcan à la Palma. Je suis descendu en 9 secondes 51. Si au début, j'étais loin derrière, j'ai finalement réussi à dépasser les 40 km/h et à battre ce record. 
C’est une sensation incroyable que je n'arrive pas à imaginer sur un sol plat. Cette sensation de vitesse, je la ressens encore, notamment le vent dans mes oreilles. »
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