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Red Bull Dragon Ball FighterZ World Finals : le sacre de Go1

© Stephanie Lindgren/Red Bull Content Pool
Écrit par Maxime Lancelin-Golbéry
Après toute une année de tournois à travers le monde, la saison 2 du Dragon Ball FighterZ World Tour s’achève au Pavillon Baltard à Paris, sur un condensé du meilleur de la scène compétitive.
Une impression frappe immédiatement lorsque l’on passe la porte du Pavillon Baltard ce week-end à Nogent-sur-Marne. Les têtes connues et attendues de la scène baston françaises sont bien là, les sticks et les manettes se mélangent, les postes de combat sont bien présents et les noms des joueurs appelés pour que le tournoi avance, mais un certain stress ambiant se ressent. La tension est palpable.
C’est bien normal : il ne s’agit pas de n’importe quel événement. Ce week-end ont lieu les finales du Dragon Ball FighterZ World Tour, point culminant d’un circuit ayant démarré en 2019 et se terminant en ce début 2020. Les joueurs qualifiés l’ont fait au prix de nombreux sacrifices, et d’un parcours où les plus grands champions se sont affrontés sur 14 étapes à travers le monde. Angleterre, États-Unis, Malaisie, Singapour, Australie, Irlande, France… et surtout Paris. Paris, enfin choisie comme lieu privilégié pour fournir à cette saison 2 du cycle compétitif de Dragon Ball FighterZ son grand final après un UFA 2019 explosif.
Il faut dire que la France est le deuxième pays le plus consommateur de mangas et animes japonais, et que la série Dragon Ball y est une institution revendiquée par de nombreux fans. C’est simple : les organisateurs eux-mêmes ont été biberonnés au Club Dorothée, l’émission emblématique qui a su ancrer l’animation japonaise durablement dans la culture française. Et cela se voit dès l’entrée, où à la possibilité de jouer au récent Dragon Ball Z Kakarot de CyberConnect 2 se mêlent également des stèles présentant les dernières figurines des personnages emblématiques de la licence.

Nouveau chapitre du Tournoi du Pouvoir

Le ton est donné. Entrer dans la salle équivaut à être aspiré dans un ultime épisode du Tournoi du Pouvoir de Dragon Ball Super. Les figures de Zeno Sama et des Kami de différents univers surplombent l’ilôt central, qui n’est autre que le pilier de l’animé. Les joueurs s’y retrouveront tout le long du weekend pour représenter leurs pays et soulever le trophée de champion de Dragon Ball FighterZ pour la saison 2019/2020, presque aussi important que le voeu accordé par Super Shenron.
Si la touche de fanatisme est plus qu’appréciée et donne son aura à l’événement, les personnes présentes sur le premier jour n’ont pas le temps de l’apprécier à sa juste valeur. Aujourd’hui samedi a lieu le Last Chance Qualifier, la dernière chance pour n’importe qui de se qualifier et prendre la dernière place du top 16 qui couronnera le roi. La plupart savent qu’ils ne l’auront jamais, et profitent seulement de l’occasion pour affronter de puissants adversaires afin de devenir plus forts, non sans être inspirés par Goku. On atteint les nombreux niveaux de Super Saiyan qu’en étant vaincu par un adversaire largement plus puissant après tout.
La scène centrale, hommage à Dragon Ball Super
La scène centrale, hommage à Dragon Ball Super
Leur rêve de gloire sera bien plus d’arriver à affronter, voire vaincre, une tête d’affiche présente à ces LCQ. Et on n’en manque pas : des français Alioune, Wade, Jila, Noka, Kyden ou Kayne aux européens Easyman, RMZ, MrPopo ou OBAssassin en passant par les américains Nakkiel, LegendaryyPred et Lord Knight, sans oublier les japonais tako et hirohiro, les tueurs se sont tous donnés rendez-vous sur l’événement pour rafler la dernière place.
L’un d’entre eux était plus remarqué que les autres, cependant : Tachikawa. Le joueur japonais a passé son année à vivre au rythme du World Tour, terrassant sur son chemin des adversaires reconnus comme les meilleurs joueurs du monde, mais n’a jamais réussi malgré tout à récupérer une Dragon Ball. La qualification lui a à chaque fois échappé de peu. Dès son arrivée dans les poules et sur la scène, son aura meurtrière nous fait prendre un pas de recul. La détermination du joueur japonais irradie. Son regard froid trahit une concentration sans faille. Son mental est d’acier.

Les Français s’installent sur le LCQ

La route vers le top 48 est toujours semée d’embûches pour les participants, mais il est une chose indéniable sur ce LCQ : la performance des joueurs français. Galvanisés par un public acquis à leur cause, leurs noms déjà murmurés sur la scène internationale sont ici scandés, alors qu’ils offrent tour à tour un spectacle si marquant que tous les spectateurs internationaux sont devenus de bons chauvinistes français, baguettes sous le bras, l’espace d’un instant.
On pense ainsi à Wade qui expédie RMZ en loser sur un 2-0, à Jila qui fait une superbe remontée sur LegendaryyPred pour là encore asséner un 2-0, à Noka qui sort l’américain Nakkiel du tournoi après avoir terrassé le japonais hirohiro. Que des nouveaux noms, des jeunes espoirs qui ont réussi à s’imposer sur la scène compétitive Dragon Ball au prix d’un entraînement acharné, et qui gagnent lentement mais sûrement leurs lettres de noblesse. En tête bien sûr, c’est Wawa, le joueur de 18 ans de l’AS Monaco Esport qui a conquis le coeur des français sur cette saison 2 et l’admiration des compétiteurs et spectateurs à travers le monde.
Les spectateurs ont fait trembler le Pavillon Baltard
Les spectateurs ont fait trembler le Pavillon Baltard
Ce qui ne veut pas dire que les anciens ne sont pas présents. Dragon Ball FighterZ a su amener à lui des joueurs de bien des communautés et de bien des parcours… Impossible donc que le senseï n’y participe pas. Alioune offre lui aussi du spectacle avec son Majin Buu aux mix-up démoniaques. Face à OBAssassin, la salle se sépare en deux, les « Let’s go Alioune ! » scandés à gauche reçoivent immédiatement « Let’s go O-B » en réponse à droite. Le premier match résonne comme un tour de chauffe alors qu’Alioune reste sur la défensive, mais le déclic survient sur les deuxièmes et troisièmes matchs : l’offensive est lancée, les devant/derrière haut/bas là/pas là s’enchaînent, et Alioune achève 2-1 son rival anglais. Il tuera ensuite le japonais tako 2-0 et sera envoyé en loser par Tachikawa, avant de réaffronter OBAssassin qui réussira à trouver sa revanche et l’éliminer du tournoi.
Tachikawa fond en larmes après sa victoire
Tachikawa fond en larmes après sa victoire
Les deux joueurs français les plus chauds de la compétition resteront Kyden et Kayne. Le premier arrive sur le top 8 des LCQ en loser side, et réussira à se défaire du japonais tako pour avancer. Hélas, c’est sur un duel fratricide qu’il devra l’emporter en éliminant Noka pour aller venger Alioune en abattant OBAssassin 2-1. Kayne, lui, a le droit à son propre crèvecoeur en winner side, son premier match le faisant terrasser Noka. Les portes du top 16 des World Tour Finals semblent proches, et l’espoir est maintenu sur un affrontement contre Tachikawa extrêmement serré… dont il finira perdant. Tombé en loser, il mettra fin au rêve de Kyden pour retrouver Tachikawa en grande finale, mais le joueur japonais est définitivement mu par un élan inarrêtable : c’est sur un 3-0 de Tachikawa, et les larmes chargées d’émotions du joueur japonais, que les LCQ s’achèvent.

C’est qui ?! C’est WAWA !

La pause déjeuner est instaurée pour une dizaine de minutes, mais personne n’ose bouger. Si ces LCQ étaient l’avant-goût du « vrai » tournoi, il est absolument impossible de rater la moindre miette du démarrage du top 16 de la dernière compétition de l’année. Les fesses vissées à leurs sièges, les yeux plongés dans les quatre larges écrans qui surplombent la scène, les joueurs devenus spectateurs ne veulent plus que de simples choses : voir la compétition. Avoir la meilleure place. Hurler le plus fort possible. Nous déterminons maintenant le top 8 du lendemain, sur des phases de poule en round robin où chaque match compte. Les 4 univers ont été annoncés à l’avance, tirés au sort, et tous ont déjà fait leurs pronostics en ligne. Les résultats des derniers tournois dans la balance, les plus conservateurs attendent Wawa, Go1, Sonic Fox et Fenritti en top 4, avec de potentielles surprises venant de Shanks et Kazunoko.
A chaque Genkidama, la foule offre son énergie
A chaque Genkidama, la foule offre son énergie
L’atmosphère est bouillante. Les présentateurs sautent sur scène pour annoncer les joueurs, mais la salle est déjà en transe. Un vrombissement se fait toujours plus audible à mesure que le temps passe. C’est naturel : le premier match est déjà connu. Et pour les spectateurs locaux, c’est presque le plus attendu. Le chouchou Wawa va affronter le vainqueur des LCQ Tashikawa. Avant même que le maître de cérémonie Rayoux ne puisse prononcer la première syllabe du pseudonyme, une partie de la salle se lève : « C’EST QUI ?! » « C’EST WAWA ! » « C’EST QUI ?! » « C’EST WAWA ! » « C’EST QUI ?! » « C’EST WAWA ! ». La délégation espagnole répliquera dès l’arrivée de leur joueur Shanks, qui a connu un parcours similaire tout au long de la saison. « PADRE, PADRE, PADRE » retentit tout aussi fort alors qu’il grimpe sur la scène.
La ferveur des fans de Wawa est indétrônable
La ferveur des fans de Wawa est indétrônable
Si le public européen a ses chouchous, il n’en oublie pas pour autant leur amour premier : le jeu lui-même, et le beau jeu bien sûr. Le respect du parcours de chaque joueur est évident, les fans présents sont polyamoureux, et la salle érupte dès lors que Go1 ou encore Sonic Fox sont annoncés. Beaucoup les attendent en grande finale, et leur rivalité très amicale est indissociable de la scène compétitive de Dragon Ball FighterZ. Voilà qui rappelle au public les enjeux de ce weekend : déterminer le plus grand joueur de l’année. Le résultat de ce tournoi sera historique.

Les pronostics sont tous jetés à la poubelle

L’Univers A, composé de Wawa, Maddo, NYChrisG et Tachikawa, ouvre le bal. Tous s’affronteront tour à tour, et leur position sera déterminée par leurs victoires et le cumul total des matchs gagnés et perdus. Wawa prend donc place pour affronter Tachikawa. Et là, surprise : tout en souplesse, désormais avec un grand sourire sur le visage, Tachikawa réussit à remporter le premier match. La foule envoie toute son énergie à son favori, mais il n’en sera rien : le 2-0 est entériné par le japonais.
La poule de l’Univers A sera la poule de la violence. Les 2-0 s’enchaînent là où on ne les attendait pas forcément : maddo met 2-0 à Tachikawa, ChrisG met 2-0 à maddo, et Wawa met 2-0 à ChrisG alors que ce dernier l’a sorti de l’EVO 2019. La plus grande surprise viendra finalement de maddo contre Wawa : après les deux premiers matchs très serrés, et malgré les hurlements déchaînés de la foule, le jeune espoir subira le 2-1 et sera éliminé de la compétition. Les Français resteront toujours fiers de leur poulain, qui en une seule année a réussi à faire respecter le pays dans le monde entier malgré sa relative inexpérience. On a hâte de voir ce que la troisième saison lui réserve. Porté par sa performance sur les LCQ, Tachikawa sortira grand vainqueur de la poule en compagnie de maddo, seul à l’avoir vaincu.
Wawa, chouchou de la communauté française
Wawa, chouchou de la communauté française
L’Univers B composé de Go1, Shanks, BNBBN et Matoi arrive sur scène. Le premier match opposera Go1, reconnu comme l’un des -- si ce n’est le -- meilleurs joueurs de Dragon Ball FighterZ depuis sa sortie, à BNBBN, un joueur japonais très respecté mais loin d’avoir la même aura. Et pourtant ! Dès l’ouverture, il réussira à s’imposer 2-1 face à un Go1 qui semble avoir des difficultés à rentrer dans son tournoi. On lit une certaine frustration sur son visage, et la surprise sur celui des spectateurs. Surprise qui continuera, hélas, pour l’autre favori du public : Shanks perdra contre Matoi 0-2, sur un deuxième match très abrupt où l’espagnol n’a pas su développer son jeu. Et si ce dernier fera un très beau match contre BNBBN 2-1, la poule de l’Univers B se terminera sur un enjeu inattendu : Shanks contre Go1. Le perdant est immédiatement éliminé. Les murmures d’un bouleversement général des attentes se font entendre chez les observateurs. La pression est maximum, et Shanks ploie : l’emportant 2-0, ce sera à Go1 de continuer son chemin en compagnie de Matoi.
El Padre Shanks
El Padre Shanks
L’Univers C s’avance, et le hasard du tirage aux sorts a fait qu’il s’agit d’une poule majoritairement américaine. Sonic Fox semble inarrêtable sur cette saison, et le seul japonais présent dans le groupe B compte bien lui tenir tête. En face, Dekillsage et ApologyMan ne déméritent pas, mais leurs personnages phares (Broly pour le premier, Piccolo pour le second) ne semblent pas les plus optimisés cette saison. Vraiment ? ApologyMan crée la surprise dès l’ouverture : si SonicFox remportera le premier match, presque de manière attendue, le Piccolo n’aura jamais lâché l’affaire et réussira à s’imposer 2-1 ! Le murmure d’avant devient certitude : ces World Tour Finals ne se passeront pas comme prévues. Dekillsage paraît impatient sur son premier match, trop téméraire, mais l’énorme pression de son Broly broie B 2-0. Le joueur japonais ne se laissera pas pour autant démonter, et réussira à créer la plus grande surprise du tournoi en l’emportant 2-0 face à SonicFox, éliminant purement et simplement l’américain. Dekillsage se place comme le seul à avoir remporté tous ses matchs sur tous les univers, au terme d’un dernier duel contre son ami de longue date SonicFox qui, perdu pour perdu, jouera avec le public et sortira son ancienne équipe pour faire le show. Dekillsage et Apologyman ne laisseront donc pas les japonais seuls en top 8.
Une contre-performance inattendue pour SonicFox
Une contre-performance inattendue pour SonicFox
Et enfin, l’Univers D. La poule qui accueille Kazunoko, champion de la saison précédente. En face de lui, on compte Fenritti, la machine à combo et créateur de bien des stratégies. Le singapourien SEO et l’américain Supernoon paraissent les éléments faibles, mais plus personne n’ose faire de prédictions après ces trois dernières poules. Les estomacs de tous les spectateurs se sont soulevés en coeur lorsque SEO a pris le premier match face à Fenritti, mais il n’en sera rien : il s’avouera vaincu à 1-2. S’élancent ensuite Supernoon contre Kazunoko… et là encore, ce tournoi refuse de rentrer dans les pronostics établis. Le joueur américain prend avec force le premier round, puis le deuxième, et saute de sa chaise en arrachant son casque. Il hurle, rugit, piétine avec une fierté que l’adrénaline exalte. Les Américains courent à sa rencontre pour le féliciter, les applaudissements retentissent dans la salle : encore une surprise, et pas des moindres. Comme Dekillsage, Fenritti a gagné tous ses matchs, Supernoon à ses côtés pour rejoindre un top 8 inattendu mais mérité.

L’avènement de Tachikawawa

La dernière journée. On y est : dans quelques heures, le champion du Dragon Ball FighterZ World Tour de la période 2019/2020 sera connu. Le meilleur joueur de l’année. Le samedi était une course effrénée de 9 heures à 22 heures, du LCQ au top 8, où joueurs comme spectateurs ont dépensé leur énergie et leurs cordes vocales. Le dimanche se devait de démarrer plus sereinement, tout en conservant l’excitation intacte. Et pour cela, quoi de mieux qu’une diffusion exclusive du film Dragon Ball Super Broly ? Et en version originale sous-titrée en français bien sûr, entre puristes ! Plus besoin de le prouver alors que la foule crie à l’unisson des attaques : tout le monde est prêt à mettre le proverbial feu au Pavillon Baltard.
les 8 meilleurs joueurs de la saison 2019/2020
les 8 meilleurs joueurs de la saison 2019/2020
Après tant de surprises du top 16 au top 8, et avoir perdu leurs représentants qu’étaient Wawa et Shanks, la foule européenne aurait pu s’éteindre un peu. Ç’aurait été sans compter sur le fait qu’avant même les rivalités bon enfant, chaque personne présente est avant tout fan du jeu et de son cercle compétitif. 5 Japonais et 3 Américains sur un top 8 qui n’intègre pas tous les visages attendus ? C’est donc l’occasion de voir des matchs inhabituels et de se régaler !
Tachikawa a cependant pour lui le genkidama des joueurs français, et donc du public. Dans la nuit, il déclare avoir reçu la bénédiction de Kayne et jouer au nom de tous les doseurs du LCQ et de son ami Wawa. Il n’en fallait pas plus : le voici rebaptisé Tachikawawa pour la journée. Sa carte d’identité française est déjà prête. La puissance de la baguette le propulse à son arrivée sur scène, alors qu’il fait le tour du pilier un drapeau français flottant sur ses épaules sous les acclamations du public.
Tachikawawa, ce nouveau français
Tachikawawa, ce nouveau français
Il jouera son premier match en winner contre Go1, toujours favori sur la compétition malgré la folie du top 16. Et alors qu’il remporte le premier match, l’énergie renouvelée de la foule jaillit d’un seul cri : le japonais jumelé français pourrait-il vraiment l’emporter en nous représentant tous ? L’espoir est là, mais Goichi se lève de sa chaise, court sur place, reprend ses esprits, et le corps s’aligne enfin avec l’esprit : il reprendra rapidement la tête 2-1, envoyant Tachikawa en loser.
Goichi s’est fait surprendre plus d’une fois
Goichi s’est fait surprendre plus d’une fois
Le deuxième affrontement est tout aussi attendu : Fenritti contre Dekillsage, les deux seuls à n’avoir perdu aucun match précédemment. Le numéro 2 du World Tour 2018/2019 contre le talentueux meilleur ami de SonicFox, souvent second lui aussi. Deux talents qui ont tout pour l’emporter, et tout à prouver en même temps. Portant à sa main la tête (en peluche, rassurez-vous) de l’avatar bien connu de son compère américain, Dekillsage s’avance sur la scène avec calme, une tempête sans bruit, prêt à sévir. On voyait Fenritti l’air inquiet se balader dans les allées du tournoi jusqu’alors : malgré l’habitude des gros tournois, son stress est palpable.
L’esport, c’est aussi l’amour
L’esport, c’est aussi l’amour
La foule se transforme en Super Saiyan 2 en hurlant en même temps que le Gohan de Dekillsage face au Cell de Fenritti, et le match est lancé. Le fils de Goku réussira à étouffer complètement son adversaire, laissant à Broly le soin de faire le ménage ensuite, 1-0. Deuxième match, et le momentum ne s’arrête pas. Si Fenritti reprend des couleurs, Dekillsage trouve le piff gagnant en tuant l’assist Vegeta sans même qu’elle ait une chance de s’exprimer. Tous les américains sautent sur la scène pour embrasser leur joueur sous les applaudissements du public.

Duels fratricides

En loser side, on retrouve le premier match à élimination du tournoi : Maddo contre Matoi. Les deux joueurs japonais habitués à s’affronter jouent leurs partitions à la perfection, mais la plus grande surprise de ce match sera son classicisme, comparativement au reste de la compétition. Il finira sur la victoire de Maddo, et la défaite de Matoi. L’interview finale est là, et la gorge du joueur japonais se serre alors qu’il revient sur sa défaite, provoquant un silence respectueux. La déception exprimée par le compétiteur surpassera la barrière de la langue, et la foule y répondra de bien belle manière : en scandant « Let’s go Matoi » à gorge déployée, exhortant le joueur à revenir toujours plus fort à l’avenir. Dans ces instants difficiles, la communauté DBFZ est soudée comme jamais.
Matoi écoutant les conseils de Fenritti
Matoi écoutant les conseils de Fenritti
Le second match de loser sera un nouveau duel fratricide : Supernoon affronte Apologyman. L’une des deux étoiles du jour précédent doit obligatoirement s’éteindre. Aucun des deux ne veut partir, et cela se ressent directement au premier match : l’énorme pressing de Supernoon dès l’entame sera petit à petit supplanté par le calme d’Apologyman, jusqu’à atteindre un des rares “Time’s up” du jeu, que le public reprend en coeur. Apologyman en sort vainqueur. Le deuxième match lui sera totalement acquis, le pressing de Piccolo venant à bout du moindre effort de Supernoon. Pour la première fois dans l’histoire de Dragon Ball, le Super Saiyan Bleu est vaincu par le Namek, poussant Apologyman à se lever et hurler à pleins poumons, les bras bandés. Sûrement conseillé par la communauté sur place, il fera le tour de l’arène en affichant le signe de JUL ; c’est aussi ça, le partage culturel.
Apologyman, en tous temps joyeux
Apologyman, en tous temps joyeux
Gagner le support de la foule majoritairement française pourrait effectivement être un atout : après s’être défait rapidement de Maddo, Fenritti attend sa prochaine proie. Et celle-ci ne sera autre que le vainqueur du prochain match : Tachikawa contre Apologyman. Le naturalisé français contre l’amateur de rap en provenance de Saint-Jean-du-Désert. Il n’y aura cependant pas de victoire de la musique : le premier match remporté par Tachikawa est impérial. Apologyman n’a pas dit son dernier mot et entame le second match devant, mais le joueur japonais réussira à stopper rapidement son momentum en enchaînant les bonnes lectures de jeu.
Tachikawa, heureux de recevoir le soutien du public
Tachikawa, heureux de recevoir le soutien du public
2-0 pour Tachikawa, et la fin du parcours pour Apologyman. Cependant, l’Américain peut être on-ne-peut-plus fier : dans une méta de saison 2 dominée par Kid Goku, il aura su se hisser à la place de 5e meilleur joueur mondial avec un Piccolo signature qui ne lui a jamais fait faux-bond. Preuve s’il en est que la théorie ne fait pas tout : le talent prime.

Le réveil de Fenritti

Le top 4 du tournoi est désormais décidé : Go1 contre le seul américain ayant survécu, Dekillsage en finale winner, et Fenritti contre Tachikawa en loser. Nous avons là la crème de la crème des joueurs de la saison 2 du Dragon Ball FighterZ World Tour qui s’apprête à en découdre, lors d’un tournoi qui a créé tant de renversements que plus personne n’ose se prononcer sur son issue. Tout est encore à faire.
Dekillsage et Go1 doivent d’abord se départager en winner pour déterminer qui aura accès à la grande finale du tournoi. L’âme de SonicFox avec lui, le joueur américain réussit à prendre le premier match alors que Goichi semble troublé et fait quelques erreurs d’exécution. 1-0. Reprenant ses esprits, le japonais prend le second match sur un affrontement extrêmement serré. Les deux joueurs jouent à leur maximum et sont presque à égalité, mais le troisième match sera à nouveau remporté par Go1. Le Broly de Dekillsage se démêne et fait d’énormes dégâts sur l’équipe de son adversaire, mais ce dernier réussit à toucher deux personnages à la fois (Happy birthday!) et délivre des dégâts colossaux dont Dekillsage ne réussira pas à se remettre : Go1 restera en winner, Dekillsage tombe en loser.
Il attendra pour son prochain affrontement le vainqueur de Fenritti contre Tachikawa, dernier duel joué en FT2 de la compétition. Toujours embrasé par le soutien de la foule, le franco-japonais prend la tête sur le premier match et réussit à étouffer totalement son adversaire, qui semble encore lutter avec ses émotions. Mais il s’agit de Fenritti : dès le deuxième match, son Cell reprend l’ascendant et les gros combos s’enchaînent sans que Tachikawa ne puisse répondre. Le Kaïoken est activé, et est désormais inarrêtable : le troisième match passe à une vitesse folle, et Fenritti élimine définitivement Tachikawa.
Plus question de se laisser avoir par le stress désormais : les matchs doivent s’enchaîner. Dekillsage prend place face à lui avec la même aura meurtrière que son personnage fétiche. Les joueurs s’échangent personnage contre personnage, mais le Vegeta de Fenritti finira par faire suffoquer les chances du Goku de Dekillsage pour l’emporter. Le joueur américain semble perdre l’ascendant mental arrivé à la fin de cette compétition, quand le joueur japonais s’est enfin recentré. Et cela se ressent. Les deux matchs suivants suivront le même schéma : un Gohan perdu trop vite d’entrée de jeu, et dont le support manque pour repousser l’assaut de l’équipe de Fenritti. Dekillsage finira troisième, et restera le joueur américain le plus puissant de la compétition.
La grande finale est décidée : Go1 en winner, Fenritti en loser. Vous connaissez la loi : ce dernier devra vaincre une première fois le premier pour le faire descendre en loser, puis une seconde fois pour l’emporter. Pour Goichi, l’ascension jusqu’au top est encore une ligne droite, et le premier match entre les deux hommes surgit comme une déclaration d’intention : un quasi perfect de Goichi où Fenritti n’a rien pu faire, et dont la foule a raffolé. 1-0. « Ah, c’est comme ça ? Très bien » semble répondre Fenritti en retournant immédiatement la faveur sur le deuxième match, étouffant complètement son adversaire.
Le public rugit de plus belle. 1-1. Les perfects enchaînés résonnent désormais comme une preuve de respect entre les deux adversaires, qui sur le troisième match se renvoient coup pour coup sans jamais s’arrêter, mais le Cell de Fenritti arrive à tirer son épingle du jeu, 1-2. Fenritti à deux doigts de l’envoyer en loser, Go1 retrouve un aplomb formidable et resserre sa défense. Sa capacité à garder tous ses personnages en vie sur le match lui permet de renverser la vapeur, 2-2. C’est trop tard. On lit dans le regard de Fenritti un moment d’hésitation que Go1 saisit immédiatement. Sa pression se renforce, ses réactions sont affûtées, sa garde imprenable ; l’issue de l’affrontement se dessine naturellement sous nos yeux à chaque action. Le cinquième et dernier match lui est acquis 3-2.
Go1 recevant le trophée des mains de Tomoko Hiroki, productrice de DBFZ
Go1 recevant le trophée des mains de Tomoko Hiroki, productrice de DBFZ
Au prix d’un effort colossal et de nombreuses surprises, Go1 est sacré grand champion du Dragon Ball World Tour 2019/2020.

Goichi est sacré meilleur joueur

Le Japonais clôt ici un chapitre important de l’histoire de Dragon Ball FighterZ. Joueur immortel en saison 1, Goichi a vite été rattrapé par son rival devenu ami Sonic Fox, et les échanges des deux joueurs semblables à la saine rivalité Goku/Vegeta a contribué à faire grandir la compétition entière. Kazunoko s’entraînait pourtant dans la Salle du Temps, réussissant à surpasser tous ses adversaires pour devenir le champion de la première saison. Mais portée par tous ces rebondissements, la communauté européenne est arrivée en saison 2 pour prouver qu’elle pouvait également donner du fil à retordre à n’importe qui. Dans ce contexte, Goichi est enfin revenu et a profité de l’occasion pour crier à tous ses futurs adversaires : « I AM THE STRONGEST MAN IN THE WORLD ».
« Je suis l’homme le plus fort du monde » s’écrie Goichi
« Je suis l’homme le plus fort du monde » s’écrie Goichi
Sera-t-il le Jiren de cette saison 3, poussant ceux souhaitant prendre sa place à débloquer leur Ultra Instinct ? C’est tout à fait possible, particulièrement alors que Bandai Namco a enfin décidé de changer profondément les mécaniques du jeu. De nombreux joueurs l’attendaient, et la productrice du jeu Tomoko Hiroki l’a enfin dévoilé à l’issue des LCQ : Dragon Ball FighterZ permettra de choisir parmi trois assists différentes en saison 3 pour chaque personnage, décuplant la créativité de tous les joueurs pour trouver les meilleures équipes. L’annonce a fait hurler de joie tous les compétiteurs présents sur scène et dans l’audience. En prime, l’équilibrage du jeu sera retouché plus proactivement, évitant la redondance des équipes sur une saison entière. Un petit coup de peinture sera également appliquée à l’interface, permettant de redonner à la présentation du jeu un peu plus de fraîcheur. Enfin, on nous promet même une mécanique de comeback qui n’est pas sans rappeler un certain Marvel VS Capcom 3...
Ce n’est évidemment pas tout. On attendait l’annonce de Goku Ultra Instinct, dévoilé précédemment dans le magazine japonais Jump, mais Bandai Namco a également apporté avec lui une petite surprise. Le thème de Dragon Ball Super sur tout le tournoi n’était pas innocent : Kefla sera finalement le premier nouveau personnage du FighterZ Pass 3, et sera disponible dès le 28 février prochain ! Goku Ultra Instinct sortira lui au cours du printemps, quand trois autres personnages attendent encore d’être dévoilés.
La saison 2019/2020 se termine donc au Pavillon Baltard avec tous les éléments qui ont fait naître et perdurer la scène compétitive de Dragon Ball FighterZ : un attachement particulier au matériel original, des personnalités hautes en couleurs, des retournements de situation incroyables, un talent indéniable des joueurs, et surtout… une communauté soudée envers et contre tout, prête à vibrer à l’unisson sans aucune distinction de langue, de pays, de culture. À bien des égards, il s’agit des mêmes valeurs qui ont réuni à l’origine les fans de l’oeuvre toute entière.
La boucle est bouclée, mais un nouveau tournoi s’organise déjà à l’horizon. Nos héros sauront-ils en sortir vivants ? Réponse dans la prochaine saison de Dragon Ball FighterZ.