F1

Des pit stops dans l'Histoire

© Getty Images/Red Bull Content Pool
Écrit par Red Bull France
Ratés, décisifs ou miraculeux : retour sur quelques arrêts aux stands mythiques de ces trente dernières années de F1.

Anthony Davidson : un castor et un lapin

Grand Prix du Canada 2007. Anthony Davidson, le pilote britannique de Super Aguri, commence sa course à la 17ème position mais rattrape tranquillement son retard lorsqu’un castor paumé sur la piste frappe l’avant de sa F1. Oui, c’est rare. Assez pour que ses mécaniciens, fascinés par l’accident, en oublient d’attendre Davidson, rentré aux stands. Qu’on leur jette le premier rongeur.

Felipe les mauvais tuyaux

Nous sommes à Singapour en 2008, et les ravitaillements en carburant sont encore autorisés en F1. Felipe Massa, qui lutte alors pour le titre avec Lewis Hamilton, a justement besoin d’un refill. Seul problème : le brésilien s’arrache des stands avec le tuyau rivé à sa voiture, fait tomber un mécano et doit attendre à l’entrée des stands que son équipe intervienne. Résultat : le pilote Ferrari termine hors des points et perd certainement le titre dans la nuit singapourienne. Est-ce sa faute ou celle d’un mécanicien ? On ne le sait toujours pas. Ce qu’on sait, par contre, c’est que les ravitaillements ont été interdits dès 2010.

Max la menace

Deux pour le prix d'un. Le 14 juillet dernier, Pierre Gasly décroche le record de l'arrêt aux stands le plus rapide de l'histoire sur la piste de Silverstone. L'écurie signe un nouveau temps de référence de 1,91 seconde, surpassant le précédent record détenu par Mark Webber et Felipe Massa d'un centième de seconde. Au Grand Prix d'Allemagne, Red Bull Racing a fait mieux, en effectuant un arrêt aux stands en 1,88 seconde. Mais cette fois, Max Verstappen était aux manettes. Il délivre Max.

Le calvaire d'Esteban Tuero

En 1998, Esteban Tuero est un jeune homme très pressé. À 19 ans, l’argentin fait partie des 10 pilotes de F1 les plus jeunes de l’histoire. Mais la trajectoire du météore est brutalement interrompue chez lui, à Buenos Aires. Après avoir attendu 3 longues secondes que ses mécaniciens veuillent bien se donner la peine d’intervenir sur sa Minardi, il reste bloqué aux stands 41.8 secondes au total. En cause : des changements de pneus laborieux, un ravitaillement tout aussi raté et de mystérieuses interventions sur la voiture. Qu’on ne s’étonne donc pas qu’il ait quitté la F1 la même année.

Fausse alerte pour Hakkinen, véritable injustice pour Coulthard

Grand Prix d’Australie 1998. Le finlandais Mika Hakkinen mène les débats à l’Albert Park et entre aux stands après avoir visiblement été appelé par son staff. Le seul problème ? L’ordre n’a jamais été passé, et personne ne l’attend au garage. Son coéquipier chez McLaren-Mercedes, David Coulthard, profite de l’erreur pour passer en tête. Jusqu’à ce que le taulier de l’écurie, Ron Dennis, demande à l’écossais de laisser passer le finlandais lésé sur la ligne. 21 ans plus tard, on ne sait toujours pas ce qui s’est passé à Melbourne. Certains assurent qu’une compagnie de taxi locale a piraté les ondes radio pour tromper Hakkinen, et d’autres maintiennent que Mika est la Jeanne d’Arc du nord.

Bons pneus, bon œil pour Alain Prost

Après un arrêt au stand pour changer de pneus, Alain Prost remporte le Grand Prix d’Australie 1986.
Alain Prost en 1986
En 1986, trois hommes se tiennent dans un mouchoir de poche à l’issue de la saison. Nigel Mansell a 70 points, Alain Prost 64 et Nelson Piquet 63. Le Grand Prix d’Australie va les départager, et tout va se jouer sur la gestion des pneus. Goodyear, équipementier des écuries, a prévu tout le monde : un seul train de pneus ne suffira pas à couvrir 82 tours. Personne ne semble les croire, sauf Prost, qui en change après une crevaison au 34ème tour. « Les gens ne vont sûrement pas me croire, mais j’aurais changé les pneus de toute façon […] je me disais que si les autres ne s’arrêtaient pas, je devrais peut-être faire pareil, mais je suis revenu à la raison. » racontera-t-il plus tard.
Les tours suivants donnent raison au pilote McLaren : Rosberg crève, et Williams rappelle Mansell, qui n’a pas le temps d’atteindre les stands. Son pneu arrière gauche explose. Prudent, Piquet s’arrête lui aussi, et laisse filer Prost vers son deuxième titre de champion du monde.

Bonus Track : Hamilton, la faiblesse de l’habitude

Tout le monde le sait en 2013 : Lewis Hamilton est passé de McLaren à Mercedes. Tout le monde, sauf peut-être l’inconscient de Lewis, qui se trompe de stands à Sepang et s’arrête (brièvement) dans le box de son ancienne équipe. L’équivalent automobile d’un envoi de texto nocturne à une ex.
Envie d'en savoir plus sur arrêts aux stands en F1 ? Découvrez le documentaire The History of The Pit Stop : Gone in Two Seconds, en intégralité ci-dessous avec Red Bull TV.
F1 · 45 minutes
L'histoire de l'arrêt au stand
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