Le pilote Red Bull Racing Sergio Pérez roule au volant de sa monoplace sur le circuit urbain du Grand Prix de Formule 1 de Monaco.
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F1

Pourquoi le Grand Prix de Monaco est une épreuve à part ?

Mythique, piégeuse et singulière, l'épreuve monégasque fascine et divise depuis sa création, mais reste une course qu'il faut absolument remporter pour entrer dans l'histoire.
Écrit par Etienne Caillebotte
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Il est le "joyau de la couronne", le doyen des circuits urbains et le Grand Prix que tous les pilotes rêvent de remporter. Mais jusqu'à quand ? En mai 2022, alors que Liberty Media dressait les contours du calendrier, la question de l'avenir du Grand Prix de Monaco, dont le contrat arrivait à expiration, s'est brièvement posée. Déjà contrainte de décaler la première séance d'essais libres du jeudi au vendredi, l'épreuve princière pouvait-elle être purement et simplement supprimée du calendrier ? Interrogé par le journal l'Équipe, le Prince Albert II restait optimiste lors des négociations, conscient de la nécessité de "s'adapter, améliorer le circuit et les infrastructures" mais aussi qu'il était "de l'intérêt de toutes les parties de voir Monaco continuer à être cette vitrine exceptionnelle non seulement du sport automobile mais aussi de la F1". Son vœu a été exaucé : le contrat liant l'Automobile Club de Monaco à la Formule 1 a été reconduit jusqu'en 2025. Mais son statut particulier a été fragilisé.
Max Verstappen à remporté le Grand Prix de Monaco pour la première fois lors de l'édition 2021 du championnat du monde de Formule 1.

Premier triomphe pour Max Verstappen à Monaco en 2021

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Car si la manche monégasque, avec ses places se négociant à prix d'or et son casting hollywoodien, est la plus glamour du calendrier, elle ne semble plus irremplaçable dans l'esprit du propriétaire de la Formule 1. Moins spectaculaire que le Grand Prix d'Azerbaïdjan ou physique que celui de Singapour, Monaco reste un défi unique pour les pilotes à cause de sa configuration, mais souffre aussi de sa singularité.

Un tracé piégeux et singulier

Le pilote Red Bull Racing Max Verstappen rentre aux stands lors du Grand Prix de Monaco de Formule 1.

Max Verstappen rentre aux stands lors du Grand Prix de Monaco

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Peu remanié depuis sa conception par Antony Noghès en 1929, le tracé de 3,337 kilomètres est encerclé par les rails, ne dispose d'aucune zone de dégagement et ne correspond plus aux normes de la catégorie reine. Pire : une large portion de la piste est trop étroite pour permettre un dépassement, rendant la course dépendante des décisions stratégiques ou d'un passage éclair aux stands, eux-mêmes plus exigus (et dangereux) qu'à l'accoutumée. Ajoutez à cela l'absence de longues lignes droites et un manque de visibilité dans les virages et vous obtenez une course soporifique, dont l'issue dépendra de l'apparition de la pluie comme lors de la victoire d'Olivier Panis en 1996, d'une manoeuvre dantesque ou d'une erreur d'appréciation. "Si Monaco accueillait la F1 pour la première fois cette saison, tout le monde dirait que c’est fou de construire un circuit comme celui-ci" reconnaissait Max Verstappen, qui a connu quelques mésaventures sur ce tracé piégeux avant de triompher en 2021.
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La fièvre du samedi après-midi

Le Mexicain Sergio Pérez célèbre sa victoire lors du Grand Prix de Formule 1de Monaco.

Sergio Pérez célèbre sa victoire à Monaco

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Ainsi, le Grand Prix de Monaco se joue surtout le samedi, lors des qualifications. Sur le circuit le plus lent de la saison, sécuriser la pole s'apparente à une victoire, même si plusieurs pilotes ont fait mentir cette statistique récemment (Lewis Hamilton en 2016, Sebastian Vettel en 2017 ou Sergio Pérez en 2022). Le secret, selon Daniel Ricciardo qui a triomphé en 2018 en partant de la pole mais aussi laissé filer la victoire dans la même configuration en 2016, est "d'optimiser la monoplace pour un tour (...) et partir devant". En clair : claquer le tour parfait en Q3 puis miser sur la faible dégradation des gommes et probabilité d'être dépassé pour survivre jusqu'au drapeau à damier. "Il est possible de faire à Monaco un choix plus agressif, confirme Pierre Waché, directeur technique de Red Bull Racing, auprès de l'Equipe. Choisir des réglages mécaniques afin de mieux mettre les gommes en température sur un tour sans se soucier de la dégradation sur les longs relais".

La rêve fou de la Triple Couronne

Mais alors, pourquoi le Grand Prix de Monaco reste, malgré ses imperfections, un monument du sport automobile ? Est-ce parce qu'il faut impérativement le remporter pour prétendre à la Triple Couronne, récompense symbolique (et officieuse) promise à ceux qui remportent l'épreuve monégasque, les 500 Miles d'Indianapolis et les 24h du Mans ? Jusqu'ici, Graham Hill est le seul pilote à avoir décroché la distinction. Et peu de vainqueurs à Monaco en font un objectif à l'exception, peut-être, de Juan Pablo Montoya et Fernando Alonso. Est-ce le cadre, le luxe, les yachts ou, plus simplement, le défi insensé proposé par une épreuve résistant à l'épreuve du temps ? C'est peut-être tout cela, le Grand Prix de Monaco. Vainqueur sous la pluie l'an dernier, Sergio Pérez avait ainsi verbalisé ce rêve, chassé par tous les pilotes, après avoir franchi le drapeau à damier : "après votre course à domicile, c'est l'endroit où vous avez le plus envie de gagner".
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