Pour rééquilibrer les forces sur la piste, la F1 fera sa révolution en 2022 avec le nouveau règlement technique.
© Thomas Butler/Red Bull Content Pool
F1

Qui-es-tu, la nouvelle réglementation technique de F1 ?

Marre de voir toujours les mêmes têtes sur les podiums ? Pour rééquilibrer les forces sur la piste, la F1 fera sa révolution en 2022, et on vous en explique rapidement les points essentiels.
Écrit par Red Bull France
Temps de lecture estimé : 4 minutesPublié le
Plus de spectacle, moins de dépenses, et surtout moins d’écarts de performances entre les trois cadors (Mercedes, Ferrari, Aston Martin Red Bull Racing) et le menu fretin : voilà les objectifs de la nouvelle réglementation technique de la F1. « Actuellement, les voitures sont tellement complexes qu’il faut débourser des sommes astronomiques pour gagner ne serait-ce qu’un dixième de seconde. » expliquait ainsi Ross Brawn, Directeur Sportif de la F1, en 2019.
« Nous voulons freiner cette tendance et créer un écosystème où les ressources ne dicteront pas votre niveau de performance. Pour cela, nous avons besoin des nouvelles voitures. »
Mais pandémie oblige, ces nouvelles voitures, initialement prévues pour 2021, n’arriveront qu’en 2022. Cela dit, les nouveaux règlements sportifs et financiers (comme le plafonnement des budgets), seront bel et bien mis en place dès l’année prochaine.
Est-ce suffisant pour changer la donne ? Pas vraiment. D’autant plus que les châssis des monoplaces (leur structure principale, en gros) seront les mêmes en 2020 et 2021, et qu’il faudra donc attendre pour voir la F1 changer de tête. Ok, mais comment ?

Sol Invictus

Les F1 sont difficiles à suivre. Et pas seulement pour vous. Entre ailerons complexes et autres déflecteurs latéraux améliorant leur comportement aérodynamique, les voitures actuelles fendent l’air. Le seul problème, c’est qu’elles le salissent, aussi, pour les monoplaces qui les suivent. Ces dernières peuvent d’ailleurs perdre jusqu’à 50% d’appuis sous l’effet de ses turbulences. Ce qui ne facilite ni les dépassements, ni les grosses bagarres.
Comment y remédier ? En misant sur ce que l’on appelle « l’effet de sol », qui rive la voiture à la piste. Outre la simplification du design global et des ailerons ou la suppression des déflecteurs latéraux, le nouveau règlement prévoit donc l’installation de nouveaux diffuseurs (des sortes de gros tubes) sous les monoplaces, pour mieux canaliser l’air et réduire drastiquement la perte d’appui dans le sillage d’une autre voiture (pour arriver à une déperdition de 5 à 10% seulement.) Le tout en limitant les frais d’amélioration aéro, histoire que les courses ne se gagnent pas en soufflerie (dont l’utilisation sera d’ailleurs restreinte).
Une voiture de Formule 1 adaptée à la nouvelle règlementation technique de la saison 2022 du championnat du monde.

Voilà à quoi devraient ressembler les F1 du futur

© FOM, ©F1

Complètement redessinées et plus compétitives, les nouvelles F1 seront donc beaucoup plus intéressantes à regarder, dans tous les sens du terme. Nicholas Tombazis, dirlo technique de la FIA en charge des monoplaces, n’a d’ailleurs jamais caché que les décideurs misaient sur l’aspect esthétiquement « waouh » des F1 pour séduire le public. Et ce même si, comme l'explique Max Verstappen : "On se moque un peu de savoir si la voiture est belle ou non, ce qui compte c’est qu’elle nous permettre de mieux suivre un autre pilote et de faire plus de dépassements."
Complètement redessinées et plus compétitives avec le nouveau règlement technique de 2022, les nouvelles Formule 1 seront donc beaucoup plus intéressantes à regarder,

T'es belle de dos

© FOM, ©F1

Mais gardez bien en tête qu’une certaine marge de personnalisation permettra à chaque écurie de designer sa voiture à sa sauce pour sortir son épingle du jeu. Ce qui, là aussi, n’est pas plus mal.

Moins de vitesse, plus de spectacle

Avec un règlement plus normatif que jamais, la F1 va permettre à certain d’alourdir un peu leur palmarès. Mais entre la standardisation progressive de certaines pièces (comme l’écran du volant), le passage à des roues de 18 pouces (contre 13 actuellement, parce que c’est moins joli), l’augmentation du poids des moteurs (+ 5kg) ou encore l’ajout de nouvelles pièces de sécurité, les monoplaces vont elles-mêmes prendre de la masse et gagner 25 kilos sur la balance (en passant de 743 à 768 kg).
Résultat ? Elles seront aussi plus lentes, perdant 3 à 3,5 secondes au tour en fonction des circuits. Ce qui ne se verra pas, avouons-le, à l’œil nu. Après tout, regarde-t-on la F1 pour voir des chronos baisser ? Ou pour assister à de grosses bastons entre des challengers surprises et des tauliers déstabilisés ? L’empereur du circuit actuel, Lewis Hamilon, a tranché : « Oui, les F1 seront plus lentes, mais cela va être une période intéressante. » expliquait-il ainsi fin 2019.
« Ce n’est qu’un début, je pense que les voitures s’amélioreront au fil des saisons » commentait de son côté Max Verstappen, moins à l’aise avec l’idée de retrouver le niveau des monoplaces de 2016. L’avis de Kimi Raikkonen ? « Même si on va 10 secondes moins vite, tant que c’est plus excitant, tout le monde s’en fout. » Alright, Iceman. Alright.