La collection d'avions des Red Bull Flying Bulls est entreposée dans le Hangar-7 à Spielberg en Autriche.
© Helge Kirchberger/Red Bull Content Pool
Voltige

Collection vintage : les beautés de la flotte des Flying Bulls

Tout ce qu’il faut savoir sur le Douglas DC-6B, le North American B-25J Mitchell, le Lockheed P-38 Lightning et le reste de la flotte des Flying Bulls est ici.
Écrit par Matt Youson
Temps de lecture estimé : 8 minutesPublished on
La collection vintage desFlying Bulls est tout à fait exceptionnelle, qu’il s’agisse d’avions sauvés de la rouille perdus au fin fond d’un terrain désaffecté ou achetés à un collectionneur privé.
C’est bien connu dans le monde entier : lorsque les Flying Bulls font les 400 coups dans le ciel avec leurs machines restaurées, alors on peut s’attendre à un véritable point fort au programme.
Nous avons jeté un coup d’œil sur la flotte des Flying Bulls pour tout vous dire sur ces beautés à couper le souffle qui ont un bel avenir comme clou d’un spectacle hors du commun.

Le Douglas DC-6B

Aucun autre avion n’incarne mieux que le Douglas DC-6 « l’âge d’or de l’aviation ». Il fait aussitôt venir à l’esprit des images d’une traversée de l’Atlantique à 6 000 mètres d’altitude, accompagnée d’uniformes pimpants et de martinis secs. Mais cette vibe de Super Six Clipper Pan Am de première classe n’est pas forcément ce que Douglas Aircraft avait en tête lorsque le prototype fut dévoilé à Santa Monica.
Le DC 6 est fabriqué au temps de la Seconde Guerre mondiale, une commande de l’US Air Force pour en fin de compte remplacer le DC-4/C-54 Skymaster. Mais une fois le prototype terminé, il n’est plus question de combats et le DC-6 est par conséquent utilisé en 1947 par l’aviation civile. Entre 1946 et 1958, Douglas construit pas moins de 704 DC-6 en 4 configurations différentes.
Si le président Harry S. Truman est le premier homme politique à choisir le DC-6 pour son transport personnel, il n’est décidément pas le dernier. Le DC-6B de la collection des Flying Bulls est à l’origine commandé par Josip Broz Tito. Le président yougoslave l’utilise entre 1958 et 1975, avant de le léguer au président zambien Kenneth Kaunda.
L’avion passe son existence sur l’aéroport de Lusaka avant d’être acheté par une compagnie aérienne namibienne qui commence à le restaurer. En 2000, les Flying Bulls reprennent le projet. Le DC-6 est transporté à Salzbourg où des milliers d’heures sont investies pour lui redonner sa splendeur d’antan, y compris grâce à un intérieur rénové et de nouveaux moteurs Pratt & Whitney R2800 « Double-Wasp ».
Le DC-6 fait sans aucun doute la fierté des Flying Bulls. Il est régulièrement le clou des shows aériens, tandis que de temps en temps, il lui est donné de revenir 60 ans en arrière quand il est utilisé pour le transport de luxe de passagers.

Le North American B-25J Mitchell

Dans la flotte des Flying Bulls, ce ne sont pas les beaux avions qui manquent, c’est sûr. Mais par une claire journée dans les Alpes, avec les rayons du soleil se reflétant sur la carlingue en aluminium et le nez en verre si particulier, aucune machine n’égale en beauté le North American B-25J Mitchell.
Son nom est un hommage au général Williams « Billy » Mitchell, le père de l’US Air Force, lorsque l’avion est utilisé comme bête de somme infatigable pendant la Seconde Guerre mondiale, en interaction avec les Alliés, entre autres. Entre 1941 et 1945, près de 10 000 variantes du B-25 sont produites dans les ateliers de la NAA à Inglewood (Californie) et Kansas City (Missouri).
Les versions marquées « J » sont les derniers modèles courants, ceux dont le plus grand pourcentage a été construit, à savoir 4 318 unités. Le modèle des Flying Bulls est l’un des derniers B-25 fabriqués au Kansas en 1945. S’il n’a jamais été utilisé pour la guerre, il a cependant derrière lui une carrière mouvementée. Le B-25 sert initialement de plateforme de R&D pour tester des éléments électroniques, avant d’être mis hors service sur la base aérienne Davis-Monthan, connue sous le nom de « The Boneyard ».
Le B-25 de Red Bull a relativement bien supporté les conditions climatiques sèches. C'est ainsi que la vie lui est réinsufflée dans les années 1970, dans l’intention de l’utiliser comme avion bombardier d’eau pour lutter contre les incendies de grande ampleur. Mais cela ne s’est jamais produit, il est à la place acheté par un club aéronautique de Kansas City où il effectue ses circuits jusqu’en 1994, avant d’atterrir chez les Flying Bulls.
Au moment où le B-25 fête son 50e anniversaire, les premiers signes de vieillesse se font sentir. Avant d’être transporté au hangar 7 à Salzbourg, il fait l’objet d’une rénovation générale en Amérique. Il est adapté aux besoins de l’aviation civile et équipé d’un intérieur beaucoup plus agréable.
Le B-25 a passé ces 20 dernières années en Autriche où il fait les 400 coups dans le ciel de Salzbourg tout en étant également utilisé pour des shows aériens dans toute l’Europe.

Le Lockheed P-38 Lightning

La flotte des Flying Bulls a en son sein quelques machines dont aucune somme d’argent ne peut égaler la valeur. Mais au chapitre des perles rares dans le contingent Red Bull, le Lockheed P-38 Lightning est le nec plus ultra. Sur les 10 037 modèles de P-38 fabriqués par Lockheed, seuls 26 ont survécu. Et seuls 10 d’entre eux sont en état de voler.
Le P-38 est un véritable avion de combat, construit pour voler encore plus haut et encore plus vite que la concurrence. Il a vraiment été utilisé pour tout faire : bombardements, attaques au sol, combats de nuit, vols d’orientation et transports longue distance. Le design unique avec poste de pilotage central et logements pour les moteurs installés à droite et à gauche a été utilisé par l’armée de l’air à partir de 1941. Il est le seul avion de combat américain à avoir été produit de manière courante pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le modèle de P-38 de 1944 des Flying Bulls recèle une dense histoire. En tout, 3 923 modèles de la version « Lightning » ont été produits. L’ajout « F-5G-6-LO » indique que l’avion des Flying Bulls fut construit dans la configuration photo F-5G dans le 6e bloc de production de l’usine Burbank de Lockheed. Vendu à un particulier peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, il fut équipé de carburateurs modifiés qui lui ont donné un second souffle comme avion de course qui a même gagné quelques prix.
En 1963, l’avion est acquis par le célèbre pilote de guerre Marvin « Lefty » Gardner qui le peint en blanc et l’utilise à Reno lors de courses aériennes où il prend le départ pendant quelques années sous le nom de « White Lightnin ».
En 2001, l’avion doit faire un atterrissage forcé au milieu d’un champ de coton du Mississippi et subit de graves dommages. Les Flying Bulls sauvent la machine et le remettent en forme. C’est maintenant le seul P-38 en état de voler en Europe.

Le Chance Vought F4U Corsair

Maintenant qu’il est près de fêter son 75e anniversaire, les Flying Bulls doivent prendre des précautions avec leur Vought F4U-4 Corsair. Son âge ne lui a cependant rien fait perdre de son agilité. Même après plus de 70 ans, il continue d’exécuter sans problème ses tonneaux 4,5G et il lui arrive même en de rares occasions de voler à une vitesse maximale de 750 km/h.
Le Corsair est une figure emblématique de la Seconde Guerre mondiale surtout associé aux batailles navales dans le Pacifique. Conçu pour le fret aérien, l’avion possède des caractéristiques uniques telles que des ailes rétractables, une incroyable vitesse de pointe et la possibilité d’atterrir sur les ponts courts des cargos. Il est donc toujours en demande comme avion de mission pendant la guerre de Corée. Il est produit entre 1942 et 1953.
Le « -4 » est le dernier modèle de Corsair utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale. L’hélice à 4 pales est vraiment originale, les modèles précédents n’ayant que des hélices à 3 pales. La vitesse de pointe et le taux de montée s’en trouvent considérablement augmentés, mais au détriment de l’autonomie.
Le modèle des Flying Bulls est produit dans l’usine Chance Vought de Stratford (Connecticut) et livré à l’US Navy en 1945, mais ne va jamais au combat. Il est vendu quelques années plus tard à l’armée de l’air hondurienne qui a possédé une flotte de Corsair jusqu’en 1979. Le modèle des Flying Bulls retourne aux États-Unis en 1965 pour faire partie d’une collection privée. Il devient la propriété des Flying Bulls en 1990.
On peut dire qu’avec ses quelque 40 heures de maintenance pour une heure dans les airs, le Corsair est une sorte de diva. Si le voir en vol ne vous envoûte pas, le bruit des énormes moteurs de 46l Pratt & Whitney R-2800 « Double Wasp » vous laissera pantois.