Jake Dearden court lors des Championnats du monde HYROX de Nice, en France.
© Baptiste Fauchille/Red Bull Content Pool

Entraînement HYROX : comment les pros concilient course et musculation

Planification, points faibles, jambes fatiguées, périodisation... Voici comment les meilleurs athlètes structurent leur entraînement HYROX pour performer le jour J.
Écrit par Tom Ward
Temps de lecture estimé : 10 minutesPublished on
Se préparer pour une course d'HYROX, ça n'a rien d'une balade de santé. En plus de maîtriser les huit stations, il faut jongler avec d'autres facteurs : récupération, entraînement ciblé, périodisation, et même la gestion de jambes qui semblent faites de pâte à modeler sur la fin du parcours.
« En HYROX, les différentes épreuves rendent la ténacité nécessaire, et encore plus décisive », explique le coach HYROX Tiago Lousa. « Ce sport teste en permanence votre capacité à performer sous fatigue accumulée, et c'est pour ça que l’endurance joue un rôle si central. »
Aucun athlète d'HYROX ne se ressemble, et les meilleurs le savent : il n'existe pas de programme universel qui fonctionne pour tout le monde, mais il y a quand même des dénominateurs communs dans leur entraînement. Alors, pour vous aider à filer vers la victoire, les meilleurs partagent leur approche du quand, du comment et de l'intensité de leurs séances, le tout basé sur leur propre expérience.
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Un plan hebdomadaire, la clé de voûte de l'entraînement HYROX

Jake Dearden au Red Bull Beyond The Rox (HYROX) à Las Vegas.

Jake Dearden s'organise sur plusieurs semaines

© HYROX/Red Bull Content Pool

Jake Dearden fait partie des meilleurs athlètes de la catégorie Elite Men's Doubles à l'HYROX, aux côtés de son partenaire Jake Williamson. Pour lui, avoir un plan hebdomadaire solide est indispensable. Non seulement cela structure la progression, mais cela permet aussi aux meilleurs athlètes de gérer la fatigue et d'éviter le surentraînement.
« Si je m'entraînais quatre ou cinq fois par semaine, je ferais une séance façon HYROX pour simuler le jour de course, avec un focus sur la course en état de fatigue, puis une séance au à fond sur des efforts de 800 mètres, avant une sortie plus longue et plus lente, et enfin une séance de muscu », explique Dearden.
D'autres abordent les choses différemment. « Ma semaine d'entraînement dépend d'où j'en suis dans la saison », ajoute Hidde Weersma, premier homme à boucler un parcours HYROX en moins de 53 minutes. « Grosso modo, je cours 70 à 80 km par semaine. En phase de construction ou en phase de course, je fais deux séances de renforcement par semaine. »
Celles-ci sont centrées sur du « renforcement traditionnel », comme les back squats et les soulevés de terre.
« Les séances raccourcissent à mesure que la course approche », poursuit Weersma. En phase de construction, les séances en salle peuvent durer 80 minutes. À l'approche d'une course, elles tombent à 45 minutes. « Il faut de la force maximale pour rendre les muscles et les tendons résistants aux blessures, mais on ne veut pas en faire trop juste avant une course. »
Dearden est d'accord : ralentir la cadence à l'entraînement, c'est important. Surtout quand il s'agit de peaufiner ses points faibles. « Il faut se concentrer sur deux ou trois aspects : ça peut être travailler la course en état de fatigue, ou les transitions entre les stations. »
Hidde Weersma face au Ski Erg.

Hidde Weersma est un ancien triathlète désormais coach

© HYROX

Bon, on vous l'accorde, personne ne rêve de courir sur des jambes cramées un dimanche matin (si si, même les pros). Mais c'est le prix à payer pour briller le jour J.
Il s'agit de se concentrer sur les petits détails qui feront la différence le jour de la course. « Demandez-vous avant chaque exercice : en quoi ça m'aide à atteindre mon objectif ? », suggère Dearden. « Si vous ne pouvez pas répondre, ne le faites pas. »
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Les meilleurs athlètes d'HYROX travaillent leurs points faibles

Dearden a atteint un nouveau sommet en 2025 avec un record personnel de 55:44 à l'HYROX de Glasgow. Puis, en janvier 2026, il a franchi un nouveau cap en courant un marathon en 2:22:08 à Houston. D'autres athlètes se seraient contentés de garder leur plan après un tel record personnel. Pas Dearden : il savait qu'il pouvait faire mieux.
Ancien coureur d'ultra-trail, il était conscient que ses tours de 1 km avaient besoin de travail, et s'est lancé dans un entraînement complémentaire qui a directement profité à son HYROX. « Priorisez ce que vous voulez améliorer », dit-il. « Travaillez un point, en laissant l'autre de côté pour l'instant. Pendant que je bossais ma course, j'ai réduit mon renforcement de cinq séances par semaine à deux ou trois. »
Une fois satisfait de sa course, il a pu réajuster son entraînement en conséquence.
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Les meilleurs athlètes d'HYROX s'entraînent à performer sur jambes fatiguées

Alexander Rončević pendant les Hyrox World Championship de Stockholm.

Les pros comme Rončević bossent sur leurs faiblesses

© Mihai Stetcu/Red Bull Content Pool

Chaque athlète Elite a sa propre approche de l'entraînement hebdomadaire. L'un des meilleurs athlètes d'HYROX de l'histoire de la discipline, Alexander Rončević, explique qu'il enchaîne « 20 à 25 heures par semaine, deux fois par jour, avec des intervalles, de la course longue, du renforcement et de la technique ». De son côté, Dearden fait « deux jours de renforcement, deux jours de course en travaillant la vitesse et l'endurance de vitesse. Ensuite, je fais une grosse séance de conditionnement, pour construire cette capacité à bouger sur des jambes fatiguées ».
Il y a un point commun chez les meilleurs athlètes d'HYROX : la nécessité de courir sur des jambes complètement cramées. « Idéalement, à l'entraînement, vous devriez courir pendant le temps que vous pensez mettre pour boucler tout le parcours (au moins 90 minutes) », dit Dearden.
L'athlète anglaise de l'Elite 15, Lucy Procter, ajoute : « La course représente environ 40 à 50 % de mes heures d'entraînement hebdomadaires. Comme l'HYROX est un sport d'endurance, le travail d’aérobie est essentiel, mais trop de course peut mener à la fatigue ou aux blessures. »
Mais marteler le bitume ou le tapis de course finit par avoir ses limites. « À un moment, les rendements diminuent, alors plutôt que de saturer les kilomètres, j'équilibre avec d'autres activités aérobies comme le vélo », explique Procter. Le vélo d'appartement n'a jamais autant eu la cote.
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La périodisation, pilier de l'entraînement HYROX

Lucy Procter au cours des HYROX World Championship de Stockholm.

Lucy Procter a trouvé l'équilibre parfait ?

© Mihai Stetcu/Red Bull Content Pool

Des athlètes comme Hunter McIntyre, Megan Jacoby et Rončević écrivent régulièrement l'histoire du sport. S'ils sont des habitués du podium, c'est en grande partie grâce à la périodisation, une notion clé selon Piers Plowman, Education Manager de la HYROX Academy.
Cerner le plan d'entraînement hebdomadaire d'un athlète d'HYROX est compliqué, car il évolue constamment selon la période de la saison. Chaque athlète a son propre coach, ses forces et faiblesses et ses objectifs personnels. Certains courent en solo, d'autres aussi en Doubles, ce qui implique d'adapter l’entraînement aux mouvements, à la réflexion et aux réactions de son partenaire.
Un point commun chez tous les meilleurs athlètes : ils s'entraînent selon des phases progressives. « Ils ont suivi une surcharge progressive structurée », dit Plowman. « Ils ont intégré une récupération volontaire pour tenir sur la durée. »
Mais parfois, rester régulier dans sa forme, c'est aussi savoir dire non à l'entraînement quand on n'en a pas envie. « Il faut de la discipline pour dire non à ce sprint en plus, non à cet EMOM [Every Minute On the Minute, un format d'entraînement] trop dur », explique Plowman. « Le zèle peut donner l'impression de s'investir, mais il peut aussi ruiner votre régularité. »
Autrement dit, oui, suivre le plan reste essentiel, mais savoir s'adapter et faire confiance à son corps compte encore plus. Et parfois, il s'agit moins de cocher des objectifs hebdomadaires que de voir les choses en grand. « Je le répète sans cesse à mes athlètes : vous n'essayez pas de gagner lundi, vous essayez de gagner dans six mois », ajoute Plowman. « C'est là que la régularité l'emporte sur l'intensité. »
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Un bon entraînement HYROX repose sur l'équilibre

Alexander Rončević aux Championnats du monde HYROX de Stockholm.

Alexander Rončević s'entraine pendant 20 à 25 heures chaque semaine

© Mihai Stetcu/Red Bull Content Pool

Une partie cruciale de l'entraînement HYROX, c'est de ne pas oublier qu'on parle ici d'entraînement hybride. Autrement dit, cardio et renforcement doivent se compléter. Tout ce que vous faites doit soutenir tout le reste, avec en ligne de mire votre course HYROX. « L'entraînement doit avoir une approche mixte », dit Dearden.
Par le passé, la semaine de Dearden se composait de deux jours de course, deux jours de renforcement, et une grosse séance de conditionnement. Le tout pensé avec précision, comme les pièces d'un puzzle qui s'emboîtent.
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La récupération, un pilier de toute semaine d'entraînement HYROX

Parfois, il faut savoir faire des sacrifices. Les meilleurs athlètes le savent : il est impossible de tout donner, tout le temps. Le faire, c'est prendre le risque du surentraînement, des blessures, voire du burn-out. Mieux vaut se concentrer sur de petites améliorations semaine après semaine, plutôt que de donner 100 % sur tout.
Ida Mathilde Steensgaard, membre de la Women’s Elite 15, aux HYROX World Championship de Chicago.

Ida Mathilde Steensgaard à l'HYROX de Chicago

© Christian Pondella/Red Bull Content Pool

Quotation
Ne faites pas que des cours collectifs d'HYROX. Allez-y une fois par semaine, et utilisez les deux jours restants pour la musculation et la course
« Si vous voulez vous concentrer sur des stations HYROX précises pendant votre bloc d'entraînement, vous ne pouvez pas être trop fatigué à cause d'autre chose », dit Weersma. « Si vous misez sur du travail à basse intensité, avec une seule séance d'intervalles de course par semaine, ça vous laissera de l'énergie pour vraiment vous concentrer sur ce que vous voulez travailler. On ne peut pas pousser fort tous les jours. Si vous faites ça, la qualité de l'entraînement chute. Je crois vraiment qu'il faut se concentrer sur deux séances clés par semaine, et s'assurer qu'elles se passent bien. Si vous sentez que vous pouvez en faire plus après ça, tant mieux. »
La récupération, c'est aussi construire sa force mentale, à l'entraînement comme en course. Dearden a son astuce à lui. « Quand je traverse un moment noir en compétition, je pense à tous ceux qui me regardent, à tous ceux qui ont fait le déplacement pour me soutenir. Je ne vais pas les laisser tomber. »

Peut-on s'entraîner à l'HYROX seulement trois fois par semaine ?

Les pros ont livré un aperçu de haut niveau de leur propre régime d'entraînement. Mais l'HYROX est ouvert à tout le monde, et tout le monde ne peut pas faire de l'entraînement une priorité absolue. Si c'est votre cas, pas de panique. Vous pouvez lever un peu le pied, du moins pour votre première course.
« Si l'objectif est de terminer la course, de bouger en continu, de courir les 8 km sans marcher et de passer les ateliers sans être submergé, alors trois séances bien structurées par semaine peuvent largement suffire », affirme Lousa.
Laura Horváth fait du rameur lors des Championnats du monde HYROX 2026 à Stockholm.

Le sommeil, la nutrition et la récupération sont tout aussi importants

© Mihai Stetcu/Red Bull Content Pool

« Ne faites pas que des cours collectifs d'HYROX », ajoute Ida Mathilde Steensgaard. « Allez-y une fois par semaine, et utilisez les deux jours restants pour la musculation et la course. »
Il y a une marge de manœuvre ici : l'entraînement HYROX, c'est avant tout travailler ses propres points faibles, et tester ce qui vous convient le mieux.
Lousa suggère de découper une semaine en trois séances comme suit : une longue séance d'ergo et de course, ou de course et de vélo, pour construire la capacité aérobie. La séance suivante doit se concentrer sur le renforcement, avec un accent sur les mouvements typiques de l'HYROX comme les fentes, les squats, les développés, les thrusters et les carries.
Enfin, lacez vos baskets pour une séance de course pure, histoire de travailler votre allure. À l'approche de votre premier HYROX, transformez cette dernière séance en course en répétition de trajets entre les stations, pour travailler les transitions et la capacité à performer sous la fatigue.
« Les plus gros gains de performance viennent souvent du fait de bien faire les bases », ajoute Lousa. Sommeil, nutrition, récupération et gestion du stress sont essentiels. « Rien de tout ça n'est excitant, mais tout compte. »

Fait partie de cet article

Jake Dearden

Star montante du sport de course de fitness en pleine expansion, le Britannique Jake Dearden est déjà champion du monde d'HYROX et ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.

Royaume-UniRoyaume-Uni

Lucy Procter

The English HYROX Elite 15 athlete pushes limits in fitness racing with resilience and focus. She embraces challenges, fuels growth and strives to achieve peak performance.

Royaume-UniRoyaume-Uni

Alexander Rončević

From swimming pools to fitness racing podiums – Austria's Alexander Rončević is widely recognised as one of the best HYROX athletes in the sport's history and a current double world record holder.

AutricheAutriche

Ida Mathilde Steensgaard

Ida Mathilde Steensgaard, athlète de la course à obstacles, s'est donné pour objectif de conquérir certains des plus grands événements de ce sport.

DanemarkDanemark