Isack Hadjar de Visa Cash App Racing Bulls assiste à la conférence de presse des pilotes du Grand Prix de Shanghai de Formule 1 2025 sur le circuit international de Shanghai.
© Clive Rose/Getty Images/Red Bull Content Pool
F1

Isack Hadjar : la vraie vie de pilote de F1

Fraîchement débarqué en Formule 1, Isack Hadjar, déjà un podium à son actif, a accordé un entretien au youtubeur LeBouseuh. L’occasion pour lui de revenir sur son parcours passé et futur.
Écrit par Red Bull France
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« Je stresse alors que je parle à un mec qui pourrait être mon petit frère ». C’est de cette manière que le youtubeur français LeBouseuh entame l’interview de la pépite française du sport automobile. Difficile de lui en vouloir, rien de plus normal que d’être impressionné par ce talent brut qui était au départ du Grand Prix d’Australie le 16 mars.
De son côté, Romain ‘LeBouseuh’ Goisbeau, Youtubeur aux 4,51M d’abonnés, a développé, au cours de ces dernières années, un grand attrait pour les sports automobiles. Après avoir participé aux deux éditions du mythique GP Explorer, il a permis à ses followers de découvrir Isack Hadjar et La vraie vie de pilote de F1.
Cet entretien a eu lieu en début de saison, entre-temps, Isack Hadjar est allé décrocher un premier podium après 15 course parmi l'élite de la Formule 1. Aux Pays-Bas, à Zandvoort, le pilote avait déjà brillé en début de week-end avec une belle 4e place lors de qualifications. Il a récidivé le dimanche, repoussant les assauts de Charles Leclerc et George Russell, avant de profiter d'une fuite d'huile qui a contraint Lando Norris à l'abandon.
Isack Hadjar sur le podium du GP des Pays-Bas

Isack Hadjar sur le podium du GP des Pays-Bas

© Getty Images / Red Bull Content Pool

« C’est un peu irréel », a déclaré Hadjar. « Ce qui m’a le plus surpris, c’est d’avoir réussi à conserver cette quatrième place pendant toute la course. »
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« Un rêve de gosse et un peu plus »

Il ne s’écoule que 5 ans entre la naissance d’Isack Hadjar et le moment où il pose le pied sur une pédale d’accélérateur. Un an plus tard, il entreprend une démarche « plus sérieuse » (selon ses mots) (oui oui, à 6 ans). On pourrait alors penser que cette initiative de mettre cette jeune pousse aussi vite face au volant venait de ses parents, mais il n’en est rien. « Ça vient de moi, j’ai toujours voulu faire ça. Tu vois le film ‘Cars’ ? Il m’a boosté. Je l’ai vu et je me suis dit ‘ok, c’est bon, ça c’est mon truc’. déclare-t-il avec un air nostalgique. « J’avais toujours une petite voiture dans les mains ».
Le pilote français Isack Hadjar prend place à bord de sa Formule 3 en Hongrie.

Isack Hadjar à bord de sa Formule 3 en Hongrie

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Alors qu’il n’est âgé que de 7 ans, il participe à ses premières compétitions régionales à bord d’un kart de 4 chevaux et demi. Le début d’une trajectoire qui ne sera plus qu’ascendante. Du niveau régional aux championnats du monde 2018 en passant par à peu près tous les circuits du pays, Isack Hadjar a su faire ses preuves en kart avant de passer à l’échelon supérieur.
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« La FFSA, c'était comme une deuxième maison »

Le jeune pilote Isack Hadjar est l'une des révélations de la saison en Formule 3.

Isack Hadjar, l'étoile montante du sport automobile français

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Par la suite, sa précocité et son obsession pour la F1 prennent le dessus. Même si lorsqu’il rentre à la FFSA Academy (Fédération Française du Sport Automobile) il continue de suivre son cursus scolaire en lycée public, il explique :« la FFSA, c’était comme une deuxième maison ». Il y découvre le plaisir de la monoplace en F4, termine à la 7e place du championnat de France et enregistre sa première victoire à Spa-Francorchamps. Un an plus tard, il grimpe à la troisième place du podium du haut de ses 16 ans.
Ses perspectives d’avenir ne passent alors plus inaperçues. Il intègre la FRECA, un championnat de F3 régional à mi-chemin entre la F4 et la F3. Si certains pilotes tentent de passer de l’un à l’autre en sautant cet intermédiaire, Isack se félicite aujourd’hui d’avoir fait ce choix pour faciliter sa transition. Un choix qui s’avérera payant car c’est en Formule Régionale qu’il explose aux yeux du grand public. Auteur d’un superbe succès en terre monégasque, il consolide sa place de rookie de l’année. Alors qu’il pointe à la troisième place du classement général, il est repéré par Red Bull et annonce rejoindre la Junior Team pour la saison 2022… en F3 FIA cette fois.
Portrait du pilote Isack Hadjar lors de la neuvième étape du Championnat FIA de Formule 3 2022 à Monza, en Italie.

Isack Hadjar

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Son talent l’empêche de s’éterniser dans cette catégorie. Il y court une saison et se bat directement pour le sacre face à Victor Martins et Oliver Bearman. Malheureusement, une qualification manquée à Monza annihile ses chances de victoire finale. Si la déception existe, Isack voit désormais cette étape comme un véritable tremplin médiatique : « c’est en même temps que la F1, c’est diffusé sur Canal Plus, donc forcément la médiatisation n’est plus la même ». Il termine quatrième mais a marqué les esprits, au point de découvrir la F2 quelques mois plus tard.
Sa première saison fait office d’adaptation. Au sujet du passage F3 - F2, il déclare : « c’était dur, le step a été compliqué. Je me souviens que je ne me sentais pas à l’aise avec mon équipe. Ce n’est plus simplement ‘tiens, on te donne la voiture et tu vas rouler’, cette fois, il y a un vrai travail collectif avec les ingénieurs. Si tu ne te sens pas écouté, ça ne peut pas marcher ». Il termine 14e. En revanche, la saison suivante, Isack Hadjar s’impose encore un peu plus comme l’étoile montante du circuit automobile. Avec Campos Racing, il devient vice-champion du monde de F2. Cette année-là, Isack peut même nourrir certains regrets. Alors qu'il s'apprête à s'élancer sur la piste d'Abu Dhabi pour la dernière course de la saison, il accuse un léger retard de 4,5 points sur Gabriel Bortoleto. Malheureusement, le français cale sur la ligne de départ et doit faire une croix sur le titre. Une saison qui s'apparente malgré tout à une franche réussite a posteriori : « on a rectifié le tir, on va dire » dit-il, arborant un fier sourire aux lèvres.
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« Plus de mauvais souvenirs que de bons »

Isack Hadjar sur le podium en Formule 2 lors du Grand Prix automobile d'Émilie-Romagne.

Isack Hadjar sur le podium en Formule 2

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Bien souvent, les pilotes de F1 sont enviés par les jeunes générations. Caractérisant un modèle de réussite, ils suscitent l’intérêt, la curiosité, parfois même la jalousie. Pourtant, lorsque LeBouseuh demande à Isack d’évoquer les difficultés qu’il a pu rencontrer dans sa jeune carrière, le pilote semble bloqué par l’embarras du choix. Pour répondre à la question, il doit revenir aux prémices de sa carrière, à l’époque du karting : « quand je fais ma première saison à l’international, je prends conscience du coût que ça représente. À ton jeune âge, tu as déjà une pression financière que tu vas te trimballer toute ta carrière. À cause de cet aspect économique, j’avais la frustration de ne pas pouvoir participer à toutes les courses du championnat, déplore-t-il. Quand j’étais en cours, les mecs étaient en train de rouler [...] quand tu arrives à la course, forcément tu es beaucoup moins préparé (qu’eux) ».
Bien qu’il en soit aujourd’hui vice champion du monde, son passage en F2 est loin d’être un long fleuve tranquille : « l’année la plus difficile de ma vie ? C’est en F2. En 2023, à certains moments je me disais ‘jamais je n’irai en F1’. Quand ça ne fonctionne pas du tout, il y a certains week-end ou tu te demandes pourquoi tu as fait le déplacement. Honnêtement, j’ai connu des moments pourris », déclare-t-il d’autant plus satisfait d’occuper sa position actuelle malgré les nombreux obstacles.
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Un nouvel environnement avec des visages familiers

Portrait du pilote français de Formule 1 Isack Hadjar.

Hadjar va-t-il continuer de grimper les échelons ?

© Dutch Photo Agency/Red Bull Content Pool

Après une ascension exponentielle au fil des ans, Hadjar se trouve aujourd'hui à un tournant de sa carrière. Le moment où s'est déroulée l'interview a été marqué par sa préparation à la catégorie reine du sport automobile. Interrogé sur ses relations antérieures avec ses coéquipiers, Isack n'a montré aucune réserve : « Je suis peut-être biaisé, mais je pense que je suis un coéquipier facile à vivre. Je me considère comme un vrai joueur d'équipe. J'ai toujours été bon avec mes collègues, je n'essaie pas de cacher des informations ». D'ailleurs, le prodige français s'est déjà installé en Italie pour se familiariser avec son nouvel environnement.
Interrogé sur ses relations avec ses autres rivaux, il répond : « je m’entends très bien avec Pierre (Gasly), et bien sûr il y a ceux de la promo F2 qui sont montés en F1 que je connais très bien. Ce sont des mecs que je connais depuis qu’on est gamins. On roule dans les mêmes championnats, on s’est tous suivis et on a vu notre progression, du karting jusqu’à la F1. C’est cool d’être sur la grille avec des mecs comme ça ».
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De ambition, toujours de l’ambition

Isack Hadjar dans la Visa Cash App Racing Bulls VCARB 02 lors des qualifications sprint sur le circuit international de Shanghai 2025 avant le Grand Prix de Chine de Formule 1.

Qualifications du sprint au Grand Prix de Chine

© Clive Rose/Getty Images/Red Bull Content Pool

Si un grand nombre de suiveurs reposent leurs espoirs sur le Franco-algérien de 20 ans, Isack Hadjar démontre une certaine lucidité quant à ses attentes pour la saison actuellement en cours. « Mon objectif c’est de me démarquer. Je suis conscient de ne pas avoir une voiture conçue pour gagner directement, dit-il. Je veux être assez impressionnant en piste pour qu’on se dise ‘lui il en a’. J’ai un super coéquipier pour progresser. Yuki (Tsunoda) a de l’expérience, c’est mon meilleur point de comparaison ».
Cependant, depuis l'interview, il a été révélé que le Néo-Zélandais Liam Lawson rejoindrait Hadjar chez Visa Cash App Racing Bulls à partir du Grand Prix du Japon à Suzuka le 6 avril - la troisième manche de la saison 2025 - et que Tsunoda irait piloter pour l'Oracle Red Bull Racing.
Isack Hadjar de Visa Cash App Racing Bulls est concentré et prêt alors qu’il se prépare pour le Grand Prix de Chine 2025 sur le circuit international de Shanghai.

Hadjar a franchi les étapes une par une pour arriver en F1

© Clive Rose/Getty Images/Red Bull Content Pool

Isack Hadjar rejoint donc Pierre Gasly et Esteban Ocon et devient le troisième français en lice pour la prochaine saison de F1. Bien qu’il ait cette étiquette de pilote très prometteur, il a toujours su prendre les étapes les unes à la suite des autres. Très bien conseillé, il est aujourd’hui particulièrement reconnaissant de l’impact qu’a pu avoir sa famille dans son développement. « Ils m’ont toujours accompagné, c’est un projet familial. Tu ne peux pas avoir 7 ans et décider seul de te lancer dans des compétitions de kart. Il faut un bon accompagnement, un bon entourage. Mes parents ont toujours été intelligents dans leur approche. On a toujours bien choisi les championnats qu’on voulait faire. Je pense qu’on a été intelligents ».
Aujourd’hui dans l’élite du sport automobile, Isack Hadjar ne changera pas pour autant de fusil d’épaule. Ironiquement, il tient à ne pas confondre vitesse et précipitation. Il avancera pas à pas sur la route du succès, avec, dans un coin de sa tête, l’objectif d’être, un jour, champion du monde.

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Isack Hadjar

Désormais pilote de F1, passé par la Red Bull Junior Team depuis une victoire remarquée en Formule Régionale à Monaco, Isack Hadjar a fait ses preuves en F3, F2 et désormais en Formule 1.

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