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Le pilote de Formule 2 Isack Hadjar célèbre sa victoire sur le podium du Grand Prix d'Émilie-Romagne 2024 à Imola.
© Dutch Photo Agency/Red Bull Content Pool
F1
Le titre en F2 pour Isack Hadjar : « clairement faisable »
Après 6 courses, Isack Hadjar est en seconde position au classement des pilotes de F2. À l'aube du Grand Prix d’Autriche, le pilote du Red Bull Junior Team revient sur sa saison et ses objectifs.
Écrit par Red Bull France
Temps de lecture estimé : 9 minutesPublished on
Cette année, Isack Hadjar fait partie des favoris au titre en Formule 2. Après des victoires à Melbourne, Imola et une très belle deuxième place à Monaco, le Franco-Algérien de 19 ans est à 9 points de la tête du classement des pilotes. Il a accepté de décrypter avec nous quelques-unes de ses courses, de nous parler de ses objectifs, de son acclimatation chez Campos Racing ou encore de sa place au sein du Red Bull Junior Team.

Peux-tu nous raconter ton week-end à Barcelone ?

Je suis arrivé avec beaucoup d’attentes, c’est la piste à domicile pour l’équipe (son écurie, Campos Racing, est domiciliée à Valence, ndlr) et on avait fait des tests plutôt dans la saison, et on avait été les plus rapides. Mais on n’a pas réussi à concrétiser en qualifications, sur le premier set de pneus, on était premiers, et sur la dernière tentative, j’ai fait une erreur sur mon tour, j’ai pris du trafic dans le dernier virage… Tout s’est aligné pour qu’on ne fasse pas la pôle. J’ai été le seul pilote à ne pas améliorer (son temps, ndlr) sur le deuxième relai, et ça nous fait passer de 1er à 11e, du coup, on n’a même pas bénéficié de la grille inversée pour la course sprint. Partir 11e sur les deux courses, c’était compliqué, mais samedi j’ai fait une bonne course, je finis 6e, je remonte. Le rythme était très bon. Le dimanche, avec un énorme départ, on se retrouve 5e au bout de trois virages. De là, je pense qu’on aurait pu faire mieux sur la stratégie et peut-être jouer le podium, mais on s’est contenté d’une 5e place. Pour un week-end lors duquel on partait loin sur les deux courses, c’est pas mal.

Le pilote de F2 Isack Hadjar se prépare dans le paddock du Grand Prix d'Espagne.
Isack Hadjar au Grand Prix d'Espagne© Dutch Photo Agency/Red Bull Content Pool

Avec le recul, maintenant que tu as remporté plusieurs GP, qu’est-ce que tu penses de la pénalité lors du sprint de Melbourne ? Est-ce que ça ne t’as pas aidé à pousser le lendemain ?

Honnêtement, non. Tu restes professionnel, les émotions passent après. J’étais juste dégouté de prendre une pénalité pour quelque chose qui n’était pas de ma faute, mais ça fait partie du sport auto.

Peux-tu nous parler de ta victoire à Imola ?

On partait 3e, avec Bearman et Bortoleto devant donc je savais que ça irait vite devant et qu’il fallait que je prenne un bon départ. Le problème, c’est que je m’étais accroché le samedi donc je n’avais pas trop mes références. Mais on fait quand même un très bon départ, on prend la deuxième position. Les premiers tours sont compliqués, j’ai du mal à me mettre dans le rythme, mais je tiens le DRS de Bearman (Drag Reduction System, un système qui permet de booster l’aérodynamisme de la voiture et aide à dépasser un adversaire, ndlr). On décide de piter (s’arrêter aux stands, ndlr) en premier, l’arrêt aux stands se passe très bien alors que Bearman a un problème. Et avec l’undercut (passer aux stands tôt pour profiter de pneus neufs et dépasser un adversaire lorsque celui-ci s’arrête, ndlr) qu’on fait, on reste devant Bortoleto. Au moment où il s’est arrêté, il ressort à trois secondes de moi. Et de là, ça a été une bataille à tous les tours pour le chrono. Il était plus rapide que moi honnêtement, il remontait petit à petit. Dans les derniers tours, il arrive à rentrer dans le DRS, mais je défends très bien, et on ramène la victoire à la maison. C’était une course sous pression mais on a tenu.

Isack Hadjar célèbre une victoire en Formule 2 avec son équipe.
La F2 est loin d'être un sport individuel© Dutch Photo Agency/Red Bull Content Pool

Pendant cette course, il y a notamment un pneu qui est parti d’une voiture dans la voie des stands, comment on gère ce genre de choses en tant que pilote ?

Ils avaient mal fixé la roue, et le pneu s’est barré pour aller taper un de mes mécanos qui était en train de faire l’arrêt au stand d’un de mes coéquipiers (Pepe Martí, ndlr). Du coup, lui non plus n’a pas bien fait son boulot, vu qu’il vient de se prendre un pneu… et mon coéquipier repart sans la roue. C’était le chaos.

C’est la partie un peu chiante de la course du dimanche, c’est un peu la pression quand on arrive aux stands, mais on se dit qu’on peut compter sur nos gars. S’ils font une erreur, c’est nous qui payons, donc c’est toujours stressant. Mais pour l’instant, mes mécanos ont toujours fait du bon boulot, on a de très bons arrêts aux stands, donc on a confiance.

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Le Grand Prix de Monaco a été plein de rebondissements et ça a forcément été frustrant, tu peux nous en parler ?

De toute façon, en partant 3e, sur Monaco, l’objectif c’est de finir 3e. Au final, on prend la 2e place au premier virage, c’était inattendu et j’étais prêt à m’en contenter quoi qu’il arrive. Verschoor allait gagner, et finalement il a son problème moteur, on en profite et on prend provisoirement la tête de la course. Après, ce qui s’est passé est simple : O’Sullivan était derrière (en 10e position au 19e tour, ndlr), il a parié sur une stratégie avec un arrêt aux stands très tardif en profitant d’une safety car… et c’est arrivé. La probabilité était super faible et il a gagné mais bon, ça fait partie du jeu. Nous, le but, c’était de faire une bonne course. Au final, on finit 2e en partant 3e, c’était déjà un gros résultat. Sur le moment c’était très frustrant, mais le résultat est exceptionnel.

Isack Hadjar roule au volant de sa monoplace lors du Grand Prix de Formule 2 de Monaco.
Isack a performé à Monaco© Dutch Photo Agency/Red Bull Content Pool

Qu’est ce qui a changé entre la saison dernière et celle-ci pour toi ? Tu as vu une grosse différence entre Hitech et Red Bull en termes d’approche, de façon de travailler etc ?

C’est l’environnement dans lequel je suis, je dirais qu’il est plus sain. Je me sens mieux avec ma nouvelle équipe. Je me sens plus écouté, je suis épanoui dans ma nouvelle team. Je fais du très bon travail avec les ingénieurs, la voiture a l’air de tout le temps marcher… je me sens juste très bien, et ça joue énormément. Je ne me sens pas bien meilleur que l’année dernière (en termes de conduite, ndlr). Même si j’évolue, ça n’explique pas la différence de résultats, ça ne vient pas seulement de moi.

Vous avez des axes de travail particuliers concernant la voiture ?

On aimerait bien, mais on n’a pas assez de tests et on ne peut pas se permettre d’expérimenter pendant les week-ends de course. Du coup, on ne peut pas taffer sur quelque chose de très spécifique, on n’a pas le temps pour ça, donc on essaye de gagner un peu partout, mais en ayant une vue globale de la voiture, il faut faire des compromis. C’est un peu ça le problème de la F2, c’est le manque de test. Mais honnêtement, la voiture a performé sur toutes les pistes, notre base est très saine, donc j’ai aucun doute.

L'équipe d'Isack Hadjar travaille sur sa monoplace dans le paddock d'un Grand Prix de Formule 2.
Isack est à l'aise dans sa nouvelle équipe© Dutch Photo Agency/Red Bull Content Pool

Est-ce qu’on a pas un peu plus de pression quand on sent que la voiture fonctionne bien ?

Non. Honnêtement, c’est plus compliqué quand tu as une voiture qui marche pas (rires). La pression, tu l’as quand tu vas en qualif le couteau entre les dents parce que tu sais que tu dois compenser. Là, avoir une bonne voiture… tu gagnes en confiance, tu pilotes à un meilleur niveau, tout va mieux.

Comment tu te sens à l’approche du GP d’Autriche ?

Je me sens en confiance. Je pense qu’il y a aussi une envie de faire mieux, parce que la qualif de Barcelone, je l’ai encore en travers de la gorge. On était les favoris, et finir 11e… On a envie de faire beaucoup mieux et on arrive sur des pistes que j’adore. Le Red Bull Ring et Silverstone, j’ai gagné sur les deux en F3. Et puis c’est un peu la course à la maison, il y a ça aussi qui joue. Et pour Silverstone, c’est une de mes pistes préférées. Et en plus, c’est deux week-ends de suite donc il y a pas le temps de s’ennuyer.

Quels sont tes objectifs pour cette saison avec cette deuxième place au général (et à 9 points du leader) ?

On joue le titre, pas le choix. Honnêtement, je suis très confiant sur mes chances. Il faut rester régulier et limiter les erreurs. Ce n’est pas seulement envisageable, c’est clairement faisable.

Contexte : pour le Grand Prix d’Arabie, Oliver Bearman a été appelé au volant d’une Ferrari pour remplacer Carlos Sainz, hospitalisé pour une appendicite. Sans préparation ou presque, il a terminé 11e des qualifications et 7e en course le lendemain.

Tu as eu l’occasion d’échanger avec Oliver Bearman concernant son expérience en F1 ? Je sais que tu as pu rouler au volant d'une F1, tu dois forcément pas mal y penser...

Oui. On en a tous parlé entre nous en F2. Ce qu’il a fait, on a tous été impressionnés, c’était fort. Une F1 à Djeddah, sans faire d’essais libres… Arriver en qualifs et faire ce qu’il a fait, c’était vraiment très fort. Il a souffert physiquement, il n'était pas prêt à ça et c’était assez drôle, mais vraiment il nous a tous choqués, même si ça montre le niveau qu’il y a en F2, il y en a beaucoup qui sont prêts à aller en F1.

Quels sont tes projets pour le long terme ?

Pour l’instant, j’ai pour objectif de remporter la F2. Après, si je coche cette case, la perspective, c’est la F1… De toute façon, le junior team et l’academy existent pour une raison, mais il faut que je gagne la F2, ça, ce n’est pas négociable.

Pour suivre la saison d’Isack Hadjar et être certain de ne rater aucune course, rendez-vous sur notre calendrier de F2. L’année prochaine, il faudra peut-être consulter celui de Formule 1
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Isack Hadjar

Membre du Red Bull Junior Team depuis une victoire remarquée en Formule Régionale à Monaco, le Parisien a su faire ses preuves en F3, F2 et prochainement en F1.

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