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Justine Dupont : l'histoire du ride de l'année

© Leo Francis/Red Bull Content Pool
Vagues monstrueuses, victoires et records personnels : on a rencontré une Justine Dupont XXL, qui nous raconte la plus belle saison de sa carrière, couronnée par un award du Ride of the Year !
Écrit par Red Bull FrancePublié le
Surf · 1 minutes
Justine Dupont : le ride de l'année
Et un award de plus ! Suite à sa folle session en février 2020 à Nazaré, Justine Dupont a remporté le Red Bull Big Wave Award du "Ride of the Year". La consécration d'une saison 2019-2020 déjà légendaire pour la surfeuse bordelaise, qui a également décroché un titre aux mondiaux de SUP, surfé une vague de plus de 20 mètres en novembre 2019 et gagné le Nazaré Tow Surfing Challenge.
Croisée en février dernier peu de temps après son exploit, Justine nous avait raconté l'histoire de ce ride d'anthologie. Un bel entretien à lire (ou relire) ci-dessous !
Est-ce que tu peux nous raconter les moments qui ont précédé le Tow Surfing Challenge à Nazaré ? Tu avais repéré des grosses conditions ce jour là ? Et comment tu te sentais ?
La fréquence des vagues est hallucinante à Nazaré, mais le jour de la compèt était annoncé sans vent. Et ça, pour nous, c’est le mieux. On avait attendu ce genre de conditions tout l’hiver. Le seul souci, c’est que le format du Challenge impose des sessions de 30 minutes max. Et normalement, je passe 5 ou 6 heures dans l’eau à surfer. On a donc décidé d’aller surfer dès le lever du jour, avant que la compèt ne démarre. Avec le brouillard, l’ambiance était assez magique, et Fred (David, son équipier-compagnon ndlr.) trouvait toutes les bonnes vagues. On était donc en confiance. Pour moi, c’était déjà une très bonne journée, et le Challenge a démarré sur les mêmes bases. Dès les 2-3 premières minutes, je prenais des très belles vagues !
Et puis tu as surfé un monstre assez rapidement…
Oui. Dès mon deuxième passage. Une vague de 20 mètres et plus. Il faut attendre l’homologation officielle, mais je pense que c’est la plus grosse de ma vie. La forme était magnifique. Un truc typique de Nazaré. Lorsque les vagues rencontrent le canyon, elles se déploient très rapidement. Sur la planche, j’ai senti qu’elle était en train de s’étendre et de grossir derrière moi. C’était magique. Et la forme était magnifique.
Surf · 12 minutes
Justine Dupont – The Quest – S01E01
Plus belle que celle de novembre dernier, qui faisait déjà plus de 20 mètres ?
Oui. Encore plus impressionnante. Hyper-lisse, puissante, avec une forme en pic dingue. Franchement, c’était une vague proche de la perfection.
Surfer des grosses vagues, c’est ton métier, mais face à un titan pareil, tes repères doivent changer, non ?
Ça reste du surf. On gère juste les émotions différemment. Il y a un peu plus de peur. Mais l’expérience aide, et le travail aussi. On apprend, on analyse nos vidéos, on écoute les gens expérimentés… Ces vagues, c’est l’aboutissement de tout notre boulot.
Oui, donc tu es un peu en pilote automatique dans l’eau…
Oui. Et ce qui est chouette, c’est que tout ce que j’ai fait dans d’autres disciplines m’aide aussi. Ma planche actuelle, même si elle est lourde, ressemble à celles que j’utilise sur les compèts de shortboard. Celles avec lesquelles j’ai appris à faire des manœuvres. Et comme une très grosse vague est en fait constituée d’une succession de petites vagues, mon bagage technique est très utile. Pouvoir bouger la planche, garder son équilibre, c’est crucial.
Le fait de vivre et de t’entraîner à Nazaré doit aussi aider, non ?
Bien sûr. Tu t’habitues, même si les vagues restent effrayantes quand tu les vois de loin. Ce sont des montagnes d’eau, et ça m’impressionne encore. Mais petit à petit, tu apprends à dompter leur puissance. On a beaucoup gagné en confiance avec l’équipe, et on se sent chez nous. C’est un énorme avantage.
Depuis ton retour de blessure, tu accumules les récompenses et les grosses perfs. Comment tu expliques cette belle séquence ?
En fait, j’étais déjà dans une très bonne dynamique avant de me blesser. J’étais sereine, et ma progression a été lente, mais constante. Au début de la saison dernière, je me suis dit que j’avais acquis suffisamment d’expérience pour surfer des très grosses vagues. Certes, la blessure a été un frein, mais c’est une discipline qui s’accompagne de certains risques. Il faut savoir les accepter.
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The Quest, épisode 2 : Justine Dupont dans l’enfer de Jaws
Tu n’as donc pas trop douté pendant la convalescence…
Non. Une blessure, ça permet de se poser, de réfléchir à ses objectifs et à la meilleure façon de les atteindre. Il faut voir le côté positif des choses. Je me suis reconstruite physiquement, durant des mois, tout en bossant sur une meilleure préparation. Ça n’a pas été facile, mais je savais que ça me permettrait de surfer des vagues encore plus grosses derrière. Quand on a attaqué la saison, on a donc rapidement performé.
Tu passes ton quatrième hiver à Nazaré. Tu songes à changer de base ?
Parfois, mais c’est un endroit magique, où on trouve les plus grosses vagues du monde. Pour l’entraînement, c’est idéal. Et puis, j’y ai encore des objectifs. Je veux surfer à la rame et progresser encore plus en surf tracté. C’est très motivant.
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L'énorme vague de Justine Dupont à Nazaré
Tu parlais de Mavericks, récemment…
Oui, j’ai toujours envie d’y aller. Mais j’aimerais aussi surfer des grosses vagues en Irlande, en France, en Galice… Je bougerai en fonction des swells et des opportunités.
Ton but ultime, c’est de surfer la plus grosse vague du monde, ou plus simplement de prendre régulièrement des monstres ?
C’est un tout. J’ai envie de continuer à progresser, et si ça marche, je finirai par surfer la plus grosse. Mais ce n’est pas mon objectif principal. Je veux aller toujours plus loin pour apprendre sur moi-même, exploiter tout mon potentiel et découvrir toujours plus de nouvelles émotions.
Tu affines encore ta préparation, physiquement et techniquement ?
Bien sûr, on peut toujours progresser. Même au niveau matériel. Là, j’ai une planche que j’adore, fabriquée par un shaper local, Polen. Mais je peux encore changer des choses pour aller plus vite. Physiquement, je peux aussi prendre plus de poids et gagner en souplesse. Et puis, bien sûr, il y a la sécurité… Fred a été sauveteur. Il connaît parfaitement l’océan, mais il y a encore beaucoup de choses à apprendre.
Est-ce que tu sens que c’est quelque chose qui s’améliore, sur un plan plus global ?
Ça avance. L’équipement a changé, déjà. Avant, on n’avait pas ces gilets avec des cartouches de CO2 qui remplissent une poche d’air pour remonter à la surface en cas de besoin. Aujourd’hui, tous les surfeurs de grosses vagues en portent sous la combi. Mais il faut aussi optimiser la communication entre les différentes personnes, celles qui sont dans l’eau, sur la falaise, sur la plage… Il y a du boulot !
Changement climatique oblige, les vagues vont certainement devenir de plus en plus grosses. Mais jusqu’où peut-on surfer ?
C’est toujours la même histoire : si les vagues grossissent, il faudra que la sécu s’améliore pour qu’on puisse les surfer. Personnellement, j’ai un seuil de maîtrise que je repousse avec l’entraînement. Mais je me laisse toujours de la marge. Je suis entourée de gens qui sont passionné par l’océan et qui veulent repousser leurs limites, mais on est aussi très à cheval sur la sûreté.
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The Quest, épisode 3 : Justine Dupont vers la lumière
Tu as des envies ou des projets dans d’autres disciplines ?
Oui, j’aime l’Équipe de France et le format des Championnats du Monde. J’ai envie de continuer à faire des compèts de SUP et de longboard, mais ce n’est pas mon objectif principal. Moi, j’ai envie d’aventure !
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