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Aquaman surfe sans planche

© Jorge Leal
Kalani Lattanzi est mi-homme, mi-poisson. Sans surf ni équipement, le Brésilien se glisse dans les plus grandes vagues du monde. On a parlé bodysurf et technique avec lui lors de son passage à Nazaré.
Écrit par Josh SampieroPublié le
À tout juste 23 ans, Kalani Lattanzi pratique l'un des sports les plus vieux du monde - le bodysurf. Et le garçon n'a pas peur d'attaquer les plus grandes vagues de la planète : d'Hawaï au Brésil en passant par l'incontournable et redoutable spot de Nazaré, au Portugal. Oui, vous avez bien lu, le mec bodysurfe les plus grandes vagues du monde. Des très très grandes vagues. Sereinement. Tranquillement.
Regardez Kalani Lattanzi glisser dans les vagues sans surf
Surf · 2 minutes
Kalani Lattanzi surfe sans planche à Nazaré
On s'est posé avec Lattanzi pour connaître la réponse à la question qui valait 3 milliards : mais pourquoi, bordel ?
"C'est la manière la plus pure de rider une vague" balance-t-il.

Étrangement, le bodysurf est moins risqué

La plupart des gens imagine que se lancer dans la gueule d'une montagne d'eau en furie est dangereux. Mais Lattanzi affirme le contraire. "Je me sens plus en sécurité avec mon corps plutôt qu'avec une planche de surf. La planche peut te frapper en pleine la tête, mais quand je bodysurfe je me sens vraiment en sécurité. J'utilise des palmes pour plonger comme un canard et elles donnent vraiment beaucoup de puissance pour se propulser dans la vague."

Et donc, quelle est la technique ?

En théorie, le bodysurf est simple. Laissez l'écume vous attraper et vous êtes partis pour un tour. Mais ce que Lattanzi fait est bien plus technique et impressionnant.
Il s'élance comme un surfeur et doit avoir le même sens du timing pour prendre une vague au bon moment. Il glisse ensuite sur la vague comme s'il était sur une planche de surf. La vague ne l'emmène pas pour un tour. Il l'accompagne.
L'idée est d'utiliser son corps pour augmenter sa vitesse. En tendant le bras le plus proche de la vague et en étirant le torse, Lattanzi donne à son corps une "ligne d'eau". Il peut ensuite se diriger par des transferts de masse de gauche à droite, et d'avant en arrière.
"Si je vais à droite, je dirige avec le bras droit" explique Lattanzi. "Si je vais à gauche, je me sers du bras gauche. Si la vague est très raide et roulante, j'utilise plus mon dos et mon torse pour me diriger. C'est ce que j'utilise le plus pour m'orienter dans le creux." De temps en temps, il utilise ce que l'on appelle un hand plan - une planche de surf de la taille d'une tête de pelle où il passe ses mains. Ça aide à gérer sa trajectoire et générer davantage de vitesse.

L'art du bodysurf

Toute la difficulté du bodysurf réside dans le timing et le positionnement. Se caler directement au bon endroit et se propulser dans la vague qui se crée n'a rien de simple, même pour Lattanzi. "Parfois, il faut accepter d'en manger quelques unes sur la tête. Mais bon. C'est la meilleure façon de progresser !"
Le bodysurf est aussi une discipline extrêmement exigeante. Surfer des grandes vagues est un jeu de patience.
La fois où je suis resté le plus longtemps dans l'eau, c'était à Nazaré. J'y ai passé quatre heures pour trois vagues. Mais j'ai vu la plus grosse vague de ma vie.
Kalani Lattanzi

Le futur : des vagues toujours plus grandes, et plus roulantes

Nazaré, c'est comme une seconde maison pour Kalani Lattanzi. C'est le spot qui offre le plus d'opportunités pour progresser. Les jours où les vagues sont trop hautes, le Brésilien se sert d'une planche pour surfer. Quand les conditions sont réunies pour le bodysurf, il nage.
Je pense que les vagues de 6 à 8 mètres représentent la limite pour le bodysurf. J'ai eu une vague de cette taille à Nazaré, je l'ai ridé jusqu'à la plage.
Kalani Lattanzi
Une limite qu'il a expérimenté en allant aussi loin que possible. Plus les vagues sont grosses, plus elles se déplacent vite. À un moment, le corps humain n'est plus assez rapide pour suivre, car il n'est pas suffisamment hydrodynamique.
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