Descente en VTT au départ des glaciers autour du Mont-Blanc dans la vidéo Ride the Mont-Blanc.
© Kilian Bron
Bike

Kilian Bron, rocs voisin

Après un été chargé, entre courses mass-start et pentes raides autour du Col d'Izoard, il était temps pour Kilian Bron de retourner à Chamonix pour faire du « vrai VTT », dans les roches et glaciers.
Écrit par Kilian Bron
Temps de lecture estimé : 4 minutesPublié le

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Ride The Mont-Blanc, par Kilian Bron

VTT : Dans la nouvelle vidéo Kilian Bron, Ride The Mont-Blanc, le vététiste français descend les glaciers du Mont Blanc à Chamonix en Mountain Bike.

L'automne rime pour moi avec le retour des missions en montagne. Certains y voient une transition ennuyeuse en attendant impatiemment la neige, mais il n'en est rien. Il s'agit surtout de la période idéale et propice à de longues journées sur le vélo.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vous explique clairement en quoi ce spot est si particulier. On se sent petit à Chamonix... Chaque montagne ou sommet en impose et nous pousse à en découvrir davantage. C'est ce genre d'endroit qui me passionne et qui m'a simplement conduit à aller au-delà de la fin des sentiers.
Antoine Montegani, qui m'accompagnait lors de cette dernière sortie, me faisait découvrir l'année dernière le potentiel énorme de la région. Depuis, je n'ai cessé d'y penser et il était simplement logique d'y retourner.
Le rendez-vous est donné à deux pas de Chamonix pour une première ascension de La Jonction : Point de rencontre du Glacier des Bossons et du Taconnaz. 
Les premiers panneaux indiquent 5h de montée mais on a de la chance de pouvoir pédaler les premiers 600m de dénivelé. Je parlais de « vrai VTT » juste au-dessus mais pour ne rien vous cacher, il restait ensuite 1100m de D+ à porter le vélo sur le dos pour prétendre toucher le début du glacier.
Autant vous dire que cette étape s’apprécie. D'autant plus que toutes les conditions sont réunies pour aller plus loin. Les pièges du glacier sont dans l'ensemble visibles et on progresse tranquillement jusqu'à un point de départ repéré plus bas. Les termes rimayes, crevasses ou pont de neiges parleront à certains mais pour faire simple, le danger sur un glacier est omniprésent. Antoine m'aide à ne pas pousser le vice et je m'appuie sur son expérience. Pour la petite parenthèse, il détient le record du monde descente du Mont-Blanc en ski et connaît les risques en montagne.
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© Red Bull

Les premiers tests en descente sont concluants. Difficile d'anticiper à vue la présence de crevasses et vous remarquerez d'ailleurs la différence sur la vidéo entre les prises drone et GoPro. Elles paraissent évidentes en les voyant depuis le ciel mais ce n'est pas la même histoire une fois sur le vélo. Pas de place pour l'improvisation et je me contente de rouler ce que j'ai préalablement repéré.
Techniquement, il faut juste accepter le fait de glisser en étant souple sur le vélo...Et ça passe. En revanche, la descente de La Jonction parsemée de rochers et zones raides est plus délicate. Pas de neige à cet endroit mais l'erreur n'est pas permise sous peine d'arriver plus vite que prévu en bas...
J'aurais pu vous dire que la sortie était terminée. Déjà 7h depuis le départ et on se motive maintenant à rejoindre un refuge à l'opposé de Chamonix. Et les remontées mécaniques qui devaient nous aider à nous en rapprocher sont fermées.
 C'est donc reparti pour 1000m de D+ avec un vélo de plus en plus lourd sur le dos.
À notre arrivée, l'équipe du Refuge Albert 1er nous fait heureusement un accueil digne ce nom. Le couché de soleil est magnifique et l'ambiance au rendez-vous. Ça nous redonne un peu de force pour profiter de la soirée, perdus dans un endroit fabuleux à discuter avec des alpinistes qui se préparent eux à rejoindre les sommets.
Nous sommes maintenant au milieu du glacier du Tour et contrairement à la veille, toute la marche d'approche s'est faite sur neige. Le vent de la nuit a transformé le sol en une couche dure et saillante. C'est signe de bon grip en roulant mais à l'inverse, la chute n'est pas permise sous peine de se faire relativement mal.
Malgré tout, nous sommes confiants et il semble possible de prendre plus de vitesse qu'au niveau de la Jonction.
Pari réussi. La descente était trop courte mais c'est souvent le cas quand on se régale. On prendra seulement le temps de se poser pour un dernier repas au refuge avant de rentrer à la maison, dans l'attente d'une nouvelle mission.