Le rappeur LauCarré pour Red Bull Spinner
© Apolline Cornuet
Musique

Rencontre avec LauCarré

Red Bull Spinner : quatre jeunes artistes vous emmènent dans leur spirale musicale.
Écrit par Genono
Temps de lecture estimé : 6 minutesPublié le
Le rap français vit une ère particulièrement riche depuis cinq ans : certifications en pagaille, stades remplis, artistes ultra-populaires… Si la concurrence est rude, le nombre d’auditeurs en constante augmentation permet aux artistes de se faire connaître. Pour pousser ces profils prometteurs à émerger, Red Bull agit comme un levier en organisant une rencontre humaine et artistique entre quatre d’entre eux : Red Bull Spinner.
Amalia, LauCarré, Robin et Pablo ont tous des profils très différents mais partagent en commun l’amour de la musique et un certain talent pour se démarquer. Réuni au Red Bull Studio, le quatuor a enregistré un titre énergique et puissant, sur une production mélodieuse d’Aki Loe et de Titaï.

Présentation

  • Pseudo : LauCarré
  • Explication du nom : « J’adore les maths, j’ai pris mes initiales (LL pour Loïc Lasne), j’ai fait L multiplié par L, ça a donné L² »
  • Âge : 21 ans
  • Localisation : Cité-jardins à Suresnes (92)
Portrait du rappeur LauCarré pour Red Bull Spinner.
LauCarré pour Red Bull Spinner

Les débuts

Comme beaucoup de jeunes de sa génération, LauCarré a commencé en prenant pour modèle la Sexion d’Assaut : « J’ai commencé en sixième, au début je reprenais leurs textes. Au bout d’un moment je me suis dit : pourquoi pas écrire mes propres textes ? Et tout est parti de là ». Pendant longtemps, la musique reste un simple hobby, une activité pratiquée en amateur au sein d’un groupe (CBR) ou en solo. S’il rêve d’une carrière de rappeur, il garde les pieds sur terre et ne s’imagine pas réellement percer un jour. « Je faisais de la musique uniquement pour le kiff. Faire de la musique de manière professionnelle, c’était mon rêve, mais c’était quelque chose d’utopique. Je me disais « ce serait trop bien », mais c’est comme voler, c’est impossible. Je voyais ça de très très loin ».
Tout change quasiment du jour au lendemain pour LauCarré : Oli (le frère de Bigflo) tombe sur un de ses freestyles et décide de le contacter. Cette rencontre est un vrai coup de boost pour sa carrière : premières parties de concerts, invitation à Planète Rap, etc. À la même période, il remporte le concours Radar 2019. « Y a eu plusieurs coups de pouce. J’ai été validé par différents professionnels, ça fait plaisir. C’est le moment où je me dis que mes freestyles peuvent plaire à des professionnels, en dehors de mes amis au quartier. C’est le déclic, je comprends qu’il peut se passer quelque chose ».

Ses influences

Grand fan de la Sexion d’Assaut, LauCarré commence le rap en reprenant les textes de l’album « L’École des points vitaux », en particulier les morceaux les plus connus comme « Casquette à l’envers ». Si le groupe parisien a explosé avec des titres grand public et des formats radiophoniques, il a forgé sa réputation avec de grosses performances en freestyle. Ce n’est donc pas un hasard si on retrouve dans le rap très instinctif de LauCarré l’héritage de cette discipline.
L’inspiration du rappeur ne se limite pas aux artistes qu’il a écoutés dans sa jeunesse, puisque ses textes se nourrissent de son quotidien et de tout ce qu’il peut observer aussi bien chez ses proches que dans la société au sens large. D’un point de vue purement musical, c’est bien le rap français du début des années 2010 qui a posé les bases de sa production artistique actuelle : « Il y a d’autres groupes que j’ai kiffés quand j’étais plus petit, notamment L’Entourage, je kiffais de ouf. Même actuellement, j’écoute encore énormément Nekfeu, Jazzy Bazz… Eux aussi avaient cette notion de freestyler H24, je voulais faire comme eux ».

Son morceau-phare

Moins freestyle que la majorité de ses titres, en particulier la série des « Carrépisodes », « En résumé » est le morceau idéal pour comprendre la personnalité et les intentions de LauCarré. Sur des notes de piano un brin mélancoliques, le rappeur expose sa vision de la vie (« Fuck tous ces gens qui pensent qu’à glorifier la rue, va plutôt dire aux médias que la cité c’est formidable ») avec du recul sur son parcours (« dans le monde de la musique tout va trop vite, c’est pire quand tu commences ta carrière en plein covid ») et des schémas de rimes recherchés (« matte le flow modéré, j’claque les sommes générées, qui l’aurait cru : chacune de mes phases sont rémunérées » – oui, le verbe derrière « chacune » s’accorde normalement au singulier mais les petites fautes de grammaire, c’est aussi ce qui fait le charme du rap français).
Le rappeur LauCarré en plein freestyle pendant le tournage de Red Bull Spinner au Red Bull Studio.
LauCarré en pleine performance au Red Bull Studio

Le freestyle

Rôdé à l’art du freestyle depuis son plus jeune âge, LauCarré est décontenancé par l’instrumentale proposée par Aki Loe et Titaï : « Je pensais que ça allait être un peu plus freestyle, elle est très mélodieuse. Au début, j’étais un peu déstabilisé, j’comprenais pas trop, parce que c’était plus une prod pour un morceau, plutôt que de la performance ». Il faut dire que les trois autres artistes présents avec lui aujourd’hui au Red Bull Studio ont des styles très différents du sien et sont plus axés sur le chant que sur le rap pur et dur. Même s’il doit sortir de sa zone de confort, LauCarré reste confiant : « On s’adapte, pas de problème. Il y a un rythme un peu drill, même si la mélodie est un peu planante. Ce que j’ai posé dessus, c’est un peu un contrepied en mode : ça rappe toujours autant, même sur une prod plus calme. J’espère que ça va bien rendre, on va voir si les gens vont kiffer. Et sinon, c’est pas grave, on va continuer à progresser ».

La suite

Encore en phase de développement, la carrière de LauCarré a démarré sur de bonnes bases, et l’engouement croissant du public ne peut que l’encourager à persévérer. Après son concert à la Boule Noire complètement sold out en avril, il sera à la Maroquinerie le 28 octobre : « Remplir une telle salle, c’est un nouveau challenge ». Déterminé à devenir un artiste toujours plus complet, il apprend actuellement le piano … grâce à YouTube. « C’est très léger, j’ai deux-trois bases. L’objectif c’est que ça apporte quelque chose à ma musique à l’avenir ». Son prochain projet, dont le morceau « En résumé » est le premier extrait, est déjà annoncé, même si aucune date de sortie n’est fixée pour le moment.