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Laure Valée : “la communauté Karmine, c’est un engouement national”
1 h 21 min
T1 Rose Together
Découvrez le parcours de l'équipe coréenne d'esport, de sa défaite en finale à sa victoire éclatante aux Worlds de League of Legends.
Comment est-ce que tu es “tombée” dans l’esport ? À l’époque, comme choix de carrière, c’était assez risqué, non ?
C’est marrant, c’était un peu le doublé. À l’époque, t’avais pas l’impression qu’il y avait des routes claires pour bosser dans l’e-sport, et j’étudiais le journalisme à côté, donc c’était vraiment les deux carrières qui s’annonçaient comme pas forcément faciles.
L’esport, c’est venu d’une passion. J’aimais vraiment regarder du League of Legends compétitif, et quitte à passer des heures à regarder les LCS en rentrant de la fac, autant essayer d’en écrire des articles, puisque c’était quelque chose qui m’intéressait du côté du journalisme. Je suis un peu tombée là-dedans de façon amateur avec Millenium, O’Gaming et tous ces sites qui ont un petit peu disparu aujourd’hui. De cette passion, on a commencé à avoir des opportunités qui payaient peu mais payaient quand même. La première pige que j’ai fait dans l’e-sport, c’est Riot qui me l’a donné. Je crois que j’étais payée 150 euros par article, ce qui était beaucoup en 2014. C’est devenu mon boulot d’après fac, là où des potes à moi étaient plutôt serveur ou babysitter, moi je rentrais chez moi et je faisais un truc que j’allais faire de toute façon : regarder les compétitions. Et j’avais la chance d’être payée pour ça. C’est bête, mais ce sont des trucs qui ont peut-être fait une différence sur mon CV. Au moment où les médias généralistes ont commencé à s’intéresser à l’e-sport, ils cherchaient des profils féminins. J’aimais pas forcément être approchée pour ça, mais j’étais contente d’avoir l’opportunité d’amener ma vision de l’e-sport. J’ai eu la chance d’être contactée par beIN et par Canal en 2017.
De quelque chose que je considérais comme passion, parce que je ne comptais pas du tout faire ma carrière là-dedans (je voulais faire de la presse culturelle. Cinéma, voyage, gastronomie, ce genre de choses). En voyant qu’il y avait des opportunités qui se professionnalisaient, je me suis dit : “Pourquoi pas tenter l’aventure”. C’était un petit peu plus simple qu’un streamer ou un caster aujourd’hui, il n’y a pas de sécurité derrière, il y a un risque. Dans la position où j’étais, le risque était moindre.
Tu t’es mise à LoL pour une raison assez particulière, est-ce que tu peux en parler ?
Au début du jeu, j’avais des amis au lycée et à la fac qui jouaient à LoL. Les fois où on se réunissait, eux passaient leur temps à jouer, et on ne me disait pas : “Prends ton PC”. Ils ne pensaient pas que c’était quelque chose que je pourrais apprécier. Et pendant des mois et des années à les voir jouer à ça, j’ai un peu craqué à la fin. Surtout que mon ex jouait aussi au jeu, et on ne passait pas forcément beaucoup de temps ensemble, c’était un moyen d’essayer de reconnecter aussi. Et voilà… par pure pression sociale, tout simplement (rires). Mais ça a été une très bonne décision au final !
Quelque chose d’aussi insignifiant à l’époque a entraîné énormément de choses pour toi…
Grave. Ce sont des personnes que je vois encore lorsque je viens à Paris, ils jouent toujours à LoL, et c’est assez drôle quand ils me disent : “Ah, t’étais encore dans le Client aujourd’hui !” Ils sont venus me voir en compétition plein de fois, ils sont vraiment fans du jeu, des gros try-harders de SoloQueue bas élo. Ils ne sont là que pour s’amuser, mais ça les maintient connectés à l’e-sport, je trouve ça cool de leur part.
En 2014, tu as séché les cours pour aller au All-Star Paris, tu t’attendais à ce que le jeu explose à ce point ?
C’est marrant, avec le recul, tous les events qu’il y a eu et la façon dont League a pu exploser, j’ai du mal à me souvenir de ce que je pensais à l’époque. Je ne me projetais pas forcément. Je jouais à LoL, je savais qu’il y avait des compétitions, je voyais qu’il y avait le studio à Cologne où des fans venaient régulièrement… j’étais vraiment en train de découvrir tout ce côté jeu vidéo, et l’aspect communautaire qu’il peut y avoir autour de ça. C’est la première fois que j’ai pu en faire l’expérience, que ce soit en voyant Fnatic, en voyant SKT. Ce que je kiffais, on était des milliers à l’apprécier. Mais je ne me posais pas la question de l’évolution future, parce que ça me paraissait déjà énorme. Passer de moi, dans ma chambre à regarder des compétitions, à me retrouver au Zénith… aujourd’hui, quand j’y pense, c’est sûr que l’évolution est hyper impressionnante, mais j’étais déjà émerveillée à l’époque. C’est ce côté communautaire qui m’a fait accrocher aussi, qui m’a fait penser qu’il y aurait peut-être des opportunités, sans savoir à quel point ça allait être le cas. C’est toujours ce que je préfère aux events, pouvoir rencontrer la communauté et discuter avec eux.
Désormais, tu fais partie du cast international, comment ça s’est articulé ?
En 2017, la finale des LCS avait lieu à Paris, et moi j’étais avec O’Gaming à l’époque. Avec la perspective de cet événement à Paris, je me disais : “J’ai envie d’en être, je veux faire quelque chose.” Il me semble que j’avais suggéré de faire des interviews, et Riot en a entendu parler. Sachant que je pouvais me débrouiller entre le français et l’anglais, ils ont kiffé l’idée. Mais je ne pensais pas que j’allais me retrouver au milieu de la scène, à Bercy devant 20 000 personnes quelques mois plus tard. Le jour où on me l’a dit, j’ai flippé (rires). Je me suis dit : “Ok, c’est ouf. Maintenant, il va falloir montrer que tu es capable de le faire.” J’ai bossé pendant des mois pour être prête, mais c’est impossible de savoir à quoi s’attendre quand on n’a jamais fait de scène. Au final, sur la préparation que j’ai fait, il y a peut-être 20% qui ont dû servir.
Moi, je devais faire l’interview du match pour la troisième place, et Sjokz l’interview du lendemain. Après la mienne, celle de sOAZ où il croque dans la baguette (un moment très mignon pour les fans français, ndlr), les directeurs du broadcast de Riot viennent me voir et me demandent si je suis intéressée pour faire le lendemain également. J’ai pris trois heures pour trouver une tenue, mais en même temps, j’étais hyper contente de me dire que ça devait être pas mal. La finale se passe, super moment sur scène avec Hans Sama qui partait aux Worlds, et c’est pendant l’off-season que j’ai envoyé un message au directeur du broadcast de Riot. Je lui ai dit : “Hey, vous n’avez pas d’interviewer en LCS, plutôt que de demander aux casteurs de faire les interviews, est-ce que vous seriez intéressés pour que je le fasse ?”
C’était vraiment par hasard, s’ils me disaient non et prenaient le temps de me répondre, ça aurait déjà été cool. Je n’avais même pas envisagé un oui, et il est arrivé. Je m’en souviens encore, c’était un soir, juste avant un départ pour les vacances de Noël. Je suis partie avec beaucoup de stress et la perspective de bosser à Berlin. Beaucoup de choses allaient changer. Ça s’est fait un peu par hasard, en allant frapper à la porte de Riot.
Riot Games a gagné un Sports Emmy en 2023 pour les Worlds, vous avez ressenti quoi avec l’équipe ? Cette récompense, c’était un peu la vôtre aussi.
Il est juste là, sur une étagère. On en a tous eu un donc c’est très cool. C’est le genre de truc que tu n’imagines absolument pas ! Déjà, que les Sports Emmy considèrent l’esport, je trouve que c’est très cool, c’est une association qui est improbable. Ça fait partie des choses assez inattendues de cette aventure e-sport. Ça m’a fait réfléchir sur la production qui est mise en œuvre, que ce soit sur la cérémonie d’ouverture, les chorégraphies, la mise en scène… les travaux qui sont faits par Riot sont titanesques. Je sais que ça a déjà été comparé au Super Bowl à l’échelle de l’e-sport, et pour avoir assisté à pas mal de répétitions, pour moi, ça a du sens que les broadcasts de Riot soient nommés pour ce genre de choses. Et forcément, quand tu fais partie de ce produit-là et que tu as la chance de travailler avec toutes ces personnes qui sont géniales et fantastiques dans ce qu’elles font… je me sens honorée de pouvoir faire partie de cette famille. J’ai appris énormément. C’est difficile de ne pas se sentir toute petite dans la taille que tout cela représente, mais je suis contente d’être incluse.
Comment est-ce que tu gères la célébrité ? Je sais qu’il y a eu des moments compliqués, ça va mieux aujourd’hui ? Tu réussis à prendre du recul et à laisser couler ?
Je pense que c’était la clef, le fait de prendre du recul, vraiment. C’est quelque chose que beaucoup de mes collègues m’ont dit dans les moments où ça pouvait aller mal. Je me rappelle des conversations que j’ai pu avoir avec Chips, Noi et Tweekz notamment, ils ont été de gros gros soutiens. Même les collègues que je peux avoir à l’international, ils me conseillaient tous de prendre du recul. C’était un peu comme quand on te dit de ne pas avoir peur, c’est facile à dire mais ce n’est pas simple. Ce déclic là a pris des années, et j’estime ne pas être arrivée à un équilibre parfait, mais je pense que ça va beaucoup mieux.
Je me suis distanciée physiquement des réseaux sociaux, j’ai lu beaucoup de livres sur l’anxiété, sur la célébrité mine de rien, et sur les troubles psychologiques qui peuvent être liés à une exposition du jour au lendemain sur les RS. Le fait d’être bien entourée aussi. J’ai eu beaucoup de discussions avec le préparateur mental de G2 qui m’a pas mal aidé, avec Romain Bigeard (General Manager chez G2 N.D.L.R) aussi… enfin des personnes qui sont en contact avec des joueurs qui ont le même genre de problèmes. La clef, c’était ça, être entourée, réussir à prendre du recul, et c’est venu avec l’expérience et beaucoup de documentation. Mais en tout cas, je vais mieux (rires). Et j’ai réussi à garder ce côté des réseaux sociaux que j’aime bien, partager avec la communauté tout en me préservant.
Il a fallu que j’assimile le fait que ce n’est pas normal de recevoir autant de messages d’autant de personnes différentes, mais que c’est normal d’être affectée, c’est ça que j’ai minimisé pendant longtemps. Juste le fait d’intégrer ça, ça m’a beaucoup aidé à prendre de la distance. Maintenant, je profite plus qu’avant. Après, on verra, si je reprends une vague de haine, peut-être que donnerait une autre réponse… c’est vrai que les choses se sont calmées un petit peu. Je ne sais pas si faire de la pédagogie aide, mais c’est bien que les membres de l’industrie et de cette communauté rappellent le fait que, même si c’est la base et que c’est redondant, harceler n’est pas bien.
C’est vrai que Kameto avait critiqué certains fans à l’époque, en disant tout simplement leur dire d’arrêter de soutenir la structure si c’était pour avoir ce genre de comportements…
Pour aborder le fait d’être une femme sur les réseaux sociaux est dans l’e-sport, le fait qu’on soit de plus en plus, qu’on ait plus de voix pour faire passer ces messages, j’ai la sensation que ça aide. j’espère en tout cas. Les joueuses, commentatrices et productrices à qui j’ai pu parler subissent des choses régulièrement, mais la communauté avance sur cet aspect-là.
J’ai vu que tu avais retweeté l’officialisation de l’arrivée de Peaxy chez OTP. Tu avais parlé il y a quelques années du manque de diversité en France dans le cast notamment, c’est une nouvelle qui te touche particulièrement ?
Ça ne pourrait pas me faire plus plaisir, vraiment. Peaxy, c’est une jeune femme que j’aime beaucoup. À côté de plein de créatrices que j’aime énormément en France, je trouve qu'elle a un vrai truc dans la façon qu’elle avait de cast l’an dernier. C’est une discussion que j’ai eu avec Glopo qui se chargeait de la Div 2, il m’a demandé si j’avais des idées de profils, je lui en avait parlé, et il était assez d’accord sur le fait qu’elle avait beaucoup de potentiel. Je suis très contente qu’OTP ait voulu l’essayer et lui donner une place plus importante dans le cast. J’ai aucun doute sur le fait qu’elle va bien s’en sortir. Elle a plein de potentiel et ça lui plaît. Quand je suis arrivé, j’étais la seule femme parmi plein de garçons, c’était assez intimidant. Pas d’être à côté d’eux, mais de savoir comment ça allait être perçu. Je suis ravie de voir qu’on lui donne sa chance.
C’est la même chose sur Valorant, quand je regarde à l’international, il y a plus de femmes que d’hommes. Après, je n’ai pas envie qu’on parle de parité forcée ou de ce genre de choses, mais je suis juste contente qu’il y ait autant de commentatrices et de présentatrices à qui on donne cette opportunité.
Tu as participé à la vidéo de présentation de Yike, qu’est-ce que tu penses du nouveau roster (Canna, Yike, Vladi, Caliste et Targamas) ?
Je pense qu’ils arrivent avec moins de pression que l’an dernier, le roster était hyper attendu. Il y a un an, je m’étais dit : “Ça passe ou ça casse, mais il y a plus de chance que ça casse.” Surtout sur un format BO1 avec trois semaines et 9 matchs pour faire la différence, c’est le genre de cas où si tu te rates sur le premier, tu te rates sur le deuxième, et ta saison est déjà à moitié finie. C’est malheureusement ce qui s’est passé.
Cette année, je trouve que le roster a plus de potentiel, surtout sur la diversité des choses qu’ils peuvent proposer. L’an dernier, il y avait un plan de jeu construit autour de Bo. Aujourd’hui, il y a des individualités qui vont être capables de cliquer de différentes manières et d’apporter différentes choses. La Fearless draft (le fait qu’un champion sélectionné ne puisse plus l’être sur les parties suivantes N.D.L.R) va rendre les choses plus intéressantes je pense. Mon gros point d’interrogation par rapport à la Karmine est sur Caliste. Pas sur ses capacités en LEC, mais sur le temps que la communauté va lui laisser. Je sais qu’il a un bon mental, qu’il a un super entourage, j’espère juste que les gens vont lui laisser le temps de se développer.
Un parallèle que je fais souvent avec Caliste, c’est JackeyLove (l’ADC d’InvictusGaming puis de Top Esport N.D.L.R). Quand il est arrivé en LPL, c’était un peu la même chose, on le jugeait sur son potentiel alors qu’il n’avait pas encore fait ses débuts, et je sais que c’est quelque chose qui l’a énormément affecté. Je ne veux juste pas voir la même chose avec Caliste. Des joueurs talentueux qui explosent en vol, on en a vu beaucoup. Qu’un joueur de son calibre n’ait pas le début que la communauté attend, ce n’est pas grave, ça ne veut pas dire qu’il ne développera pas. Je pense qu’il a un très bon entourage pour se développer, des coéquipiers qui vont lui apporter énormément… moi j’ai hâte de voir ce que va donner la Karmine ! Je pourrais parler de Yike pendant des heures, il a beaucoup progressé chez G2, c’est un joueur qui est polyvalent et qui peut se mettre au service de sa team et d’un midlaner qui a montré beaucoup de choses l’an dernier au summer (Vladi N.D.L.R). Je les vois faire de bons résultats dès le début de l’année, si ça n’arrive pas, je sais que c’est une équipe qui va réussir à se développer rapidement.
Justement, en parlant de la Fearless draft qui sera en place pour les Playoffs du Winter Split et le First Stand, dans une interview, tu associais Yone au choléra, ça va être l’occasion de moins le voir…
Déjà, je trouve que la Fearless draft est intéressante en BO5 surtout, pas en BO3. En BO3, tu auras un ping pong sur deux styles de draft avant d’avoir quelque chose d’intéressant sur la troisième game. En BO5, tu as vraiment matière à enlever beaucoup de champions et à voir des choses intéressantes dès la game 3 et jusqu’à la fin du BO. Moi, je me demande s’il va y avoir des trucs débiles du style : “On assèche le champion pool d’ADCs sur la game 1” du côté d’une équipe. J’attends de voir des choses rigolotes. Je pense que c’est marrant aussi pour tous les rookies qu’on a, qui vont pouvoir et être forcés d’expérimenter pas mal de choses. J’ai hâte de voir.
Toi qui a pû suivre tout le parcours de la Karmine Corp depuis ses débuts, quel est ton ressenti sur la structure ? C’est une équipe que tu apprécies ?
C’est difficile de ne pas les apprécier, il y a une telle énergie, un tel engouement, une culture de la victoire, l’amour du maillot… Tout ce que j’aime. C’est une équipe incarnée. Si on en parle en termes de produit, c’est quelque chose de complet. Que ce soit pour l’e-sport, pour les diffuseurs, pour les joueurs, pour les fans. C’est un projet qui a fait énormément de bien, ça a remotivé certaines équipes pour pousser les choses plus loin. Ils ont repoussé ce qu’il était possible de faire… Quand je vois le cas des Arènes, mis à part en Chine, c’est quelque chose qui n’existe pas. Ils ont cassé pas mal de barrières, et ils ont fait beaucoup de bien à l’e-sport.
C’est un club qui est hyper attachant, tu as Kamel (Kameto N.D.L.R) qui réussit à ramener des fans de différents jeux, de différents horizons sous une même bannière. Les joueurs ressentent cet amour de la part du club et des fans, c’est quelque chose qui n’est pas si fréquent que ça. J’ai énormément de respect pour ce qu’ils ont réussi à construire. Les Arènes, le KCX, c’est des images absolument folles et que tu n’imaginerais pas pour un seul et même club.
Comme tu l’as dit, la Karmine possède désormais sa propre salle, est-ce que tu sais ce qui va concrètement être mis en place ? Et est-ce que c’est quelque chose que tu espères voir se démocratiser ?
Alors il va y avoir des trucs cette année, mais c’est tout ce que je peux dire. J’ai hâte de voir, parce que malheureusement, je n’ai pu faire qu’un seul KCX vu que j’habite ici (à Berlin N.D.L.R). Le Blue Wall, je l’ai vu au Red Bull League of Its Own et en LFL, mais je ne l’ai pas vu depuis longtemps, et surtout chez eux. J’ai hâte de voir ce que vont apporter les Arènes.
La communauté Karmine, c’est un engouement national, et la plupart des clubs européens n’ont pas vraiment ça. C’est pour ça que KOI se différencie. On a vu ce que donnaient les matchs d’exhibition KOI - Karmine, j’espère qu’on va voir de plus d’événements de ce genre-là. Mais pour les autres équipes, il y a peu d’espoir.
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La KCorp devient championne de France sur League of Legends - BackStory #4
Ils étaient les nouveaux de la LFL, il leur aura suffit d'une saison pour tout râfler. Qui arrêtera la Karmine Corp ?
Caliste était en Une de l’Équipe récemment, la KC remplit les salles avec les KCX, le Red Bull League of Its Own à Bercy, l'engouement Gentle Mates… Toi qui habites à Berlin et a une vision assez internationale, est-ce que la France n’est pas en train de devenir le centre de l’e-sport à l’échelle européenne ?
Mon avis biaisé, direct : on a toujours été au centre de l’e-sport (rires). On a toujours eu des super bons joueurs sur CS. Rocket League, pareil, on est un pays qui cartonne et qui domine. League of Legends, on est une des communautés les plus massives et les plus brillantes en événements. On a de bons joueurs, de belles structures, et c’est le cas sur Valorant aussi mine de rien avec Gentle Mates et Karmine. Avec la perspective des Champions qui vont avoir lieu à Paris cette année, c’est ouf.
Pour moi, on est en train de confirmer notre place dans l’e-sport européen et de l’ouest (en opposition à l’Asie N.D.L.R), ça c’est sûr. Surtout vu les événements qui ont été faits récemment comme ceux de la Karmine.
Tu as des pronostics pour cette saison ? Il y a des équipes que tu espères voir performer ?
En LEC, j’ai de gros espoirs sur Fnatic. Pareil pour Karmine que je vois bien top 3, top 4, avec KOI et G2. Ce sont les quatre que je vois devant.
Tu as commenté la LCK, la LEC, tu as bossé entre autres avec Francetv, plus récemment avec Paramount +… à quoi va ressembler ton année 2025 ?
Mon année 2025, ça va être toujours beaucoup de broadcast Riot. J’aimerais beaucoup venir plus souvent pour la LFL, ce sont des choses dont je parle souvent avec Webedia pour les events LFL Days, essayer de faire plus de dates. Mais mon but, vraiment cette année, c’est de reconnecter avec mon contenu, mon stream. J’avais commencé, et je n'ai pas pris le temps de le faire régulièrement. Il y a beaucoup de concepts qui sont au fond d’un tiroir depuis 2 ou 3 ans. Donc oui, je vais essayer de faire pas mal de contenus autour de l’e-sport. Que ce soit chez des équipes, avec des joueurs… et voilà.
Il y a deux ans, en interview avec Zack Nani, tu disais que tu avais toujours une grosse passion pour le jeu. Comment tu te situes aujourd’hui vis-à-vis du futur, de tes projets ?
Ça m’intéresse toujours autant, je kiffe toujours autant le jeu. Le début de saison est hyper cool, les changements qui ont été implémentés sont hyper intéressants… Les joueurs vont jouer sur le patch live, ça va rendre les matchs chaotiques mais aussi intéressants à regarder. Le jeu, je l’aime toujours autant. J’aime toujours autant y jouer pour la relation toxique que je peux avoir avec. J’en attends toujours quelque chose de différent et c’est malheureusement toujours le même résultat. Quoique, je suis de plus en plus haut élo, il y a une progression de ce côté-là. Je vais me maintenir en diamant, j’y tiens vraiment (rires) ! Et j’aime toujours autant regarder les compétitions. J’ai hyper hâte. Là, on est en janvier, je suis déjà en train de me projeter sur ce que pourrait être le MSI, les Worlds… on va avoir pas mal d’événements cette année sur League of Legends, c’est difficile de ne pas avoir hâte.