Le jeu de combat indépendant Lethal League Blaze de Team Reptile se crée sa place dans l’esport.
© Lethal League Blaze
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Lethal League Blaze, l’autre jeu de combat qui ne dit pas son nom

Fort d’une communauté motivée et de développeurs proactifs, Lethal League Blaze se crée sa place dans l’esport.
Écrit par Thomas Loreille
Temps de lecture estimé : 5 minutesPublished on
Nous sommes dimanche 19 mai et sur la grande scène du Stunfest, deux adversaires s’affrontent sur un jeu vidéo. D’un côté, le français Jawdrop tente de prendre l’avantage, tandis que de l’autre, l’anglais Daioutzu reste inébranlable et enchaîne les attaques. Jawdrop est aux portes de la mort quand, sur une puissante touche, Daioutzu l’envoie au sol et remporte la victoire.
Mais ce qui a tué Jawdrop n’est pas un Hadoken ou un Kamehameha. C’est une balle de baseball dans le sternum, lancée à plusieurs dizaines kilomètres par heure.
« Lethal League, c’est un jeu de baston mélangé à Pong » résume Jan Lauschner, community manager du jeu. « Plus tu frappes la balle et plus elle va vite. Plus elle va vite et plus elle fait de dégâts si elle touche l’adversaire ». Contrairement à Pong, les deux joueurs peuvent se mouvoir librement dans le décor totalement fermé. On saute, frappe, attrape la balle pour la renvoyer toujours plus rapidement.
Avec son style coloré pop qui rappelle fortement la série Jet Set Radio, ses personnages exubérants et sa bande son explosive, Lethal League Blaze ne passe pas inaperçu. Second épisode de la série, il cimente les idées expérimentées dans le premier épisode. Dans ce dernier, plus la balle allait vite et plus on mettait de temps à la renvoyer en frappant. Pour éviter que la partie se résume à un simple match de Tennis, il était donc possible d’interrompre un adversaire en train de frapper et de lui voler la balle.
Blaze est la version définitive et complète de Lethal League
Dans cette suite orientée compétition et haut niveau, des barres de vie font leur apparition afin de faire durer les rounds. Plus la balle va vite et plus elle fait mal. Si voler la balle était possible, on peut désormais empêcher l’adversaire de le faire ou renvoyer la balle à la main, créant ainsi un jeu de pierre/feuille/ciseau entre les deux joueurs.
Avec des stages aux tailles variées et des capacités spéciales propres à chaque personnage, Lethal League Blaze ressemble en effet à un jeu de combat comme on en trouve dans la plupart des tournois esport. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi.

Une scène compétitive inattendue

« Le jeu n’était pas né pour être compétitif, il a juste grandi ainsi et nous avons suivi le mouvement, pris des décisions en ce sens » explique Mauro Palumbo, un des développeurs du jeu que nous avons interviewé au Stunfest. La présence de deux membres de l’équipe du jeu sur place n’est d’ailleurs pas innocente : « Nous avons réalisé que beaucoup de gens jouent au jeu, mais chacun de son côté. Nous essayons de les regrouper et de les faire jouer ensemble » ajoute Mauro. Interrogé sur les challenges rencontrés, le community manager Jan Leuschner explique qu’il faut créer une communauté en mettant en avant les membres : « Je crée des profils de joueurs, je les interview, puis je passe ces informations aux commentateurs ». Par ce biais et malgré la jeunesse du jeu, ces derniers peuvent contextualiser les rencontres, discuter résultats et rivalités.
Les phases finales du Stunfest 2019 commentées par Ken Bogard :
Une des particularités de Lethal League c’est aussi son succès dans les événements et lieux publics. On le trouve régulièrement dans de petits festivals locaux de jeu vidéo ou dans des bars gaming, qui apprécient son équilibre entre accessibilité et compétition. Jan en profite pour créer des ponts : « Je sais globalement où se trouvent nos communautés. Parfois je détecte un événement, par exemple dans une université qui se trouve près d’un de nos meilleurs joueurs, qui n’en a pas entendu parler. Je l’encourage à y aller ».
Et évidemment, l’équipe tente de se rendre le plus possible dans de gros tournois afin de profiter de la visibilité qu’ils offrent auprès d’autres joueurs de jeu de combat. Jan et Mauro étaient ainsi ravis de voir les gradins du Stunfest presque pleins quand les finales ont eu lieu. Ils espèrent que voir le titre en action poussera le public à s’intéresser au jeu.

Un été chargé

Car s’il sort cette semaine sur Playstation 4, Xbox One et Switch, Lethal League Blaze était jusqu’ici uniquement réservé aux joueurs PC. Si du point de vue compétitif la version Playstation 4 est probablement la plus importante de par sa praticité, Jan pense que la version Switch pourrait atteindre un plus large public et faire grandir la communauté, par ailleurs très internationale. Le jeu possède même une communauté active au Japon.
Les prochaines semaines seront chargées pour la Team Reptile. En plus du support technique, Mauro commencera le travail sur un nouveau personnage qui viendra compléter le roster. Quant à Jan, il devra surveiller attentivement tous les endroits où Lethal League fait son apparition pour aider les joueurs à se retrouver, désormais sur quatre plateformes différentes.
Lethal League Blaze est disponible sur Switch, PC, Playstation 4 et Xbox One. Pour rejoindre le Discord des développeur et de la communauté, c’est par ici.